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Pierre Guillon de Princé et Dieudonné Boutrin, devant le Mât de la fraternité et de la mémoire du parc des chantiers.

Il y a aujourd’hui 178 ans, le 27 avril 1848, la IIe République signait le décret d’abolition de l’esclavage.

Depuis, c’est  le nom du franc-maçon Victor Schoelcher que l’on retient comme symbole de cette abolition.

C’est pourtant la Croix de Jésus-Christ qui, progressivement, a aboli l’esclavage des mœurs de l’Antiquité, puisque tout esclave baptisé cessait, ipso facto, de l’être :

« Je te le renvoie, celui qui est comme mon propre cœur (…) Peut-être Onésime n’a-t-il été séparé de toi pour un temps qu’afin de t’être rendu pour l’éternité, non plus comme un esclave mais comme bien mieux qu’un esclave, un frère bien-aimé » (Saint Paul, Epitre à  Philémon, 15-16).

C’est pourquoi le pape Eugène IV réprouva en 1435 la traite des indigènes des îles Canaries dans l’encyclique Sicut dudum. En 1537, Paul III fit de même pour les Amérindiens dans Veritas ipsa, ainsi que « pour tout autre peuple qui viendrait à être découvert ».

Samedi 18 avril, la ville de Nantes a anticipé l’anniversaire de cette abolition,  à l’occasion de l’inauguration, au Parc des Chantiers, d’un mât de 18 mètres, réplique de celui du bateau négrier l’Aurore érigée par l’association La Coque Nomade-Fraternité.

À cette occasion, dans un geste qualifié d’historique et de nécessaire par les associations mémorielles, un descendant d’armateurs négriers, Pierre Guillon de Princé, a publiquement présenté des excuses officielles.

Entre 1766 et 1789, sa famille avait armé six navires pratiquant la traite atlantique, soit « dix-huit départs de Nantes, ayant arraché 4 500 captifs de leur terre. Mais il n’a pas parlé de péché criant vengeance au Ciel, comme l’oppression des pauvres ou la fraude sur le salaire des travailleurs.

Il a inscrit sa repentance dans un tout autre narratif, affirmant que les actes de ses aïeux constituaient des crimes contre l’humanité, (conformément à la loi Taubira de 2001, reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité adoptée par le Parlement le 10 mai 2001 et promulguée le 21 mai 2001).

En présence de l’ambassadeur d’Haïti Louino Volcy, l’octogénaire a exprimé un profond « soulagement » de pouvoir enfin briser un séculaire silence familial.

Pour donner une portée concrète à son discours, il a enfin annoncé un soutien financier à l’organisation Haïti Futur, qui œuvre pour l’éducation et l’entrepreneuriat.

Outre un don initial de 5 000 euros, il s’est engagé à verser une contribution mensuelle permanente. « Cette somme n’est pas à la mesure des souffrances infligées, mais elle concrétise mon désir d’agir », a-t-il précisé.

Le président de l’association La Coque Nomade-Fraternité Dieudonné Boutrin a alors renchéri :

« Ce mât est dédié à tous les Africains, hommes, femmes, enfants, broyés par l’esclavage colonial.»

Il a salué une démarche tournée vers l’avenir :

« Pierre n’est pas responsable du passé, mais nous sommes responsables du présent. La France devra immanquablement recomposer des identités nouvelles ».

Ce numéro de duettistes, qui n’a rien de catholique, interroge.

De quelles identités nouvelles parle-t-on ? Et quel rapport avec la repentance, devenue depuis les années soixante-dix une religion de substitution ?

Si une partie de l’aristocratie et de la bourgeoisie de l’époque a pu (comme Voltaire lui-même, au passage) s’enrichir impunément de ce honteux commerce d’êtres humains, ce ne fut évidemment pas le cas de la majorité des artisans, agriculteurs, prêtres et ouvriers qui composaient le peuple français, auquel les gouvernements successifs imposent ce fameux grand remplacement dénoncé par Renaud Camus.

Ce peuple, depuis si longtemps culpabilisé par des idéologues au service d’intérêts souvent tus, a davantage aujourd’hui besoin d’être fier de son histoire, et non plus repentant.

Prétendre que l’esclavage n’est qu’un crime contre l’humanité, et non un péché criant vengeance au Ciel, c’est appliquer à son cas une morale de compensation.

Le diable, en effet , imite ce que fait Dieu, dont il n’est que le singe, selon ce qu’il a promis à Ève : vous serez comme des dieux.

De même la morale humanitaire contrefait le message évangélique, en poursuivant des fins idéologiques opposées à l’Eglise : athée et anticlérical, Victor Schoelcher participa ainsi aux loges et aux sociétés paramaçonniques les plus politisées de son temps.

En 1822 – il n’avait que 18 ans – il fut initié à la loge Les Amis de la Vérité[1] qui fut dissoute officiellement en 1833. On le retrouve en 1844 à La Clémente Amitié (il avait alors le grade de maître[2]).

Outre l’abolition, Schœlcher milita au nom de la liberté de conscience pour les enterrements civils, la crémation, contre le serment religieux devant la justice, contre toute immixtion des églises dans les affaires publiques notamment dans l’instruction, et fit même, à titre de provocation qui déclencha un tollé général, une déclaration publique d’athéisme lors d’une séance du Sénat en 1882[3].

Bref, si son cercueil panthéonisé reçut, comme ceux de Jean Jaurès et de Jean Moulin, une rose des mains du sphinx mitterrandien le 21 mai 1981, c’est qu’il avait été un bon artisan de l’apostasie de la France,  apostasie qui livre aujourd’hui le pays au fracas des « nouvelles identités », Pierre Guillon de Princé et Dieudonné Boutrin, devant le Mât de la fraternité et de la mémoire du parc des chantiers, paraissent si fiers.

Le Petit Béraldien

[1] André Combes, Histoire de la Franc-Maçonnerie au XIXe siècle, tome 1, Paris, Éd. du Rocher, 1998, p. 117

[2] Annuaire des trois ateliers, loge, chapitre et conseil, sous le titre distinctif de la Clémente Amitié, Orient de Paris, 5844 (1844), p. 18.

[3]« Victor Schœlcher et la franc-maçonnerie » par Anne Girollet in Franc-maçonnerie et histoire : bilan et perspectives, sous la direction d’Éric Saunier et Christine Gaudin, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2018

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