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L'antichristianisme se poursuit en Azerbaïdjan, allié d'Israël
La cathédrale de Stepanakert a été détruite

La destruction de la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu à Stepanakert, capitale de la République d’Artsakh (Haut-Karabakh), par les forces d’occupation azerbaïdjanaises, constitue un nouvel épisode de l’effacement du patrimoine chrétien arménien sur le territoire. Cette démolition, survenue à la veille du 111e anniversaire du génocide arménien, a suscité la condamnation des organisations arméniennes et des critiques directes à l’encontre du Saint-Siège pour son silence.

Démolition du patrimoine religieux et culturel arménien

La cathédrale, consacrée le 7 avril 2019 par Sa Sainteté Karékine II, patriarche suprême et catholicos de tous les Arméniens, était bien plus qu’un simple édifice religieux. Construite entre 2000 et 2019 d’après les plans de l’architecte Gagik Yeranosyan, elle symbolisait la renaissance spirituelle de Stepanakert après des décennies de répression religieuse sous l’ère soviétique. Haute de 35 mètres et surmontée d’un clocher de 24 mètres, elle dominait le paysage urbain de la capitale de l’Artsakh. Elle fut érigée sur un site historiquement lié au culte chrétien, où une église était en activité depuis le XIXe siècle, avant d’être fermée et reconvertie durant la période soviétique.

Les médias azerbaïdjanais n’ont pas relayé cette démolition de la cathédrale, contrairement à celle du parlement d’Artsakh.

« Génocide culturel »

Selon Hovik Avanesov, défenseur du patrimoine culturel en Artsakh, cette démolition s’inscrit dans un schéma récurrent : ces dernières années, plus de 1 000 cas de vandalisme et de destruction de sites culturels arméniens ont été recensés dans la région. Quelques jours seulement avant la cathédrale, l’église Saint-Hakob, ainsi que ses alentours et des khatchkars (croix de pierre traditionnelles arméniennes), avaient également été démolis.

L’Agence du tourisme et du développement culturel de l’Artsakh, dans un communiqué daté du 21 avril 2026, a qualifié ces événements de « génocide culturel » : « Ce ne sont pas seulement des bâtiments qui sont détruits, mais aussi l’identité d’un peuple, son passé et son droit à l’avenir. » L’agence établit un lien explicite entre ces actions et le génocide arménien du début du XXe siècle, arguant que la même logique se manifeste aujourd’hui par l’effacement de la mémoire et des symboles.

Le silence devient complicité

L’agence d’Artsakh a vivement critiqué les autorités de la République d’Arménie, pointant du doigt une réponse insuffisante. Le silence de la communauté internationale et des organisations chargées de la protection du patrimoine culturel choque les Arméniens. « Le silence n’est plus synonyme de neutralité, mais de complicité », affirme le communiqué, avertissant que ce silence alimente un climat d’impunité qui encourage la poursuite des destructions.

La destruction des lieux saints n’affecte pas seulement le patrimoine matériel. Selon les experts, elle compromet directement la possibilité pour la population arménienne déplacée de faire valoir son droit au retour. La destruction des églises, des monuments et des symboles efface les preuves historiques de la présence arménienne, sapant les fondements culturels et moraux d’un éventuel retour. « Le droit de la population arménienne d’Artsakh de retourner sur sa terre natale est inaliénable et incontestable. La destruction du patrimoine culturel vise également à nier ce droit, en entravant la possibilité d’un retour par l’effacement de la mémoire », précise le communiqué.

En outre, ne perdons pas de vue qu’Israël et l’Azerbaïdjan sont alliés et que Theodor Herzl, fondateur di sionisme, avait soutenu le génocide des Arméniens.

Sentiment d’être trahis par le Vatican

Les Arméniens ont été scandalisés d’apprendre que, dans ce contexte, le Vatican accueille actuellement, en collaboration avec l’ambassade d’Azerbaïdjan auprès du Saint-Siège, un événement pour la présentation de l’ouvrage « Pontes culturae » (Ponts de la culture), auquel participe la Commission pontificale d’archéologie sacrée.

La Coordination des associations et organisations arméniennes en Italie a publié une déclaration critiquant ouvertement le Saint-Siège :

« Nous comprenons la nécessité pour le Saint-Siège de maintenir des relations diplomatiques appropriées avec la dictature azerbaïdjanaise et de continuer à bénéficier du généreux patronage accordé par le régime. Il est toutefois incompréhensible que le Vatican n’ait pas prononcé une seule condamnation concernant la destruction d’églises chrétiennes, mais qu’au contraire, des événements soient organisés pour promouvoir mensongèrement l’image d’un Azerbaïdjan tolérant envers les autres cultures et religions. »

Léo Kersauzie

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