
« Tes projets sont découverts, ne le sens-tu pas ? »
La Farce insoumise s’est muée depuis peu en une comédie scabreuse et dramatique, dont Jean Luc Mélenchon tient- le premier rôle, et qui essaime à tous les étages de la société.
Le jeune Quentin Deranque à peine inhumé, on découvre un ancien comique reconverti en charognard de plateau, Bruno Gacci, le traiter de « Gros connard néo-nazi ».
« Fachopride », a lâché de son côté Guillaume Gontard, un sénateur écologiste de l’Isère, à propos de la marche blanche de samedi, comme si faire le buzz sur le dos d’un mort c’était faire de la politique.
Honte à eux. Honte au Premier Ministre Lecornu, qui, pour toute réponse, affirme trouver le combat des antifas honorable…
Dire que la France fut, jadis, un pays de distingués lettrés.
Dans un tel contexte, le leader de LFI montera sur la scène de la Bourse du Travail à Lyon, en soutien de sa députée Anaïs Belouassa-Cherifi, avec laquelle l’actuel maire écologiste Doucet envisage de collaborer, si nécessité.
Quelle dignité attendre de ce tribun de la post-modernité ?
Pour ceux qui n’ont connu que ce siècle, le maghrébin européen [c’est ainsi que Mélenchon se désigne lui-même] fait, sans grand mérite de sa part, figure de maître à penser.
La gauche a toujours eu besoin de ce genre de verbeux prédateur, capable d’exercer sur l’auditoire une violence tout intérieure, une violence métaphysique, comme le disait Charles Péguy, « cette violence qui anticipe l’événement sans y mettre la main, cette violence de dominateur qui se rit de la vérité[1]».
Certes, celui que Mitterrand avait qualifié de « petit sans envergure » ne pense pas, il aboie ; mais il aboie juste, en autocrate et en serviteur de la cause maçonnique, de surcroît talentueux.
Cela suffit à ses militants qui ne lui demandent rien de plus.
Au pouvoir, « on fait le job ». Dans l’opposition, « on assure le spectacle ».
L’élévation d’un tribun sans dignité en guide révolutionnaire suprême de la Jeune Garde se révèle à l’exacte dimension de l’effondrement moral, intellectuel, linguistique de notre malheureux pays : si abyssal qu’on n’en mesure qu’à peine encore les conséquences sur l’avenir, car il y a bel et bien un projet générationnel de grand remplacement dans l’entreprise qu’il représente de créolisation de la France.
« Jusques à quand abuseras-tu de notre patience, Catilina ? », clamait jadis Ciceron au Sénat, en la présence du fauteur de trouble.
« Combien de temps encore serons-nous ainsi le jouet de ta fureur ? (…) Tes projets sont découverts, ne le sens-tu pas ?»
Hélas les temps postmodernes n’accoucheront ni d’un Ciceron ni d’un Catilina.
La politique- spectacle a parfaitement intégré la notion d’obsolescence programmée qu’elle applique à ses leaders politiques comme le monde industriel à ses produits ?
Les militants de La France Insoumise ne sont dans l’islamo-gauchisme que de simples pièces manufacturées, remplaçables sitôt hors d’usage.
Mais le meurtre de Quentin donne le la inquiétant d’une séquence politique dangereuse pour la paix civile. Car l’allégorie révolutionnaire que surjouent dans les médias tous ces VRP de l’extrême gauche a charge d’ériger le mensonge en idole populaire ; et l’on sait à quel totalitarisme l’aveuglement des foules abusées peut conduire.
Or dans sa première catilinaire, Cicéron poursuivait : « Il vient au Sénat, participe à la délibération publique, marque et désigne des yeux ceux d’entre nous qui doivent être assassinés ».
Dans les temps anciens, poursuivait-il, « des hommes courageux punissaient un citoyen dangereux par des châtiments plus rigoureux qu’ils ne punissaient l’ennemi le plus acharné. (…) Voici, oui, voici quel était jadis le mérite dans notre république : C’est nous, oui nous, consuls, je le dis ouvertement, qui manquons à nos devoirs »
Mais face à Mélenchon, on ne trouve que Bardella, c’est tout le drame des temps mauvais qui sont les nôtres.…
Le Petit Béraldien
[1] Charles Péguy, L’Esprit de système, Gallimard, 1953, p. 119
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