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Tout au sud du diocèse de Rennes se trouve la ville de Redon, quasi-enclavée entre le Morbihan et la Loire-Atlantique, connue pour ses inondations à répétition – six rivières représentant un tiers des eaux de surface de Bretagne historique s’y rejoignent – son abbatiale magnifique (hélas fermée à cause d’un litige entre sous-traitants), et moins connue pour l’église en préfabriqué où s’abrite la paroisse, ou les deux curés connus pour abus – un condamné, l’autre renvoyé devant le tribunal – qui en ont été titulaires. Le 7 mars la paroisse prévoit donc de faire témoigner pour les vocations… deux religieuses de la Famille missionnaire Notre-Dame, communauté qui non seulement n’est guère exemplaire en matière de vocations, mais qui a même réussi le rare exploit d’être dans le collimateur à la fois de la justice civile et canonique pour ses vocations.

Des paroissiens ont tenté de prévenir et le prêtre, et le diocèse de Rennes – peine perdue, ces mêmes modernistes qui n’ont que le mot « synodalité » à la bouche pour affirmer qu’ils sont à l’écoute de leurs fidèles se murent évidemment dans le silence lorsque la preuve de leur incurie devient un scandale public.

Fondée en 1946 à Saint-Pierre Colombier (diocèse de Viviers) et implantée dans dix diocèses français, la FMND connaît une accélération de sa croissance avec l’arrivée de Gérard Pinède à sa tête : « depuis 2006, année où Gérard Pinède est devenu le supérieur de la FMND, 78 hommes et femmes ont rejoint cette communauté, dont 23 avaient entre 18 et 19 ans. Une proportion élevée de jeunes adultes, au regard de la pratique et des préconisations habituelles des instituts religieux en France, qui ne manque pas d’interroger« , s’interroge justement la Croix.

 

Des vocations forcées, un exemple pour le diocèse de Rennes ? 

Voilà quelques exemples des vocations dans cette communauté, telles que l’ont déclaré les parties civiles au procès devant le tribunal de Privas du 19 au 22 janvier dernier. Le délibéré est attendu pour le 24 mars prochain  :

, « Laure-Marie N., entrée à 18 ans, témoigne avoir rapidement souffert d’un climat de peur, avec un sentiment de contrôle permanent, l’évocation du diable dès qu’elle exprimait ses doutes, la plongeant des années dans l’angoisse jusqu’à l’automutilation et une tentative de suicide. Elle partira difficilement au bout de quinze ans, après avoir pris conscience qu’elle reproduisait auprès d’autres jeunes femmes les mécanismes qu’elle avait elle-même subis ».

Élisabeth C., elle, entre à 17 ans, « incitée par les sœurs » et au terme d’un entretien avec le supérieur qui la surprend par sa brièveté. « Plus on rentrait jeune dans la communauté, plus le sacrifice était beau ! », se souvient-elle. Mais quand elle formule ses doutes, on lui dit qu’elle est « tentée par Satan ». Elle ne restera que dix jours à Saint-Pierre-de-Colombier, malgré la « pression énorme » du père Bernard et d’autres membres ».

Anne-Claire Corvisier, professeure de lettres et ex-religieuse à la FMND pendant trois ans avant d’être « chassée comme un chien » décrit  »son installation « violente », durant laquelle ses affaires, dont son chapelet et sa médaille de baptême, lui sont retirées. Au quotidien, elle raconte une absence d’hygiène, une toilette faite au lavabo sans réelle intimité, un manque de sommeil dû au froid dans sa chambre, mais aussi des courriers lus et un accès très limité au téléphone. Elle a vécu dans la communauté pendant 3 ans – une année de postulat puis deux années de noviciat – témoin d’un culte des fondateurs (mère Marie Augusta et le père Lucien Dorne) et d’une place prépondérante accordée aux textes de Marie Augusta, parfois au-dessus même de celle accordée à la Bible. Dans le même temps elle a assisté au départ de six membres.

Le parquet relève dans son réquisitoire un autre fait, certainement « exemplaire » pour le diocèse de Rennes : «  lorsqu’une abbesse s’inquiète qu’une jeune fille de 17 ans s’apprête à rejoindre la FMND, Gérard Pinède écrit à l’abbesse : ‘‘Vous aurez à répondre devant Dieu de la façon dont vous refusez sa vocation’’. »

Procès FMND à Privas – revue de presse au 31- 01-2026

 

Quand l’évêque de Viviers doit exfiltrer un religieux empêché de partir

Evidemment, faites dans ces conditions, les vocations ne sont pas solides. Mais les religieux qui veulent quitter la communauté subissent des pressions pour les empêcher de partir – c’est aussi un exemple pour le diocèse de Rennes? Et c’est ainsi que l’ancien évêque de Viviers, aujourd’hui à Albi, explique au tribunal comment l’évêché a du exfiltrer un religieux accusé d’être « possédé » car il voulait s’en aller :

« Un autre religieux, frère Carole, l’appelle un soir. « Il m’a dit qu’il avait réussi à se procurer un portable. Il s’était caché en forêt pour téléphoner. Il me dit quelqu’un vient, j’ai peur d’être démasqué. » Le religieux voit l’évêque en cachette : « il m’explique qu’il a été mis en demeure de s’expliquer devant ses supérieurs pour avoir parlé à l’évêque. Il me dit : ‘’je ne sais plus comment faire’’. Il était rongé par la culpabilité de vouloir partir, persuadé d’être damné. Il parlait de suicide pour éviter le diable. »

« Voici ce qu’il m’a dit devant témoin : ‘’ils n’ont cessé de me mettre en garde contre le péché d’orgueil qui peut conduire à la damnation éternelle. Je supplie mon seigneur de me reprendre auprès de lui. Si je suis l’instrument du diable, je préfère être retiré par Dieu’’ ». « Sa famille qui était proche de la communauté était elle aussi persuadée qu’il était possédé ». L’évêque décide d’exfiltrer le frère. « On a organisé un rendez-vous à l’évêché avec le frère et les supérieurs de la communauté dans le cadre d’un projet d’ordination du frère. Je suis resté avec les supérieurs pendant que mon vicaire faisait partir le frère. Nous lui avons procuré un passeport et il est parti quelque temps au Maroc. J’ai dit à père Bernard : ‘’il ne rentre pas à la communauté, il reste avec moi’’. Il était furieux. »

 

Tellement exemplaire que la dissolution de la FMND demandée par l’enquête canonique

Après des dérives dénoncées depuis des années, l’Eglise s’est résolue à agir. Une visite apostolique a été faite en 2019, dont le compte-rendu a été lu au procès à Privas : «  une situation à la fois « hallucinante et triste » avec une « congrégation à deux visages, l’un exaltant, généreux, spirituellement sain et un autre, plus caché : une communauté qui se sait élue et dont les membres seront sauvés. » Mgr Balsa, ancien évêque de Viviers aujourd’hui à Albi, a expliqué que : « «les témoignages que j’ai reçus évoquaient un mélange entre ce que nous appelons for interne et for externe. On apprend que certains religieux étaient amenés à se confesser au père supérieur. Or, on ne peut être à la fois celui qui recueille les choses les plus intimes des personnes et celui qui préside à l’organisation de la communauté. Ils étaient à nu devant celui qui décide. »

Suite à cela,  Rome a nommé un commissaire apostolique, chargé d’épauler la communauté pour se remettre dans le droit chemin. Mais il n’a absolument rien pu faire, car il n’y avait aucune volonté de se réformer, et a jeté l’éponge. En fin de compte, l’enquête canonique a été close et transmise à Rome. La dissolution de la congrégation a été demandée – même à l’aune du n’importe quoi général dans l’Eglise moderniste, la FMND et notamment la gestion de ses vocations sont l’exemple… de ce qu’il ne faut surtout pas faire.

La FMND reste dans le déni – ainsi, l’un des médias catholiques qui a publié de larges extraits du compte-rendu du procès civil, abondamment sourcé – de nombreux médias ont couvert ce procès, public, s’est fait menacer de poursuites judiciaires par un avocat de la communauté. Cela aussi, c’est certainement un exemple pour le diocèse de Rennes – pour toute synodalité, des procédures baillon pour étouffer la vérité, même quand tout a été dit en public six semaines avant.

 

Le diocèse de Rennes en panne de communautés exemplaires ? 

Mais cela ne va pas empêcher la paroisse de Redon et le diocèse de Rennes de mettre en avant ce curieux exemple. Il est vrai que Redon compte une communauté religieuse, la dernière – les Eudistes de la Roche du Theil. Mais ces derniers sont englués dans des affaires à répétition, en France et à l’étranger, bref, encore un exemple… du déclin dans l’Eglise moderniste.

Les mêmes qui accusent la FSSPX de schisme au sujet des sacres regardent la paille dans l’oeil de la FSSPX et ne remarquent pas les poutres dans leurs deux yeux. A l’échelle mondiale, près de 200 enquêtes canoniques visant des communautés diverses seraient actuellement en cours.

Nous ne pouvons que souhaiter à la paroisse de Redon d’inviter un séminariste traditionnel – la Tradition n’a pas besoin de vocations forcées pour remplir ses séminaires et ses maisons. Elle n’a pas besoin non plus de faire le pitre pour remplir ses églises – comme le curé de la paroisse étudiante de Rennes qui il y a quelques années qui a célébré la messe avec un sabre laser.

Le curé de Redon le sait d’ailleurs – jadis, il célébrait la messe en latin et a même tenté de putscher sa congrégation en 1999 avec le soutien de Rome et d’autres confrères; la manoeuvre a échoué, il s’est fait oublier au Tchad pendant dix ans, et ne célèbre plus qu’en novus ordo avec des aubes informes dans une église en préfabriqué des années 1960. Passer de la messe en latin à la promotion d’une communauté si problématique que sa dissolution est demandée, c’est aussi un… exemple terrible de déclin de l’Eglise conciliaire.

 

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