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Image : capture d’écran du JDD n° 4128 du 22 février 2026

« Dans l’Église elle-même, il y a des loups déguisés en agneaux ».

Dans une tribune publiée ce jour dans le JDD [Journal du Dimanche], le cardinal Sarah éprouve une vive inquiétude et appelle à l’unité de l’Église en suivant le Christ.

MPI vous en propose quelques extraits significatifs que nous nous  permettons respectueusement de commenter brièvement infra.

[…]

Quitter la barque de Pierre revient à se livrer aux flots de la tempête.

Aussi je veux dire ma vive inquiétude et ma tristesse profonde en apprenant l’annonce par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, fondée par Mgr Lefebvre, de procéder à des ordinations épiscopales sans mandat pontifical.

On nous dit que cette décision de désobéir à la loi de l’Église serait motivée par la loi suprême du salut des âmes : suprema /ex, salus animarum. Mais le salut, c’est le Christ, et il ne se donne que
dans l’Église. Comment peut-on prétendre conduire les âmes au salut par d’autres voies que celles qu’il nous a lui-même indiquées ? Est-ce vouloir le salut des âmes que de déchirer le corps mystique du Christ de façon peut-être irréversible ? Combien d’âmes risquent de se perdre à cause de cette nouvelle déchirure ?

On nous dit que cet acte se veut une défense de la Tradition et de la foi.

Je sais combien le dépôt de la foi est aujourd’hui méprisé parfois par ceux-là mêmes qui ont mission de le défendre. Je sais bien que certains oublient que seule la chaîne ininterrompue de la vie de l’Église, de l’annonce de la foi, de la célébration des sacrements, que nous appelons la Tradition, nous donne la garantie que ce en quoi nous croyons est le message original du Christ transmis par les apôtres. Mais je sais aussi, et je crois fermement qu’au cœur de la foi catholique, il y a notre mission de suivre le Christ qui s’est fait obéissant jusqu’à la mort. Peut-on vraiment se passer de suivre le Christ dans son humilité jusqu’à la Croix ?

N’est-ce pas trahir la Tradition que de se réfugier dans des moyens humains pour maintenir nos œuvres, fussent-elles bonnes ?

Notre foi surnaturelle en l’indéfectibilité de l’Église peut nous conduire à dire avec le Christ : « Mon âme est triste à en mourir » (Mt 26, 38) en voyant les lâchetés de chrétiens et même de prélats qui renoncent à enseigner le dépôt de la foi, et préfèrent leurs opinions personnelles en matière de doctrine et de morale. Mais la foi ne peut jamais nous conduire à renoncer à l’obéissance à l’Église.

Sainte Catherine de Sienne, qui n’hésitait pas à faire des remontrances aux cardinaux et même au pape, s’écrie : « Obéissez toujours au pasteur de l’Église, car il est le guide que le Christ a établi
pour conduire les âmes à Lui. » Le bien des âmes ne peut jamais passer par la désobéissance délibérée car le bien des âmes est une réalité surnaturelle. Ne réduisons pas le salut à un jeu
mondain de pression médiatique !

Qui nous donnera la certitude d’être réellement au contact de la source du salut ? Qui nous garantira que nous n’avons pas pris notre opinion pour la vérité ? Qui nous pré-munira contre le
subjectivisme ? Qui nous garantira que nous sommes encore irrigués par l’unique Tradition qui nous vient du Christ ? Qui nous garantira que nous ne précédons pas la Providence et que nous la
suivons en nous laissant guider par ses indications ?

[…]

On nous dit que c’est par fidélité au Magistère précédent, mais qui peut nous le garantir sinon le successeur de Pierre lui-même ?

Il y a là une question de foi. « Celui qui désobéira au pape, représentant le Christ dans les deux, ne participera pas au sang du Fils de Dieu », disait encore sainte Catherine de Sienne. Il ne s’agit pas de fidélité mondaine à un homme et à ses idées personnelles. Il ne s’agit pas de culte de la personnalité du pape. Il ne s’agit pas d’obéir au pape qui exprimerait ses propres idées ou ses opinions personnelles. Il s’agit d’obéir au pape qui dit, comme Jésus : « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de Celui qui m’a envoyé » (Jn 7, 16).

Il s’agit d’un regard surnaturel sur l’obéissance canonique qui garantit notre lien au Christ lui-même. C’est la seule garantie que notre combat pour la foi, la morale catholique et la Tradition liturgique ne s’égarent pas dans l’idéologie. Le Christ ne nous a donné aucun autre signe certain. Quitter la barque de Pierre et s’organiser de façon autonome et en cercle fermé revient à se livrer aux flots de la tempête.

Je sais bien que souvent, dans l’Église elle-même, il y a des loups déguisés en agneaux.

Le Christ lui-même ne nous a-t-il pas avertis ? Mais la meilleure des protections contre l’erreur reste notre attachement canonique au Successeur de Pierre. « C’est le Christ lui-même qui veut que nous demeurions dans l’unité, et que, même blessés par les scandales des mauvais pasteurs, nous n’abandonnions point l’Église », nous dit saint Augustin. Comment rester insensible à la prière pleine d’angoisse de Jésus : « Père, qu’ils soient un comme nous sommes un » (Jn 17, 22).

[…]

Nous pouvons affirmer que le meilleur moyen de défendre la foi, la Tradition, l’authentique liturgie sera toujours de suivre le Christ obéissant. Jamais le Christ ne nous commandera de briser l’unité de l’Église.

Bien qu’il décrive un état déchirant d’une Eglise qui s’éloigne de la doctrine, Son Eminence refuse d’aller au bout de son constat.

Sans condamner expressément la FSSPX, il l’implore d’obéir à des autorités qui sont, souvent, « des loups déguisés en agneaux » (sic). 

Il conclue même en déclarant que « le meilleur moyen de défendre la foi, la Tradition, l’authentique liturgie sera toujours de suivre le Christ obéissant« .

Certes, personne ne peut nier une telle affirmation !

Mais comment peut-il demander à la FSSPX de respecter ce que les papes, depuis le Concile Vatican II, ne respectent plus en désobéissant au « Christ obéissant » ?

Christian LASSALE

Autres textes sur le sujet :
– Réponse de la Fraternité à Rome : impossible de se mettre d’accord doctrinalement et maintien de la date du 1er juillet pour sacrer des évêques.
– Communiqué des instituts Ecclesia Dei ou la tentation sado-masochiste !
Sacres de la FSSPX : le Père Louis-Marie de Blignières et l’usurpation intellectuelle

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