
Les guerres en Ukraine et en Iran sont l’occasion d’expérimenter l’usage militaire des IA.
On sait que l’armée israélienne a utilisé des systèmes d’intelligence artificielle, notamment un outil nommé « Habsora » (« Évangile »), pour recommander des cibles de bombardement dans la bande de Gaza, jusqu’à 250 cibles par jour.
L’IA favorise le développement de drones et véhicules terrestres ou marins sans pilotes, le traitement automatique de données issues de satellites, la planification stratégique et tactique à partir de scénarii simulés, bref ! Utilisée pour analyser des masses de données, l’IA renforce le renseignement comme le ciblage : on ne fait plus la guerre sans elle.
Elle demeure pour l’instant l’esclave docile des chefs d’état délirants qui s’en servent.
Mais le jour où les IA interactives commenceront à autogénérer d’elles-mêmes du code (IA générative), la probabilité d’une guerre cybernétique entre l’homme et la machine existera pour de bon.
Intégrée à un réseau global autogéré, elles seront en mesure, au gré de leurs « hallucinations », de reconfigurer partout dans le monde les principaux terminaux numériques, y compris satellitaires, régissant la robotique domestique et planétaire.
Car si un virus biologique peut se neutraliser aisément ou s’affaiblir au fil du temps, un virus intelligent, à moins de couper toutes les sources de données numériques dans le monde, s’autorégule et se reconfigure à l’infini.
Ce qui alimente encore aujourd’hui de simples scénarii de science-fiction deviendra dès lors le quotidien inflammable de tous les terriens.
Un aspirateur soumis à un algorithme devenu fou pourra subitement adopter un comportement belliqueux contre votre chien ou vous-même, votre voiture changer à son gré de destination et rouler à 200 km heures, portières verrouillées, votre ordinateur se transformer, au gré de mises à jour de plus en plus incontrôlables, en un redoutable semeur de zizanie ou en un très performant tyran.
« Les sciences sans la philosophie se désorientent. Les sciences et la philosophie, sans la théologie, se découronnent encore bien davantage, puisque la couronne qu’elles répudient est une couronne céleste, et elles se désorientent plus irrémédiablement car la terre sans le Ciel ne trouve plus ni la trajectoire de sa giration, ni les influences qui la rendent féconde. »
Cette réflexion du RP Serlillanges[1] posait déjà en 1920 la question de cette déraisonnable fuite en avant.
Les élites politiques, scientifiques, économiques, depuis, ont joué littéralement avec le feu, poussées par une foi irrationnelle dans la science et la technologie, qui stigmatise clairement leur éloignement de Dieu.
« La guerre a pour elle l’Antiquité », écrivait jadis le moraliste classique La Bruyère.
L’IA, semble-t-il, a retenu la leçon.
La population googlisée accepte l’IA comme une alternative qu’elle croit salutaire à l’autorité humaine, jugée trop dictatoriale : un algo appliqué à tous satisfait facilement son fantasme stupide d’égalité démocratique.
Elle cède aussi par paresse, le conditionnement global de la gente occidentale l’ayant poussée à l’inculture et à la passivité durant ces 70 dernières années.
Une des limites de l’IA demeure son coût réel.
Pour l’instant, un abonnement Claude ou ChatGPT coûte 20 euros par mois, mais leur usage revient à cent fois plus cher.
Une montée abrupte des prix surviendra probablement lorsque ce marché de l’intelligence sera assez concentré, sous forme d’oligarchie.
L’obsolescence des peuples deviendra alors une question politique publique.
Le Petit Béraldien
[1] R.P. Sertillanges, La Vie intellectuelle, éd Meystre, p. 115
Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !






