Carte destinée à illustrer la multiplication et la proximité des zones conflictuelles de la région

Alors que l’heure du Grexit allait sonner, le rappel à l’ordre est venu de Washington par la voix d’Obama: il fallait que la Grèce reste dans l’eurozone. 

Pourquoi un tel intérêt pour la Grèce de la part des USA ?  

La première hypothèse porte naturellement sur les réserves de pétrole que recèlent les eaux grecques. Les globalistes qui dirigent les USA, entendent contrôler l’ensemble des ressources énergétique du monde.  Mais une raison n’en exclue pas une autre: Panos Kammenos, le ministre de la Défense de Tsipras, signait un accord de coopération militaire avec Israël, pendant que son Premier ministre qui avait reçu mandat de ses électeurs de refuser les mesures d’austérité exigées par l’eurozone, nous jouait le feuilleton à multiple rebondissements de “je reste et moi non plus”.

Panos Kammenos,  est  le représentant, au sein du gouvernement grec du fameux parti d’extrême droite, qui, curieusement n’avait suscité aucun cri d’orfraie dans l’alliance improbable qui a permis au gauchiste Tsipras d’avoir une majorité. Une alliance qui n’avait pas dégoûté Mélanchon, pourtant si délicat en la matière.

Maintenant qu’on sait que ce représentant d’ANEL, parti des « Grecs indépendants » concurrent d’ Aube dorée,  qui a permis à Tsipras de gouverner le pays, préparait un accord militaire avec Israël, on comprend mieux. Il ne faut jamais perdre de vue les liens étroits qui unissent Israël aux Etats-Unis, ni la part des liens personnels dans le grand échiquier international, puisque le cousin de Michèle Obama est le “Grand rabbin de la communauté mondiale des juifs noirs.”

Quel est cet accord de coopération militaire avec Israël?

Le ministre de la Défense grecque vient de signer en Israël avec son homologue  Moshé Yaalon un traité selon lequel les forces israéliennes pourront s’entrainer en Grèce et vice versa. On comprend l’intérêt pour Israël d’avoir pris pied en Grèce pour mieux enserrer le Proche-Orient.

Cet accord a vraiment un caractère exceptionnel puisque seuls les Etats-Unis ont signé un tel échange avec Israël.  Yaalon a salué chaleureusement la collaboration entre la Grèce et son pays « Nous apprécions grandement la coopération sécuritaire qui se traduit par l’entraînement de nos soldats et officiers sur le territoire grec. Nos États partagent des intérêts communs, car ils doivent faire face aux conséquences de l’accord signé la semaine dernière entre les grandes puissances et l’Iran. ».

Absolument pas pris de court Panos Kammenos a répliqué avec le même enthousiasme : « Le peuple grec est très proche du peuple d’Israël. Concernant notre coopération militaire, nos relations sont excellentes, nous continuerons à les entretenir et poursuivrons les entraînements communs. Le terrorisme et le djihad ne frappent pas que le Proche Orient, mais également les Balkans et l’Europe. C’est la guerre. Nous étions également très proches d’Israël pour tout ce qui est relatif au programme de missiles de l’Iran. Nous nous trouvons à la portée de ces missiles. Si un missile iranien se dirige vers la mer Méditerranée, cela peut signifier la fin de tous les pays de la région. » (Source)

Quand on connaît les hypocrisies que cachent la coalition arabo-occidentale au Moyen-Orient, on ne peut que rester dubitatif devant un tel discours. En observant la carte de la région, (plus haut): Grèce, Turquie, Syrie, Iran, Arabie, pays de la Mer Noire (Ukraine, Russie), les intérêts de la coalition mondialo-cosmopolite sautent aux yeux. 

Du nationalisme à l’internationalisme

Mais qui est exactement cet Alexis Tsipras qui est parvenu a promettre tout et son contraire au peuple grec en l’espace d’une semaine, sans se démonter, ni être démonté ? Des informations difficilement vérifiables circulaient sur différents sites, dés janvier 2015, concernant des liens entre George Soros, le spécialiste mondialiste de la manipulation des peuples, et Syriza, le parti de Tsipras, notamment ici, ou ici.

Quoi qu’il en soit, dés janvier 2015, François Asselineau et son parti, l’Union Populaire Républicaine, communiquaient:

Les Grecs vont maintenant pouvoir constater que Syriza est un parti-leurre, promu par l’oligarchie pour maintenir la domination euro-atlantiste sur la Grèce. (…) le dirigeant de Syriza ne propose absolument pas aux Grecs, ni de sortir de l’UE ni de sortir de l’euro, et ne propose donc aucune issue crédible à la mise en coupe réglée de la Grèce qui découle des contraintes des traités européens et des exigences de la BCE.

Quoi qu’il en soit, les mois qui viennent seront l’occasion, pour le peuple grec, de découvrir l’ampleur de l’escroquerie politique dont ils viennent de nouveau d’être les victimes.

l’élection de M. Tsipras :

  • ne modifie pas le moindre article des traités Turquie/UE et TFUE,
  • n’infléchit pas la moindre décision de la Commission européenne et de la BCE,
  • ne change pas d’un iota la politique économique et monétaire voulue par les gouvernements de l’Allemagne, de la Finlande, des Pays-Bas et du Luxembourg,
  • ne remédie en rien à la totale inadéquation de l’économie, du tissu industriel, et du corps social grecs à l’euro,
  • n’arrête en rien la diplomatie guerrière que Washington impose à l’UE vis-à-vis de la Russie et du reste du monde. (Source)

Ce qui expliquerait que Tsipras qui venait de remporter une large adhésion des Grecs contre les mesures d’austérité, ait négligé les avantageuses propositions du président Poutine, sur des livraisons gratuites de pétrole et de gaz.

Pendant que les principaux responsables du réel parti d’extrême droite grecque, Aube dorée, croupissent depuis deux ans dans les geôles grecques, ANEL venait jouer les trouble-fête tandis que Syriza était le leurre idéal pour faire passer du nationalisme à l’internationalisme, la cause grecque. Malgré cela Aube dorée est toujours en embuscade en troisième position. A noter que Marine Le Pen a exclu toute alliance au Parlement européen avec Aube dorée

Et la Russie dans tout ça ?

Ceci se passait pendant que les agitateurs à la Soros faisaient alliance avec les partis d’extrême droite en Ukraine… Le Nouvel Ordre Mondial Unipolaire a ses raisons que la raison ne connaît pas.

Que se serait-il passé si, au lendemain du référendum grec, la Russie avait aidé financièrement la Grèce ? Cet argent aurait directement atterri dans les poches des banquiers, sans pour autant sortir la Grèce de ses problèmes. Comme ça avait été le cas pour l’Ukraine et Chypre, ou comme ça a failli être le cas pour l’Islande en 2008, la Russie aurait été comme une vache à lait pour des banquiers sans scrupules pour lesquels il n’y a pas de petits profits. On a beaucoup parlé de la possibilité qu’a la Grèce de rejoindre les BRICS. Si l’UE a déclenché une guerre civile en Ukraine pour empêcher ce pays, déjà attaché à la Russie, de se tourner vers ses racines, peut-on sérieusement penser qu’elle laisserait la Grèce se tourner vers la Russie avant d’avoir occis le dernier Grec ? (Source: RI)

La Russie ne pouvait que proposer une aide en nature à la Grèce pour qu’elle sorte de l’Union. Mais  Syriza était de toute façon gagné à la cause internationaliste, d’avance. 

Reste à savoir à présent ce qu’il adviendra du tracé du gazoduc russe qui devait passer par la Grèce et la Macédoine…  Nous savons que la Macédoine est déjà dans le colimateur des Etats-unis… Quant aux réserves de pétrole qui se trouvent dans les eaux grecques, gageons qu’elles resteront longtemps encore sous bonne garde.

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