
Jean-Claude Lozac’hmeur, né en avril 1940 à Toulona a été rappelé à Dieu en ce Jeudi Saint 2026 à Saint-Malo, passionné et passionnant combattant de la foi, linguiste, médiéviste, critique littéraire et essayiste français.
Pour ceux qui l’ont connu, son attachement viscéral à l’Eglise et à la Messe était indéfectible. Homme profondément religieux, l’une de ses épreuves intimes fut certainement cette crise de l’Église qui paraissait sans fin. Il n’eut donc pas le triomphalisme d’un combat d’une vie mais connut l’épreuve douloureuse de l’échec apparent dudit combat. Pourtant, sans son opiniâtreté la messe traditionnelle n’aurait pas été implantée avec tant de vigueur en Bretagne. Et, contrairement à l’opinion répandue, son premier combat ne fut pas la messe mais les catéchismes, l’éthique (humanae vitae et l’avortement).
Une vie au service….
Jean-Claude Lozac’hmeur a grandi sur l’île de Molène, puis intègre le collège des Frères de Lamennais à Saint Renan, passe le Certificat d’études, puis le Baccalauréat section « math-élèm ». Il se marie en 1961 et aura 5 enfants. À 23 ans, il est reçu deuxième au CAPES, réussit le concours de l’IPES. Il fut premier et prit un poste au Collège de Combourg, dirigé par François Baibled. Désormais jeune élève-professeur, il termine le premier cycle universitaire puis intègre le second avec l’aide de Charles Foulon, qui l’introduit à Rennes-II. Il y assure successivement les postes de chargé de cours, assistant, maître de conférences, professeur de première classe. Il entame son troisième cycle avec le DEA à 29 ans, et le doctorat à 38 ans. Sa thèse, qu’il soutient en 1978, s’intitule La Genèse de la légende d’Yvain : essai de synthèse. Il la réalise en étant conseillé par le professeur Léon Fleuriot (neveu de Zénaïde Fleuriot), directeur de la section celtique à Rennes II. Ensemble, ils publièrent, avec Léon Prat et une introduction de Per Jakez-Elias, une anthologie de poésie celtique qui demeure une référence.
En 1985, il co-édite avec Maud Ozzava une traduction de la chanson d’Aiquin. Il travailla aussi avec Shigemi Sazaki, médiéviste japonaise, enseignante à l’université de Tokyo-Misei ; ils publièrent ensemble plusieurs articles et études consacrées à la légende du Graal
Dans un autre registre, il fut aussi pendant de longues années professeur de français à l’université d’été de Saint-Malo, dépendante de Rennes 2, dirigée par Charles Foulon. Convaincu que l’éducation et un enseignement supérieur différent du gauchisme ambiant était essentiel, il fut l’un des fondateurs de la Faclib de saint Malo, et le lien universitaire avec la Sorbonne pour l’ouverture et la délivrance des diplômes. Malgré les résultats des étudiants, l’asphyxie par les manoeuvres politiques qui étranglèrent les financements, la fit fermer et ce fut encore pour cet ouvrier de la première heure une grande souffrance.
Lorsqu’il était professeur émérite, il préparait ses étudiants de Rennes II mais aussi d’autres universités à l’Agrégation de lettres classiques, en assurant des cours de linguistique et de littérature française médiévale. Il continue à publier régulièrement ses recherches tout en sillonnant les châteaux européens au fil des invitations aux colloques universitaires. Il fut membre de la Société internationale arthurienne et de la Société de linguistique romane. Parmi ses écrits, dont un article sur le Roi pêcheur, il faut mentionner son Énigme du Graal et son article sur Mabonagrain qui sont cités dans le Dictionnaire de mythologie arthurienne de Philippe Walter.
Des écrits engagés :
Il est également l’auteur d’ouvrages antimaçonniques. Il fournit dans ce domaine « un travail fiable et documenté : oui, la franc-maçonnerie est bien une religion héritière des cultes à mystère de l’Antiquité ; et c’est par l’étude de leur symbolique, souvent d’abord hermétique, et de sa signification profonde, que l’on peut en déduire les finalités modernes. A mesure des découvertes explicatives de Jean-Claude Lozac’hmeur, c’est tout le mondialisme actuel qui se dessine et les contours d’une « religion d’État ». De l’Alchimie à la Rose-Croix, en passant par la Kabbale, la certitude s’installe : « Malgré leurs différences apparentes, l’objectif de ces traditions occultistes est le même : l’instauration d’un État mondial unifié dans lequel l’Homme sera devenu dieu par le développement des sciences et des techniques. » J.C. L
Ses ouvrages :
- Actualité de l’Apocalypse, aux éditions des Cîmes,
- De la Ré-volution – Essai sur la politique maçonnique, aux éditions Sainte Jeanne d’Arc,
- Fils de la veuve – Recherches sur l’ésotérisme maçonnique, aux éditions de Chiré,
- De la Gnose au Graal – Aperçu sur une tradition initiatique, éditions des Cîmes,
- Les origines occultistes de la franc-maçonnerie – Recherches sur une religion d’Etat, éditions des Cîmes.
Vous retrouverez tous ces ouvrages sur LIVRES EN FAMILLE
Jean-Claude Lozac’hmeur s’est éteint le Jeudi Saint. Lui, si attaché aux symboles nous invite certainement à y voir le combat qui continue, dans l’instauration de l’Eucharistie, ce grand mystère de Dieu qui s’est donné à nous et se donne toujours…
Les obsèques seront célébrées jeudi prochain, 9 avril, à 14h30 en la chapelle Sainte-Anne de Saint Servan (52 rue Jean XXIII).
Sources diverses : Wikipédia, Les Cîmes, Livres en Famille, Chiré, Facebook.
Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !






