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Sainte Geneviève, la sainte du Pays Réel.

« Et dans ce combat, le premier mot d’ordre
est le même qu’au Ve siècle : ne pas fuir. »

Il existe, au cœur de notre mémoire nationale, des figures dont la lumière ne s’est jamais éteinte. Des âmes qui ont tenu bon quand tout vacillait. Des saints qui ont gouverné sans trône, défendu sans armes, élevé sans orgueil. Sainte Geneviève est de ceux-là.

Chrétienne gallo-romaine, issue de l’élite de la cité, Sainte Geneviève vécut au cœur des troubles du Ve siècle. Proche des autorités locales dont elle partageait les responsabilités autant que les souffrances, elle s’illustra par une sagesse rare, un courage sans faille, et une autorité morale qui lui valut l’écoute du peuple comme des puissants.

Dans un monde romain qui s’effondre, au milieu des invasions, des épidémies et du désordre, elle ne fuit pas. Elle reste. Elle tient. Elle rassemble. Elle prie, mais elle agit.

Elle ne commande pas au nom d’un système ou d’une théorie : elle gouverne au nom d’une fidélité.

Cette fidélité, elle la proclame dans une phrase prophétique qui résonne comme une proclamation de gouvernement :

“Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’il entendra nos supplications”.

Tout est contenu dans ces mots. La lucidité. Le courage. La hiérarchie naturelle des devoirs. Et surtout : la certitude surnaturelle que le destin d’un peuple ne se joue pas uniquement dans les armes, mais dans la prière fidèle, dans la résistance silencieuse, dans l’autorité du réel contre le chaos.

Aujourd’hui, les hommes fuient autrement.

Ils fuient dans les compromissions, dans la servilité, dans le reniement. Ils fuient leurs devoirs, leur terre, leur Dieu. Et pendant ce temps, les barbares ne sont plus les Huns. Ils sont mondialistes, cosmopolites, maçonniques et satanistes.

Ils n’assiègent plus les murs de la ville : ils assassinent notre patrie de l’intérieur.

Et pourtant, comme autrefois, il suffira de quelques âmes fidèles pour les vaincre.

Et pourtant, elle gouverne. Pourquoi? Parce que l’autorité véritable ne procède pas du papier, mais de la nature des choses.

Quand les structures chancellent, quand les chefs légaux démissionnent intérieurement, l’autorité retourne à ceux qui assument le réel. Sainte Geneviève est de ceux-là. Elle incarne ce que l’histoire française a toujours reconnu: une autorité personnelle, incarnée, reconnue, non décrétée.

Elle n’oppose pas le spirituel au temporel. Elle les ordonne. Elle ne dissout pas la cité dans la prière, elle soutient la cité par la prière, et par une action concrète, ferme, enracinée. Elle agit pour que Paris reste Paris, non pour la transformer, mais pour la sauver.

La situation de son temps est éclairante. Face au danger, les responsables officiels pensent à fuir. Ils raisonnent en termes de sécurité individuelle, de calcul, d’intérêt immédiat. Sainte Geneviève, elle, raisonne en termes de bien commun, de continuité, de fidélité historique.

Elle se tient du côté du peuple réel: ceux qui vivent là, qui travaillent là, qui prient là, et qui n’ont nulle part où aller.

Elle comprend que la cité n’est pas une abstraction administrative, mais une communauté charnelle, faite de foyers, de métiers, de morts et de prières.

Cette opposition est intemporelle. Elle traverse les siècles. Aujourd’hui encore, on retrouve cette fracture entre un pouvoir légal qui administre, réglemente, calcule, et un pays réel qui endure, nourrit, transmet et tient bon.

Sainte Geneviève n’est pas une figure de rupture. Elle est une figure de continuité.

Elle ne rêve pas d’un ordre nouveau. Elle protège l’ordre vital. Elle ne détruit pas ce qui existe : elle le maintient debout.

C’est là une leçon politique majeure. Une société ne survit pas par l’innovation permanente, mais par la fidélité à ses structures naturelles: la famille, la terre, la cité, la foi. Lorsque ces réalités sont attaquées ou méprisées, la nation entre en péril.

Ceux qui, aujourd’hui, dans les provinces, dans les campagnes, dans les métiers concrets, refusent de disparaître sous les normes, les injonctions et les abstractions, sont dans cette même logique. Ils ne réclament pas l’utopie. Ils réclament le droit de rester ce qu’ils sont.

Sainte Geneviève n’est pas une idéologue. Elle ne propose pas un modèle théorique. Elle s’oppose, par sa seule présence, à toutes les constructions artificielles.

Elle rappelle que la politique n’est pas d’abord affaire de discours, mais d’ordre; pas de slogans, mais de hiérarchie; pas de promesses, mais de devoirs. Elle incarne une vérité que le monde moderne refuse : la primauté du réel sur l’idée.

C’est pourquoi elle dérange encore. Car elle montre qu’un peuple peut être gouverné sans propagande, sans agitation, sans violence, simplement par la légitimité d’une âme droite.

Sainte Geneviève, patronne de Paris, est aussi la sainte du pays réel.

Elle veille sur tous ceux qui refusent la fuite, qui ne pactisent pas avec l’ennemi, qui ne désertent pas leur poste. Elle enseigne qu’il n’y a pas de politique sans fidélité, pas d’autorité sans service, pas de cité sans prière. Et que le vrai pouvoir appartient à ceux qui restent quand tous les autres se sont tus.

Dans ce siècle sans foi ni racine, il ne faudra peut-être qu’une poignée de saints pour relever ce que des générations de technocrates ont trahi.

Et dans ce combat, le premier mot d’ordre est le même qu’au Ve siècle : ne pas fuir.

Mathieu Goyer

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