André Chéradame (1871-1948) était un journaliste français spécialisé dans les questions géopolitiques de son temps, notamment dans la condamnation du pangermanisme et de sa propagande.  

Il a travaillé au Petit Journal, fut directeur de la Revue L’énergie française et du bimensuel Le Français réaliste. Fervent patriote, il joua dès 1909 un rôle de propagateur dans la naissance du scoutisme en France. Il devint ensuite le premier Président du mouvement des Éclaireurs de France de 1911 à 1914.

Il est aussi l’auteur de plusieurs livres consacrés à l’Europe centrale et balkanique, en particulier centrés sur les questions nationales liées à l’Empire austro-hongrois et à la question allemande. Pendant la Première Guerre mondiale, il dénonce à plusieurs reprises la politique germanique, qu’il interprète comme une vaste entreprise de domination du monde. Ensuite, dans l’entre-deux-guerres, ses ouvrages dénoncent notamment la situation politique française consécutive au conflit, et la politique américaine liée au remboursement des dettes interalliées. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il part pour les États-Unis en exil et reprend ses publications géopolitiques, toujours dans le sens de la dénonciation du pangermanisme.

Avec cet ouvrage Les causes lointaines de la guerre, André Chéradame cherche avant tout à démontrer que la France n’a aucune responsabilité dans la Première Guerre mondiale, s’opposant notamment ainsi à Alfred Fabre-Luce et son livre La Victoire. Selon la thèse de Chéradame, les deux grandes raisons lointaines de ce premier conflit mondial sont le pangermanisme d’une part, et le pacifisme d’autre part.

Les causes lointaines de la guerre, André Chéradame, éditions Omnia Veritas, 160 pages, 19 euros

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3 commentaires

  1. Le pangermanisme est un terme élastique. On ne regrette pas la disparition de celui de la Prusse, sorti en fin de compte du Congrès de Vienne en 1815 et qui s’est terminé avec la défaite militaire de 1945 suivie de l’abolition formelle de la Prusse par les Alliés en 1947.
    Cette abolition ne semble pas pourtant empêcher le gouvernement de la R.F.A. d’entretenir une ‹ Stiftung preußischer Kulturbesitz ›, expression grammaticalement irrégulière (puisqu’on s’attend à ‹ Stiftung preußischen Kulturbesitzes › ‘fondation [se concernant] de la propriété culturelle prussienne’ ou ‹ Stiftung für den preußischen Besitz › ‘fondation pour la propriété culturelle prussienne’) comprise – inconsciemment par la plupart – comme « fondation s’occupant de la propriété culturelle d’une Prusse encore en quelque sorte existante », puisqu’on ne dit ni ‹ Stiftung ehemals preußischen Kulturbesitzes › ni ‹ Stiftung für ehemals preußischen Kulturbesitz ›, dans les deux cas ‘fondation pour la propriété culturelle de la ci-devant Prusse’.
    Dans l’expression « Stiftung preußischer Besitz » en tant qu’appellation, on voit en vertu des deux nominatifs en apposition abusive une équivalence des deux choses, c’est-a-dire qu’on est mené à l’équation de ‹ Stiftung › avec ‹ preußischer Besitz ›, donc la fondation serait la même chose que la propriété prussienne (plutôt que celle de la R.F.A.), donc la propriété prussienne existe encore, donc la Prusse existe encore (quoi qu’en disent les Alliés, y compris les Français). Je n’oserais pas dire ceci en allemand ; je pense aux films de guerre américains wo l’interrogateur de la Gestapo dit au prisonnier « vi heff vayss off dealing viss you ».
    Le pangermanisme de Chéradame et de la plupart de ceux qui utilisent le terme s’applique seulement aux Germains de l’Ouest, pas aux Germains du Nord (Scandinaves), pas aux Germains de l’Est (Goths, qui se sont éteints au cours du XVIIIe en Crimée), et parmi les Germains de l’Ouest, seulement à ceux qui parlent des dialectes du nouveau haut-allemand, donc en excluant les Frisons et les Anglais. Le pangermanisme de Charlemagne, dont la langue maternelle était bien sûr le vieux haut-allemand, a résulté dans le fait que des trois nations du Saint-Empire Romain (Germains de l’Ouest, Italiens et Bourguignons) les Germains, qui s’appliquaient dans leur propre langue en succession les noms thiudisc (—› lat. Theodisci), diutisc, diutsch/tiutsch, teutsch/deutsch, étaient de loin les plus nombreux. Mais l’élément tudesque du Saint-Empire, de loin le plus important en nombre de parleurs, ne pensait point à la pangermaine ; l’élement de deuxième importance, l’italien, est devenu panitalien seulement au XIXe, longtemps après la résignation de François Ier en tant que Saint Empereur et le commencement de la vacance de l’Empire (cf. Missale Romanum avant Bugnini) qui continue ; et le troisième ours, l’élement bourguignon, était encore moins panbourguignon. Ce sont les Prussiens qui ont inventé un pangermanisme à mener par eux, et qui malheureusement ont gagné au XVIIIe contre Marie-Thérèse en Silésie et au XIXe à Hradec Králové (Königgraetz, Sadowa) contre l’Autriche pour s’imposer à la partie non-autrichienne de l’Allemagne comme un Deutsches Reich — qui excluait l’Autriche ! Toujours est-il que même Bismarck en 1871, même Hitler qui a quand même avale l’Autriche entre 1938 et 1945, n’ont pas osé appeler leur État Deutschland (à Hitler quand même manquait encore le Tyrol du Sud, détaché de l’Autriche en 1919), et je me demande souvent pourquoi les Alliés ont laissé passer en 1949 l’appellation ‹ Bundesrepublik Deutschland › ‘République Fédérale Allemagne’ au lieu de « Deutsche Bundesrepublik » ‘République Fédérale Allemande’, comme « Deutsche Demokratische Republique » et « République Démocratique Allemande », lesquelles n’abusent pas de la langue pour arriver à leur but. Ainsi a-t-on permis à la même appellation abusive qui avait été laissée passer en 1949 à passer, en vertu du traité de paix pudiquement appelé « traité de 4 + 2 » qui mit fin à la 2e guerre mondiale, en 1990 en droit international. Avant 1990 il n’y avait jamais eu d’État qui s’appelait ‘Allemagne’. On se servait du mot bien sûr, mais comme toujours, dans toutes les langues, pour parler des région et culture de langue allemande; cf. « la musique allemande classique », parmi laquelle celle de Haydn, de Schubert, de Johann Strauß, de Mahler etc., tous des Autrichiens. Ceux-ci ne parlaient quand même pas l’autrichien, tout comme Guillaume Tell et Mme de Staël ne parlaient pas le suisse, ce sans parler du fait que Mozart, né à Salzbourg, n’était pas Salzbourgeois, mais par son père Augsbourgeois, et de son vivant Salzbourg n’avait jamais fait partie de l’Autriche non plus. Les gens racontent n’importe quoi. En ce qui concerne l’Autriche, je suis très content que le nouveau gouvernement fasse des ouvertures au pays de Višegrad. Peut-être qu’on convoquera les Électeurs (l’évêque de Ratisbon comme seul survivant Électeur spirituel, plus les héritiers des Électeurs temporels) pour élire M. Orbán comme roi des Romains, qu’ensuite ledit Électeur spirituel couronnera comme Empereur à Francfort, à Ratisbonne ou en défaut (comme c’est sans doute malheureusement le cas) à Vienne en Autriche, ou il y a tout le nécessaire dans la Hofburg.

  2. « Selon la thèse de Chéradame, les deux grandes raisons lointaines de ce premier conflit mondial sont le pangermanisme d’une part, et le pacifisme d’autre part. »

    André Chéradame s’est lourdement trompé, car ce sont les intrigues d’Edouard VII qui sont responsables de la Première Guerre mondiale, comme le prouvent ces trois articles :

    « Le Roi Edouard VII de Grande-Bretagne : démiurge maléfique de la Triple Entente et de la Première Guerre Mondiale (Partie 1) » : https://reseauinternational.net/grande-bretagne-demiurge-malefique-de-la-triple-entente-et-de-la-premiere-guerre-mondiale-partie-1/

    • Geneviève says:

      Oui, vous avez entièrement raison, les responsables de la Première Guerre Mondiale sont bien anglo-saxons.
      Merci pour cet article bien documenté !

      On peut aussi lire le livre de Gerry Docherty et Jim MacGregor : « L’Histoire occultée : les Origines secrètes des Causes de la Première Guerre Mondiale », avec une préface de Pierre Hillard dans la traduction française.
      En partie inspirée des travaux du professeur Carroll Quigley, « l’Histoire occultée… » est une dénonciation sans pareille des vrais responsables de la Première Guerre mondiale. Ce livre révèle comment le matériel concernant les origines de la guerre a été délibérément falsifié afin d’évacuer la culpabilité d’une cabale secrète, sise à Londres, d’impérialistes britanniques éminemment riches et puissants qui se trouvent être à l’origine d’un des crimes les plus odieux qui aient été perpétrés contre l’humanité.
      Ces hommes ont pendant une dizaine d’année comploté la destruction de l’Allemagne en tant que première phase d’un projet d’asseoir leur très anglo-saxonne domination sur le monde. L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche ne doit absolument rien à un hasard malheureux. Il a mis le feu à une traînée de poudre qui avait été soigneusement répandue selon les ordres d’une chaîne de commandement qui s’étendait de cette cabale londonienne à Sarajevo, en passant par Belgrade, Saint-Pétersbourg et Paris.
      La compréhension que nous avons de ces événements a été résolument prise au piège d’une toile de mensonges et autres faux-semblants, soigneusement tissée par les vainqueurs en 1919 à Versailles, et entretenue depuis lors par de dociles historiens. La version officielle de la Première Guerre mondiale est sérieusement à remettre en question étant donné la quantité de preuves qui ont été délibérément détruites ou soustraites au regard du public.

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