Une très ancienne tablette en argile, trouvée à Ougarit en Syrie, porte un titre bilingue, en hourrite ašhulumma ‘élévation’ et en ougaritique qir’atu ‘récitation’, qui, à mon sens, exprime les deux piliers de la religion : l’élévation mystique vers Dieu et la récitation liturgique. Les deux ne peuvent aller l’une sans l’autre, et l’humanité le savait déjà il y a 3000 ans et plus.

Habitant non loin d’Argenteuil, j’ai pu me rendre à l’ostension de la Sainte Tunique du Christ, plusieurs fois, dont une fois pour assister à la messe, donnée dans la forme dite nouvelle, quoiqu’elle ait maintenant presque un demi-siècle. Remercions chaleureusement toutes les personnes qui ont rendu cette ostension d’avoir lieu dans les meilleures conditions.

MPI - 92 - 01 - Tunique - (2)

Etant maintenant bien rôdé à la messe à l’ancienne, et n’ayant jamais été convaincu par la messe nouvelle, le retour dans la liturgie modernifiée m’a inspiré quelques réflexions, en tant que simple fidèle, catholique dans la mesure de mes moyens.

Il me semble que la liturgie modernifiée a pour premier effet manifeste que les fidèles sont plus ou moins paumés. La liquidation quasi-totale de la gestuelle : assis, debout ou agenouillé, déstructure complètement la messe et aboutit au résultat pratique que les fidèles ne savent pas où ils (en) sont. C’est en tout cas l’impression que beaucoup m’ont donnée. Je ne pense pas que ce soit leur faute : cette messe modernifiée est foncièrement cacophonique et désorganisée. 

C’est à mi-chemin entre Woodstock et le carnaval des fous, une espèce de happening liturgique.

L’autre point, beaucoup plus grave en tant que fidèle et croyant, est l’atroce poignée de main en plein milieu de la messe. Ce geste qui se veut « fraternel » à la sauce bisounours est en réalité gravissimement toxique et vicié, sur le plan de la foi. En effet, au moment même où l’on rentre dans la partie de la messe qui se tourne le plus vers Dieu et où commence l’élévation mystique, devant culminer avec la communion eucharistique, le fidèle est brutalement rabattu vers le sol par cette poignée de main terrestre, totalement incongrue et inopportune à ce moment de la messe. Tout élan mystique est en pratique détruit et ravagé. C’est puissamment insupportable.

MPI - 92 - 02 - la-messe-de-toujours -

J’ai beaucoup lu et relu le livre La messe de toujours, très riche en citations de Mgr Lefebvre. Sauf erreur de ma part, les nombreuses critiques théologiques et pratiques de la messe modernifiée ne mentionnent pas cette atroce poignée de main en plein milieu de la messe, qui brise les reins de toute élévation mystique.

En tant que simple fidèle, je considère que cette messe modernifiée est mauvaise sur deux points essentiels : elle entrave l’élévation mystique et elle saccage la récitation liturgique. Autant dire que cette messe ne respecte pas le b.a.ba de la religion.

On pourra regarder avec intérêt la vidéo suivante, entretien avec Patrick de La Rocque, actuel curé de l’église Saint Nicolas du Chardonnet, à Paris. 

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13 commentaires

  1. Le Padre Pio, lui qui avait ses stigmates qui saignaient pendant le Saint Sacrifice de la messe, n’a jamais accepté « la nouvelle messe »; ça veut tout dire !

    • Nicolas says:

      Pouvez vous nous apporter une preuve que st padré Pio n’a jamais accepté le nouveau rituel svp ? Merci

      • Je l’ai lu dans un article écrit par le père Jean, capucin de Morgon :

        « Padre Pio et le Novus Ordo Missae

        Il était un modèle de respect et de soumission envers ses supérieurs religieux et ecclésiastiques, spécialement quand il était persécutté. Malgré cela, il ne put rester silencieux devant les déviations qui étaient funestes à l’Église. Avant même la fin du Concile, en février 1965, quelqu’un lui annonça qu’il allait bientôt devoir célébrer la Messe selon le nouveau rite, ad experimentum, en langue vernaculaire, rite qui avait été composé par une commission liturgique conciliaire en vue de répondre aux aspirations de l’homme moderne. Padre Pio écrivit immédiatement au pape Paul VI, avant même d’avoir vu le texte, pour lui demander d’être dispensé de cette expérience liturgique et de pouvoir continuer à célébrer la Messe de saint Pie V. Quand le cardinal Bacci vint le visiter pour lui apporter l’autorisation demandée, Padre Pio laissa échapper une plainte en présence du messager du pape : « Par pitié, mettez fin, vite, au Concile. »

        Cette même année, au milieu de l’euphorie conciliaire qui promettait un nouveau printemps de l’église, il confia à l’un de ses fils spirituels : « En ce temps de ténèbres, prions. Faisons pénitence pour les élus »; et surtout pour celui qui doit être leur pasteur ici-bas : pendant toute sa vie, il s’immola pour le pape règnant, dont le photographie était l’une des rares images qui décoraient sa cellule. »
        http://fsspx.com/Communicantes/Oct2002/French/Padre_Pio_et_le_Novus_Ordo_Missae.htm

      • pamino says:

        S’il a célébré dans le nouveau rite, on doit supposer qu‘il l’avait accepté. Dans le cas contraire et en l’absence d‘une déclaration de sa part, il semble impossible de prouver quoi que ce soit ; on ne peut que deviner.

        ************************

      • balanine says:

        A chaque fin de Stes Messes auxquelles j’assiste, une seule phrase me vient à l’esprit : Merci Mon Dieu de pouvoir assister à de telles Messes…. En effet, ce sont des Messes dites traditionnelles et ayant malheureusement dû aller à des messes conciliaires pendant plusieurs années, sinon : pas de messe, je me dis que c’est une grâce que d’avoir pas trop loin de chez soi (25kms) une Eglise où la Ste Messe est de rit tridentin (FSSPX). Lorsque l’on a connu dans son enfance ce « genre » de Messes on ne peut plus s’en passer… Une joie, une paix une grandeur de FOi me remplissent..
        A la sortie des Messes conciliaires, j’en ressortais triste, malheureuse, vide..

      • Emily says:

        Le Bon Dieu l’a rappelé avant … fort heureusement.

  2. Rémi de Völn says:

    Les modernistes se sont approprié le terme « messe », en y accolant les qualificatifs « nouvelle », ou « de rite ordinaire », ou « de Paul VI ».
    Il ne peut y avoir DEUX « messes », totalement différentes, que dans l’esprit dérangé de ces hérétiques.
    Il n’y a qu’une Messe, le Saint Sacrifice institué il y a 2 000 ans par Dieu Lui-même.

  3. cpamoa says:

    Le St Padre Pio est entré dans la Vie le 23 septembre 1968.
    Le Novo Ordo Missae a été promulgué par le décret du 6 avril 1969…

    La question qui reste est : le Padre Pio a t’il eu connaissance du projet de « Messe normative », projet refusé par le Synode d’octobre 1967 ?

    • Dès 1965 le Pape Paul VI célébra en public une messe tournée vers l’assemblée,nous trouvons des missels édités dès la fin du concile en langue vernaculaire.
      Les prêtres n’ont pas attendu 1969 et le Missel Romain dit de Paul VI pour retirer les tables de communion,retourner les autels,supprimer le latin et massacrer la liturgie.
      Le saint Padre Pio a demandé au pape Paul VI l’autorisation de continuer à célébrer la messe selon le missel de 1962,le pape le lui a accordé.
      Je suppose que ses confrères capucins avaient déjà abandonné la tradition et retourné l’autel,le saint Padre Pio continua donc à célébrer la messe de son ordination mais tourné dans le mauvais sens.
      A plusieurs reprises,selon les témoignages,le saint religieux avait affirmé qu’il fallait cesser ce concile.
      Le ministre général des Capucins en 1966 est venu demander à saint Padre Pio de bénir le texte des nouvelles constitutions de l’Ordre comme le concile l’avait ordonné à tous les Instituts religieux,Padre Pio lui aurait déclaré qu’à Rome ils étaient devenus fous.
      Une folie qui coûte bien cher aux capucins ,pour ne prendre que leur exemple,car de plusieurs milliers en France il ne reste qu’à peine une centaine de religieux ,leur maison la plus importante se trouve à Angers,la maison de retraite avec plus de trente religieux.
      A Blois la basilique érigée par ces religieux ,Notre-Dame de la Trinité, voit partir les derniers frères alors qu’il s’agissait d’un important lieu de pèlerinage,cette basilique a été dédicacée juste après guerre en 1947.

  4. Armorica says:

    J’agrée toute la justesse de cet article. La Messe traditionnelle permettait un recueillement en Soi vers Dieu, une élévation remarquable pour transcender la dualité du monde. Le latin devenait une langue sacrée face à une matérialité envahissante. L’exemplaire poignée de main incongrue achevait dans une brutale tangibilité l’aspiration de l’Âme vers bas pour revêtir la messe de simagrées, oripeaux ornementaux d’un monde grégaire, trompeur, consommatoire et infantilisant. Je n’entre plus dans une église qu’en dehors de ces messes socialistiques.

  5. balanine says:

    Un « clic » trop rapide….
    Le St Padre Pio est décédé avant le Novus Ordo Missae…

  6. Le Padre Pio a refusé cette nouvelle messe avant qu’elle ne soit mise en vigueur. Et Dieu a voulu qu’il meure avant.
    Mgr Lefebvre avait rencontré le Padre Pio.
    http://archives.leforumcatholique.org/consulte/message.php?num=161039

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