Williams Burns, directeur de la CIA
Williams Burns, directeur de la CIA

La CIA maintient 12 bases secrètes près de la frontière avec la Russie. C’est ce qu’a révélé le journal américain New York Times sur la base de « 200 entretiens avec des responsables et anciens responsables en Ukraine, aux États-Unis et en Europe ». Encore une fois, les fameux « complotistes » avaient raison avant les autres de dénoncer l’œuvre belliqueuse des comploteurs tels la CIA.

Dans une enquête du New York Times, on apprend l’existence de 12 bases américaines en Ukraine, à la frontière avec la Russie

La Central Intelligence Agency (CIA) américaine possède 12 bases dans des lieux secrets sur le territoire ukrainien, le long de la frontière avec la Russie, et jeudi dernier, le directeur de l’agence, William Burns, s’est rendu en Ukraine pour la dixième fois depuis le début du conflit en Europe de l’Est. C’est ce que révèle l’enquête extrêmement fouillée des journalistes Adam Entous et Michael Schwirtz du New York Times, sur la base de « 200 entretiens avec des responsables et anciens responsables en Ukraine, aux Etats-Unis et en Europe ».

Selon l’article, le gouvernement ukrainien aurait conclu un vaste partenariat avec la CIA contre la Russie. Cette coopération, qui impliquait l’établissement de 12 « bases opérationnelles avancées » secrètes de la CIA le long de la frontière entre l’Ukraine et la Russie, n’a pas commencé avec l’invasion russe de 2022, mais il y a un peu plus de 10 ans.

Quelques jours après la révolution Euromaïdan de février 2014, qui a culminé avec l’éviction du président Viktor Ianoukovitch et a inauguré un gouvernement résolument pro-occidental, le nouveau chef du Service de sécurité ukrainien (SBU), Valentyn Nalyvaichenko, aurait proposé un « plan à trois « un partenariat de manière » avec la CIA et le MI6, le service de renseignement extérieur du Royaume-Uni.

Cette coopération entre la CIA et l’Ukraine a débuté à quelques jours après la révolution Euromaïdan de février 2014

Les opérations de la CIA en Ukraine remontent donc à fin février 2014, et ont permis, entre autres, de former de nombreux spécialistes du renseignement au sein des forces armées et des agences de sécurité ukrainiennes : l’un d’entre eux serait Kyrylo Budanov, actuel chef de la Direction principale du renseignement du ministère ukrainien de la Défense.

Selon le New York Times, vers 2016, la CIA a commencé à former une unité spéciale des forces ukrainiennes connue sous le nom d’« Unité 2245 », chargée d’opérer au-delà de la frontière et de prendre possession de drones et de systèmes de communication militaires russes pour les livrer aux techniciens de la CIA, pour les activités de décryptage. Le colonel Kyrylo Budanov devait servir précisément dans cette unité et a été diplômé d’un de ces programmes de formation de la CIA, alors qu’il était lieutenant.

La CIA aurait également aidé à former « une nouvelle génération d’espions ukrainiens qui travaillaient en Russie, en Europe, à Cuba et dans d’autres endroits où la Russie maintient une présence significative ». Les détails du partenariat entre les agences de renseignement américaines et ukrainiennes seraient « un secret jalousement gardé depuis une décennie maintenant », et l’échec du Congrès à refinancer l’aide à l’Ukraine pourrait « forcer la CIA à réduire certaines de ces activités ». Cette coopération, comme le Times l’a minutieusement souligné, est allée bien au-delà de l’aide à l’Ukraine pour se défendre contre la Russie dans un sens étroit et technique : l’Ukraine a plutôt été entraînée dans une coalition occidentale dans le but de mener une guerre fantôme à grande échelle contre la Russie.

Washington a inutilement alimenté les pires craintes de la Russie, précipité l’invasion, et menti ensuite pour accuser la Russie

Comme l’explique un autre quotidien américain Responsible Statecraft (RS), « Cet article explosif du NYT montre comment Washington a inutilement alimenté les pires craintes de la Russie et précipité l’invasion, justifiée ou non ». Et les mensonges du cœur du Deep State étatsunien qui osait, en union avec l’Union Européenne et von der Leyen, parler « « de la guerre d’agression injustifiée et non provoquée de la Russie contre l’Ukraine ».

Responsible Statecraft expose dans son analyse de cette information cruciale le problème majeur de cette coopération : « Le problème réside […] dans la perception fondamentale de la sécurité. Moscou a averti à plusieurs reprises – pendant de nombreuses années avant 2014 – qu’elle était et reste prête à prendre des mesures drastiques pour empêcher l’Ukraine d’être utilisée par l’Occident comme base d’opérations avancée contre la Russie. Pourtant, comme le raconte en détail le New York Times, c’est précisément ce qui s’est produit au cours des dix dernières années. »

Et que l’Ukraine fasse ou non partie de l’OTAN est secondaire pour la Russie dans une telle configuration : « l’Ukraine peut jouer le rôle d’avant-poste anti-russe sur le flanc oriental de l’OTAN sans jamais rejoindre formellement l’alliance, ce qui est également inacceptable pour le Kremlin » souligne RS qui ajoute :

« il ne fait aucun doute que les activités décrites dans cet exposé constituent, du point de vue du Kremlin, une terrible provocation et seraient considérées comme telles par les États-Unis si la situation était inversée et qu’une superpuissance rivale établi de telles bases au Mexique ».

Et RS de conclure fort justement :

« On ne sait pas exactement quels intérêts concrets des États-Unis ont servi ces activités conjointes de renseignement. Ils n’ont certainement pas facilité la désescalade entre Moscou et Kiev ni favorisé la stabilité régionale […]. D’un autre côté, il est assez facile de voir comment l’approfondissement des relations entre Kiev et la CIA a inutilement alimenté les pires craintes sécuritaires de Moscou et précipité sa conclusion – justifiée ou non – selon laquelle elle devait agir de manière décisive face à un conflit implacable avec l’Occident, sur l’Ukraine. »

Francesca de Villasmundo

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