Inexistante avant 1945, ne comptant alors que 2 croiseurs légers modernes, le Ning Hai et le Ping Hai, tous deux coulés par les Japonais le 23 septembre 1937, renfloué et intégrés dans la marine japonaise sous les noms de Ioshima (coulé le 19 septembre 1944 par le sous-marin américain Shad) et Yasoshima (coulé le 25 septembre 1944 par l’aviation américaine), ainsi que 8 croiseurs périmés. Lors de son alliance avec l’URSS, la marine chinoise fut d’abord équipée de matériel soviétique, puis de réplique chinoise de navires soviétiques. Elle n’a acquis son autonomie par rapport à l’armée de terre qu’en 1990 et n’est devenue une marine de guerre de haute-mer qu’en 2009. La Chine est depuis 2016 la seconde flotte mondiale avec 1.2 million de tonnes, après avoir dépassé la Russie (1.15 millions), derrière les Etats-Unis (3 millions). Derrière la Russie, on trouve le Royaume-Uni (0.41), le Japon (0.4), l’Inde (0.3 million) et la France (0.28 million). Preuve de la course aux armements en Asie, la Corée du Sud dépasse l’Italie et s’installe à la 8e place avec 0.18 million.

En 2018, la Chine a mis en service 16 (19 à la fin de l’année) navires de guerre, ses arsenaux continuant à lancer frénétiquement navire sur navire (25 navires lancés en 2018), ce qui va amener, si cela n’est déjà fait, une accélération des programmes américains, les Etats-Unis ayant 740.000 tonnes de navires de retard pour maintenir son dogme du 2 à 7 (la taille de la marine américaine doit être égale à celle cumulée des marines de guerre situées entre le 2e et le 7e rang mondial). La Chine étant avec la Corée du Nord le pays le plus hermétique au monde quant à l’état de sa marine (on ne connait ainsi pas le nom et même le nombre de ses sous-marins et même le nombre des navires de surface est approximatif). Les 19 navires mis en service sont :

  • Un navire dit « LPD » (transport de chalands de débarquement,équivalent à l’ancienne classe Foudre de la marine française), le Longhu Shan (d’autre sources disent Lungfu Shan), le 5e de la série 071, mis en service le 11 septembre et jaugeant 20.000 tonnes. Le 6e et dernier navire de cette série, le Tanggula Shan, a été lancé le 20 janvier 2018 (et donc sera en service aux alentours de mars 2019), capable de transporter jusqu’à 800 hommes ou 20 chars.
  • Quatre voire six destroyers, les Ürümqi, Nanjing, Guiyang et Hohhot, tous de la série 052D. Il s’agit de navires jaugeant 7.500 tonnes et capables de tirer des missiles supersoniques de type YJ-18 contre les navires. Ils sont les 7e, 8e, 9e et 12e d’une série qui doit compter au total 26 bâtiments. Les 10 et 11e, le Chengdu et le Taiyuan, devraient être en service à la fin de l’année. Les 14e et 15e ont été lancés cette année (dont le Zibo).
  • Trois voire quatre frégates de type 054-A, le Rizhao, l’Anyang, le Xianning, 26e, 27e et 28e d’une série qui doit en compter 32. Elles jaugent 4.000 tonnes et peuvent tirer des missiles de croisière C-803. La 29e, le Nantong, est attendue pour la fin de l’année et la 30e, le Zaozhuang, a été lancée le 30 juin.
  • Quatre corvettes (classifiée frégates dans la marine chinoise) de type 056-A, le Wuhai, le Zhang Wei, le Deyang et le Nanchong. Elles jaugent 1.300 tonnes et tirent également des missiles. 8 d’entre-elles ont été lancées en 2018 : Bazhong, Guang’an, Dingzhou, Mudanjiang, Xiaogan, Zhangzhou et deux autres aux noms inconnus, portant le total de navire de ce type à 52.
  • Quatre aéroglisseurs de type 726-A, tous mis en service le 10 janvier, d’une jauge de 150 tonnes et transportant 70 hommes ou 1 char ou 2 véhicules de combat d’infanterie. 10 autres de ces navires ont été lancés cette année.

En ce qui concerne les navires lancés, outre ceux cités plus haut :

  • Trois croiseurs de Type 055 (qualifiés de destroyers par les Chinois), jaugeant 13.000 tonnes, les trois premiers d’une série qui en comptera 8. On sait le nom du premier, le Nanchang, il semblerait que celui du second soit le Lhassa.

Hristo XIEP

Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !

Un commentaire

  1. Locksman says:

    Il semble que la Chine cherche à combler rapidement son retard.
    C’est important la marine, la planète est à plus de 2/3 submerger, les bateaux sont capable de transporter des charges bien plus lourdes et pour beaucoup moins chère que les avions, trains, camions, grâce à la portance de l’eau.
    C’est sur les bateaux qu’ont peut installer les plus gros calibre de canon existant, des hélicoptères, des avions, poste de commandement, antenne chirurgicale, stock de ravitaillement, base radar mobile et tant d’autres chose utile pour faire la guerre. Et bien entendu c’est grâce aux bateaux qu’on assure la force de projection d’une armée.

    La suprématie maritime est cruciale pour dominer le monde et ce n’est pas aux ricains qu’on va l’apprendre.

    “dogme du 2 à 7 (la taille de la marine américaine doit être égale à celle cumulée des marines de guerre situées entre le 2e et le 7e rang mondial).”

    Autrement dit, même une coalition des meilleurs marines du monde ne pourrait, théoriquement, les vaincres.
    La Chine cherche à se donné les moyens de protéger son “espace vitale” qui devra logiquement contenir le tracé des nouvelles routes de la soie tant promu par Xi Jinping.
    Vu sous cet angle la confrontation semble inévitable…