
Une nouvelle loi liberticide pour protéger Israël : première partie
Il est donc question de serrer très prochainement le nœud coulant autour de nos libertés concernant Israël.
Remettre en cause l’existence de l’État hébreu sera bientôt sanctionné pénalement au motif que cela mettrait les Juifs en danger. Vous pourrez en revanche faire l’apologie des destructeurs de la France sans qu’il vous en coûte.
Cependant, la loi n’est pas encore votée et, comme le naïf que je suis a confiance en la justice de son pays, qu’il me soit permis de faire usage sans crainte d’une liberté avant qu’elle ne nous soit enlevée. On ne peut (pour l’instant au moins) me reprocher d’enfreindre une loi qui n’existe pas.
L’enjeu ici n’est pas tant de contester l’existence d’un État internationalement reconnu que de mettre toutes les options sur la table et de faire usage d’un droit tant que nous l’avons.
Je n’ai jamais caché ma position personnelle. J’estime qu’étant donné que sur le territoire de l’actuel Israël vit une population très diversifiée tant du point de vue ethnique que religieux, il est peu raisonnable d’espérer la paix en donnant la suprématie à un groupe en particulier.
Trop peu nombreux sont ceux qui connaissent l’histoire et qui ont conscience de l’agitation et des tumultes qui ont entouré la naissance de l’État d’Israël.
Israël est issu du sionisme, mouvement intrinsèquement ultra-violent.
Sans entrer dans trop de détails, il convient de rappeler quelques faits non contestés certes, mais que les héritiers contemporains du sionisme s’efforcent d’oublier, de relativiser ou de justifier :
– 12 avril 1938, bombe dans un train à Haïfa : quatre morts dont deux Britanniques, – 19 juin 1938, bombe au marché arabe de Haïfa : 18 Arabes tués dont des femmes et des enfants.
La liste est loin d’être exhaustive, et les mouvements Irgoun et Lehi qui revendiquent les attentats les justifieront comme des représailles à des actions arabes.
À noter sans justifier la violence d’où qu’elle vienne que s’opposent des gens qui sont chez eux à d’autres qui viennent d’ailleurs et qui s’estiment chez eux.
Notons également (que cela plaise ou non) que ceux qui s’estiment chez eux non seulement s’opposent à la présence autochtone, mais aussi à celle des Britanniques qui exercent sur ces territoires un mandat conféré par une organisation internationale.
Par conséquent, on est tenté de penser que la propension des héritiers du sionisme à ne pas respecter les décisions internationales remonte à loin.
Si la violence terroriste connaît une trêve lorsqu’éclate la Seconde Guerre mondiale, les attentats reprennent dès lors qu’il semble évident que les forces alliées vont l’emporter.
Ainsi, le 6 novembre 1944, Lord Moyne est assassiné au Caire. Le 27 décembre 1945, l’Irgoun et le Lehi mènent une action coordonnée à Jérusalem et à Haïfa contre la police britannique qui fait 10 morts.
Et puis, comment passer sous silence l’attentat de l’hôtel « King David » à Jérusalem qui coûtera la vie à 91 personnes : Arabes, Juifs et mandataires britanniques, puisque l’hôtel abritait l’administration britannique.
Le 31 octobre de la même année, une bombe fait trois blessés et de gros dégâts à l’ambassade du Royaume-Uni à Rome. Difficile à cette occasion de justifier des représailles contre les Arabes n’est-ce pas ?
Les mouvements Lehi et Irgoun donneront au jeune État d’Israël deux Premiers ministres, Yitzhak Shamir et Menahem Begin, tristement célèbre pour avoir mis la main (et en tout cas ne pas avoir empêché) aux massacres de Sabra et Shatila au Liban qui firent au bas mot plusieurs centaines de morts entre le 16 et le 18 septembre 1982… Mais on s’égare.
Toujours est-il que certaines réserves sur l’existence d’un État né sous d’aussi « heureux auspices » peuvent se justifier ou faire débat.
Or c’est précisément ce que veulent empêcher Caroline Yadan, ses amis et au-delà, par une proposition de loi visant à réprimer toute expression contestant Israël comme État.
Mais il y a autre chose de choquant : la première loi du jeune État d’Israël a été d’autoriser tout juif sans restriction et d’où qu’il vienne à s’installer en Israël.
Certains m’objecteront que pourquoi pas puisqu’il est admis que les juifs ont désormais un territoire.
Sauf que pendant que des personnes peuvent s’installer quelle que soit leur provenance, les réfugiés arabes exilés de chez eux pour fuir les attentats et les programmes ne sont pas autorisés à y retourner.
En résumé, il ne m’appartient pas de trancher pour savoir si oui ou non Israël a le droit d’exister en tant qu’État sous sa forme actuelle dans des frontières restant toujours à définir.
En revanche, j’espère avoir été compris en défendant dans ce papier le droit d’en débattre sans crainte ni restriction.
Jacques Frantz
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