La transmission de toute vie se fait depuis des milliards d’années par le fameux « chiffre de la vie » A T G C quatre acides aminés : Adénine Thymine Cytosine Guanidine. Ils forment de longues chaînes appelées ADN. La revue Nature de décembre 2014 publie des travaux qui peuvent être considérés comme l’aube d’un monde nouveau fabriqué différemment.

Il faut rappeler que ces acides aminés vont par paires AT et CG. Ils forment les barreaux de la fameuse hélice en forme d’échelle de meunier torsadée et constituant l’ADN. Leur regroupement constitue les gènes qui synthétiseront les tissus et les hormones de notre organisme. L’ensemble des gènes est appelé « génome ». Une équipe de l’Université de La Jolla en Californie sous la direction de Floyd Romesberg a réussi à introduire dans celui d’une bactérie appelée le génome, Escherichia coli, deux nouvelles paires de bases nucléiques. Elles sont appelées – excusez-moi du peu – d5SICS et dNaM.

Il y a certes là un exploit sensationnel dans la mesure où cette modification génétique est devenue héréditaire dans 99,4% des cas. Ce faisant, ce groupe de savants a réussi à créer une nouvelle forme de vie et par là ouvert la porte vers de nouvelles espèces inconnues.

Apparemment ces nouvelles « bases » en tant que telles n’étaient pas indispensables à la survie de ce nouveau micro-organisme. La prouesse était en réalité d’avoir fait accepter par un organisme vivant en l’occurrence Escherichia coli, de nouvelles données biologiques inconnues jusqu’à ce jour et de les avoir rendues héréditaires. Autrement dit un enjeu fantastique ayant abouti à ce qu’une bactérie ait réussi à fabriquer un véritable nouvel alphabet de la vie, un nouveau code de la génération, de la reproduction et de l’évolution. C’est autrement plus important que la découverte de Venter retricotant un génome entier.

Il est important aussi de savoir que si l’ADN crée un message (croissance, métabolisme, reproduction), il faut bien qu’il y ait une structure biologique qui le délivre à l’organisme. Ce sont les ARN ou acides ribonucléiques. Les bases en sont proches de l’ADN : Adénine, Guanine, Cytosine et Uracile. Philipp Holliger du laboratoire de biologie moléculaire de Cambridge a réalisé le même exploit que Romesberg pour l’ADN. Il a réussi à introduire dans l’ARN deux nouvelles bases appelées X et Y. Il a ainsi obtenu un ARN artificiel appelé AXN. (Publication de la revue Nature du 1er décembre 2014).

Se définit alors un nouveau concept : celui de biologie de synthèse. Effectivement, c’est tout un nouveau monde qui est en train de s’ouvrir avec de nouvelles formes de vie. C’est qui est aussi une porte ouverte vers une autre médecine entièrement nouvelle. Elle ne dépendra pas de données imposées par la nature mais de la recherche et la décision de l’homme.

Est-ce intéressant ? Certainement par exemple pour élaborer de nouveaux médicaments. Les possibilités de la biologie de synthèse sont théoriquement illimitées dans la mesure où elle crée des formes de vie étrangères à celles connues sur Terre ; elle émancipe le vivant de ses substrats naturels. C’est Christophe Colomb posant le pied sur l’îlot de San Salvador qui allait lui permettre de découvrir un Nouveau Monde et des continents entiers. Redéfinir un alphabet de la vie permet à terme de créer de nouveaux mots, des concepts inédits, des poèmes mystérieux.

En réalité ce nouveau micro-organisme « para-naturel » ne pourrait-il pas échapper à la main de l’homme et détruire l’écosystème ? N’y a-t-il pas un risque d’émanciper les espèces des limites que la nature leur a fixé ; ceci de manière irréversible ?

En réalité nous assistons-là à une véritable re-création de la nature. L’homme veut-il se substituer à Dieu dans la création elle-même ? Un gigantesque paysage s’offre désormais à nous. Les chemins qui vont naître sous les pieds des savants peuvent être infiniment bénéfiques ou, si nous n’y prenons garde, faire glisser l’Humanité dans un précipice sans fond.

                                                                  Dr Jean-Pierre Dickès

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