« Nous entendons parler de portes ouvertes depuis des années, mais nous avons aussi entendu dire que nous ne pouvons pas entrer. »

L’Ukraine ne rejoindra pas l’OTAN. Le jour de la reprise des négociations entre les délégations russe et ukrainienne, Volodymyr Zelensky a fait des déclarations importantes qui pourraient avoir un impact à la fois sur la poursuite de la guerre que sur les négociations diplomatiques en cours.

Dans son discours en ligne devant le Joint Expeditionary Force (Jef) britannique – le corps expéditionnaire militaire dirigé par le Royaume-Uni – le président ukrainien a expliqué que Kiev ne fait pas partie de l’OTAN et doit reconnaître qu’elle ne peut y entrer. « L’Ukraine se rend compte qu’elle n’est pas dans l’OTAN. Nous sommes des gens raisonnables. Nous entendons parler de portes ouvertes depuis des années, mais nous avons également entendu dire que nous ne pouvons pas y entrer, et nous devons le reconnaître. Je suis heureux que notre peuple commence à comprendre cela et à ne compter que sur ses forces et les partenaires qui nous aident », a déclaré Zelensky.

Le président d’Ukraine a cependant continué à demander aux alliés occidentaux une zone d’exclusion aérienne pour le ciel de l’Ukraine, demande qui a été formellement rejetée par la France et l’Italie, ajoutant qu’il comprenait les conséquences que cela pourrait entraîner. En tout cas, il a réitéré sa demande en insistant sur un risque improbable cependant pour les nations voisines :

« les roquettes russes vont toucher le sol de l’Otan ».

« Si vous ne fermez pas nos cieux, ce n’est qu’une question de temps avant que les roquettes russes atterrissent sur votre territoire, sur le territoire des pays de l’OTAN », suppose Zelensky, après que les Russes ont lancé des frappes aériennes sur un camp d’entraînement militaire, notamment pour les mercenaires étrangers, à l’extérieur de la ville de Lvov, non loin de la frontière avec la Pologne, membre de l’OTAN. Il a juste omis de préciser que les bombardements russes n’étaient faits au hasard mais qu’ils visaient spécifiquement cette base. Cette dernière a servi ces dernières années de terrain d’entraînement, sous l’encadrement d’instructeurs étrangers, notamment américains et canadiens, c’est-à-dire membres de l’OTAN, aux forces ukrainiennes rejointes actuellement par des mercenaires étrangers venus prêter main forte à l’armée ukrainienne contre la Russie. Cette présence de militaires de l’OTAN témoigne d’une implantation officieuse de l‘Alliance atlantique en Ukraine, donc de son élargissement toujours plus en avant vers l’Est, sans aucune considération pour les intérêts et la sécurité de la Russie. Des intérêts et une sécurité qui sont au cœur de la politique extérieure de Poutine qui maintient que par son action militaire il veut « démilitariser » l’Ukraine mais ne compte aucunement étendre la Russie vers l’ouest comme le prétend Zelensky.

Avec cet aveu choc, le président ukrainien fait le dur constat, même s’il ne peut le dire haut et fort, de la tromperie de l’OTAN. Après avoir mis le feu aux poudres en attirant l’Ukraine dans ses bras et en poussant par la même occasion la Russie à la riposte guerrière, mis l’Europe dans de sales draps économiques, semé le chaos aux marches du Vieux continent, l’Alliance atlantique, bras armé de l’Etat profond des Etats-Unis, se retire du jeu.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg a en effet déclaré, vendredi dernier lors du Forum de la diplomatie d’Antalya, que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN n’a jamais été « imminente » et ne sera pas à l’ordre du jour dans un avenir proche : 

« Il est clair depuis longtemps que l’adhésion de l’Ukraine n’était pas quelque chose d’imminent, ni quelque chose de pertinent dans un avenir proche ».

Or, ce n’est un secret que pour les médias du système, la volonté de l’Ukraine d’adhérer à l’OTAN joue un rôle essentiel dans la guerre Russie‑Ukraine.

En parlant ainsi, Jens Stoltenberg s’est fait l’écho des propos du chancelier allemand Olaf Scholz. Quelques jours auparavant, face aux conséquences réelles, économiques, sociales, politiques, de la guerre aux portes de l’Allemagne, le 4 mars dernier, Scholz avait déjà affirmé que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN « n’aura pas lieu » : « J’ai également indiqué clairement à Moscou et lors de ma visite que cette option [l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN] n’est pas à l’ordre du jour et n’aura pas lieu », avait déclaré Olaf lors d’une interview accordée au radiodiffuseur public allemand ZDF. « J’ai dit publiquement que nous savons tous que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN n’est pas à l’ordre du jour de l’alliance aujourd’hui », avait‑il ajouté.

« Cela a été compris par le président américain, cela [a été] également compris par le président français. »

Le peuple ukrainien, tant de l’Est que de l’Ouest, est à proprement parler le « dindon de la farce », mais d’une farce monstrueuse qui coûte chère en vies humaines et pertes économiques, toutes considérations dont l’OTAN, « cette organisation criminelle  » pour reprendre les mots d’un célèbre journaliste Michel Collon, ne se soucie guère, les multiples guerres qu’elle a fomentées à la surface du globe en étant une magistrale illustration.  

Francesca de Villasmundo

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