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Le ranch Zorro : rituels sadiques, prélèvements d'organes, programme génétique,...
L’entrée du ranch Zorro de Jeffrey Epstein

Parmi les multiples dossiers de l’Affaire Epstein, arrêtons-nous à une histoire complètement improbable : comment le Zorro Trust, fonds fiduciaire créé par Epstein pour acheter le ranch Zorro, a gagné 85 millions de dollars à la loterie de l’Oklahoma en 2008. Un hasard, vraiment ?

La famille King et ses liens avec Epstein

En 1993, l’ancien gouverneur du Nouveau-Mexique, Bruce King, et son fils Gary King, qui devint plus tard procureur général de l’État, étaient dans une situation financière catastrophique. Et ce, malgré le fait que Bruce King, démocrate, ait été le gouverneur ayant exercé le plus long mandat de l’histoire du Nouveau-Mexique, avec trois mandats non consécutifs de quatre ans à son actif.

Les archives de l’Albuquerque Journal révèlent que les entreprises de la famille King devaient près de 21 millions de dollars de prêts qu’elles ne pouvaient rembourser cette année 1993. Elles ont donc restructuré leurs actifs et pris la décision déchirante de vendre environ la moitié du ranch Pine Canyon, cher à Bruce, et de la société King Land and Cattle à Stanley, au Nouveau-Mexique.

L’acheteur, qui a déboursé 12 millions de dollars pour acquérir la portion du ranch de près de 7 000 acres, droits d’eau compris, était une entité au nom pour le moins étrange : le Zorro Trust. Dirigée par un certain Jeffrey Epstein, elle était basée à New York.

A l’époque, la famille King a indiqué aux médias locaux qu’Epstein projetait de transformer le site et de l’appeler ranch Zorro, mais lorsque le Journal a contacté Epstein pour obtenir un commentaire, il a refusé de s’exprimer.

Epstein a été arrêté une première fois en 2006, en Floride. À l’annonce de cette nouvelle, Gary King a restitué un don de 15 000 $ que le Zorro Trust lui avait versé pour sa campagne pour le poste de procureur général du Nouveau-Mexique. Mais en 2014, des années après la condamnation d’Epstein en 2008 (et sa peine de 13 mois de semi-liberté en Floride), Epstein a envoyé au moins trois chèques à Gary King par le biais de deux sociétés lui appartenant et un chèque provenant de son propre nom. Ces chèques étaient destinés à la campagne de Gary King pour le poste de gouverneur. En juin de la même année, Gary King a envoyé à Epstein un courriel le remerciant pour une contribution promise de 50 000 dollars. Malgré la promesse de Gary King, lors de sa campagne, de poursuivre les crimes contre les enfants. les avocats d’Epstein avaint fait en sorte que les dons proviennent de sociétés écrans pour échapper à l’attention des médias.

Le ranch Zorro et le projet d’y installer des femmes fécondées par Epstein

Annie Farmer, une survivante d’Epstein, a raconté avoir été emmenée au ranch Zorro pour y être violée par Epstein lorsqu’elle était enfant. Parmi les millions de pages de documents relatifs à Epstein récemment déclassifiés par le département de la Justice des États-Unis figurait le journal intime d’une mineure séquestrée au ranch Zorro, mise enceinte à plusieurs reprises par Epstein et contrainte d’accoucher au moins une fois. Elle a été forcée de confier sa fille nouveau-née à Ghislaine Maxwell, la complice d’Epstein. Le journal est terrifiant : la jeune fille y décrit la présence de Ghislaine lors de l’accouchement et lui ordonnant de ne pas regarder le bébé, de se couvrir les yeux. Elle a entendu le bébé pleurer, puis plus rien.

Epstein souhaitait que le ranch Zorro puisse loger des dizaines de filles qu’il aurait lui-même fécondé, afin de peupler le monde de son patrimoine génétique. Selon certaines sources, le ranch comprenait six niveaux souterrains.

Malgré ces preuves et d’autres témoignages de personnes affirmant connaître deux « jeunes filles étrangères » violées et enterrées dans les collines du ranch Zorro sur ordre d’Epstein et Maxwell — allégations contenues dans un courriel expurgé des archives du ministère de la Justice —, les autorités fédérales et de l’État n’ont jamais perquisitionné la propriété. En 2019, les procureurs fédéraux de New York ont ​​demandé au procureur général du Nouveau-Mexique de l’époque, Hector Balderas, de suspendre son enquête au niveau de l’État, craignant que des procédures parallèles ne compromettent leur dossier. Balderas s’est exécuté et a remis ses éléments. Les poursuites fédérales qui lui avaient été promises n’ont jamais eu lieu. Epstein est mort dans sa cellule en août de la même année. En 2026 l’Assemblée législative du Nouveau-Mexique a créé et financé une commission de vérité pour enquêter sur ce qui s’est réellement passé au ranch Zorro et identifier les personnes impliquées dans ce qui semble être une vaste opération de dissimulation. Depuis cette annonce, plus rien ne semble bouger. Dans tous les cas, on peut douter que des fouilles puissent aboutir puisque les nouveaux propriétaires ont entrepris d’importantes transformations du site.

Le Zorro Trust gagne le gros lot à la loterie

Le 2 juillet 2008, deux jours après le début de la peine d’Epstein en Floride, la société nommée Zorro Trust remportait la loterie Powerball de l’Oklahoma, empochant 85 millions de dollars. Après impôts, la société a opté pour un versement unique de 29,3 millions de dollars.

À l’époque, l’Oklahoma était l’un des rares États à autoriser l’achat de billets de loterie au nom d’une fiducie dont les propriétaires devaient légalement rester anonymes.

C’est Brice Gordon qui avait acheté le billet gagnant dans une supérette Stripes à Altus, en Oklahoma. Brice Gordon et sa femme Karen, anciens militaires néo-zélandais, étaient les gardiens du ranch Zorro. Ils recherchaient aussi des jeunes filles mineures pour les amener au ranch, où, selon différents témoignages, elles étaient violées par plusieurs personnes, souvent déguisées. Brice et Karen Gordon figuraient parmi les héritiers testamentaires d’Epstein. Ils ont bien sûr disparu.

Focus sur James Scroggins à la tête de la Commission de la loterie de l’Oklahoma

Intéressons-nous maintenant à James Scroggins, l’homme qui était à la tête de la Commission de la loterie de l’Oklahoma en 2008.

James Scroggins a dirigé la loterie de Pennsylvanie, puis celle du Missouri pendant treize ans, avant d’arriver en Oklahoma en 2005 pour y lancer sa loterie de toutes pièces. Il était directeur exécutif de la Commission des loteries de l’Oklahoma le 2 juillet 2008, lorsque le Zorro Trust a remporté la loterie Powerball. Il était légalement tenu de recevoir la déclaration identifiant les personnes physiques à l’origine de la composition de ce trust.

Ce que nous savons de James Scroggins provient presque exclusivement des articles de presse de l’époque concernant les loteries qu’il dirigeait. Et ce que ces articles révèlent, à travers les quatre États et les quatre décennies, c’est que partout où James Scroggins est passé, les règles ont été assouplies.

Tout a commencé en Pennsylvanie.

À la fin des années 1980, alors que Scroggins était directeur de la loterie de Pennsylvanie, un certain Nick Herbst se présenta dans les bureaux de la loterie pour réclamer un jackpot Super 7 de 15,2 millions de dollars, vieux de neuf mois. Le billet fut vérifié sur place et Scroggins en personne approuva le paiement, malgré les objections écrites d’au moins un employé qui avait signalé un grave problème de validité. Le problème était le suivant : si l’ordinateur de la loterie indiquait que le billet avait été vendu au centre commercial Neshaminy de Bensalem, dans le comté de Bucks, le papier sur lequel il était imprimé portait un numéro de série correspondant à un lot envoyé à un agent de la loterie de Scranton, un lieu totalement différent. Les deux enregistrements ne correspondaient pas. Scroggins ordonna néanmoins le paiement. Herbst fut conduit à une conférence de presse, reçut un chèque pour le premier versement, posa pour les photographes et répondit aux questions des journalistes. Il prétendit avoir oublié ce billet et l’avoir utilisé comme marque-page.

Le billet était un faux. Il avait été falsifié par un employé de la société fournissant les systèmes informatiques à la loterie – une manœuvre qui nécessitait un accès interne à l’infrastructure technique du jeu. Deux hommes, Herbst et un réparateur informatique soupçonné d’avoir orchestré le stratagème, ont été arrêtés et inculpés de faux, vol, association de malfaiteurs, falsification de données publiques et utilisation illégale d’un ordinateur. Lors des arrestations, Scroggins a déclaré aux journalistes : « Cette situation prouve sans l’ombre d’un doute que le système fonctionne. Certes, un paiement a été effectué à une personne qui n’avait pas gagné, mais ces individus ont été appréhendés. »

Il partit ensuite pour le Missouri, où il dirigea la loterie pendant treize ans. I faut noter que le Missouri était un État sous contrat avec Scientific Games pendant toute la durée de son mandat, ce qui consolida une longue relation de travail entre Scroggins et les dirigeants de la société qui allait plus tard obtenir le contrat de la loterie de l’Oklahoma.

Puis il s’installa dans l’Oklahoma.

Deux ans avant que le Zorro Trust ne réclame ses 85 millions de dollars, un autre trust anonyme avait empoché le jackpot Powerball de 101,8 millions de dollars en Oklahoma. Scroggins avait alors déclaré à un journaliste que la commission ignorait même l’identité des gagnants, celle-ci n’étant pas mentionnée dans l’acte de fiducie. En vertu de la loi sur la loterie de l’Oklahoma, la commission était tenue de retenir les arriérés de pension alimentaire sur les gains. Mais Scroggins, appuyé par le bureau du procureur général de l’État, avait affirmé que cette obligation était inapplicable en l’espèce. L’identité des gagnants était protégée. Aucune enquête de moralité n’avait été menée. Aucun contrôle de pension alimentaire n’avait été effectué. Le précédent était créé.

Scroggins lui-même, lors d’une interview en 2009, a attiré l’attention sur un fait remarquable concernant le taux de gains au jackpot en Oklahoma. Il a souligné que la fréquence des gagnants du jackpot dans cet État était, selon ses propres termes, « stupéfiante » pour une loterie qui n’existait que depuis quatre ans. « De nombreux États participants jouent au Powerball depuis 10 à 15 ans et n’ont eu qu’un seul gagnant », a-t-il déclaré. Entre 2006 et 2008, l’Oklahoma a enregistré quatre gagnants différents, dont deux le même jour. Scroggins a signalé cette anomalie, sans toutefois mener d’enquête.

Il y a un autre point important à souligner concernant le tirage du 2 juillet 2008. Selon plusieurs sources, un dysfonctionnement informatique a interrompu la diffusion télévisée en direct du tirage du Powerball. Le tirage s’est donc déroulé sans la retransmission publique habituelle, sous la supervision d’un cabinet d’audit. N’est-il pas étrange que la nuit où le plus gros jackpot jamais remporté en Oklahoma a été attribué coïncide avec l’interruption de la diffusion télévisée en direct ?

Après l’Oklahoma, Scroggins s’installe dans l’Illinois en 2012 pour occuper le poste de directeur financier de la loterie d’État. L’Illinois venait de devenir le premier État du pays à privatiser sa loterie, confiant l’exploitation des jeux à la société Northstar Lottery Group. Northstar s’est retrouvé par la suite sous le feu des critiques après une enquête du Chicago Tribune révélant que la loterie n’avait pas versé plus de 40 % des gros lots des jeux à gratter annoncés entre 2011 et 2015, Scroggins s’est retrouvé mêlé à ce scandale puis il a complètement disparu des registres publics.

Le magasin

Comme nous l’avons déjà soin-signalé plus haut, le billet gagnant a été acheté dans un magasin Stripes à Altus, dans l’Oklahoma (une ville de 18 000 habitants située près d’une base aérienne, à six heures de route du ranch Zorro, près de Stanley, au Nouveau-Mexique), par Brice Gordon.

Stripes était une chaîne de supérettes et de stations-service implantée principalement au Texas, en Oklahoma et au Nouveau-Mexique. En 2008, elle appartenait à Susser Holdings Corporation, une entreprise familiale basée à Corpus Christi, au Texas. Le magasin d’Altus venait tout juste d’être racheté par Susser Holdings : la société avait finalisé l’acquisition de la chaîne Town & Country Food Stores début 2008, intégrant ainsi les magasins de l’ouest de l’Oklahoma à son portefeuille quelques mois seulement avant le jackpot du 2 juillet. Susser Holdings possédait et exploitait directement ses points de vente. Le terminal, le personnel et le stock de billets du point de vente d’Altus relevaient tous d’une seule et même hiérarchie. À la tête de cette hiérarchie se trouvait le président-directeur général de l’entreprise : Sam L. Susser.

Susser était arrivé dans le secteur des supérettes après une expérience à Wall Street. De 1985 à 1987, il travaillait chez Salomon Brothers Inc., au sein du département Finance d’entreprise et Fusions-Acquisitions. Il était présent dans cette entreprise précisément durant les mois où un certain Ronald Perelman – financé par Michael Milken, le roi des obligations à haut risque de Drexel Burnham Lambert – lança une OPA hostile visant à acquérir une participation majoritaire dans Salomon Brothers, d’une valeur de 800 millions de dollars. L’opération fut largement qualifiée de « raid sur les obligations à haut risque ». Warren Buffett intervint en sauveur, investissant 700 millions de dollars en actions préférentielles convertibles, ce qui permit à Salomon de racheter les actions visées. Perelman fut ainsi mis hors d’état de nuire. La même année, Susser quitta Salomon et retourna au Texas pour développer l’entreprise familiale.

Le contrat de loterie

En 2008, la société Scientific Games Corporation détenait le contrat de la loterie de l’Oklahoma — chargée de l’impression des billets de Powerball et de l’exploitation du système central de jeu déterminant les gagnants. Son principal actionnaire, qui détenait près de 40 % du capital, était Ronald Perelman.

Réfléchissez un instant. L’homme qui avait tenté de s’emparer de l’entreprise où travaillait autrefois le futur propriétaire du magasin du billet gagnant — Perelman — contrôlait en réalité la société qui imprimait les billets et gérait le système.

Le réseau

Ronald Perelman contrôlait donc la société qui imprimait les billets et gérait le système de tirage des billets gagnants de cette loterie. Le même Ronald Perelman figurait dans le carnet noir personnel de Jeffrey Epstein. Il a organisé le dîner de Palm Beach en 1995 où Epstein et le président Bill Clinton ont été vus ensemble pour la première fois.

Les nouveaux propriétaires du ranch Zorro

Le 16 août 2023, la société San Rafael Ranch LLC a acquis le ranch Zorro auprès de la succession d’Epstein pour un montant non divulgué – le prix initial ayant été ramené de 27,5 millions de dollars à 18 millions avant la finalisation de la vente. San Rafael Ranch LLC a été constituée seulement 19 jours avant la transaction, avec un avocat spécialisé en droit immobilier de Santa Fe, Charles V. Henry IV, comme agent enregistré. L’identité des bénéficiaires effectifs n’a été divulguée que lorsque Clara Bates, journaliste au Santa Fe New Mexican, a découvert la mention des propriétaires de la LLC dans des documents judiciaires relatifs à leurs tentatives de contraindre l’État du Nouveau-Mexique à évaluer le ranch à seulement 9 millions de dollars à des fins fiscales.

Les nouveaux propriétaires sont Don et Mary Catherine Huffines. Selon les documents judiciaires, Mary Catherine est administratrice et leur fils Colin, gérant d’une entité apparentée, San Rafael One LLC.

Don Huffines est un promoteur immobilier de Dallas et un homme politique républicain. Avec son frère jumeau Phillip, il a cofondé Huffines Communities en 1985, aujourd’hui l’une des plus importantes sociétés de promotion immobilière résidentielle de la région de Dallas-Fort Worth. Huffines a siégé au Sénat de l’État du Texas, représentant le nord de Dallas de 2015 à 2019. Il s’est présenté sans succès contre le gouverneur Greg Abbott en 2022. Le 3 mars 2026, il a remporté la primaire républicaine pour le poste de contrôleur du Texas, le principal responsable financier de l’État. Don et Mary Catherine Huffines ont passé la Saint-Valentin 2025 à Mar-a-Lago.

Un autre de leurs fils, Russell Huffines, occupe le poste de directeur adjoint des relations avec les agences au sein du Bureau des affaires du cabinet de la Maison-Blanche sous la présidence de Donald Trump, et codirige HEST Investments — une société familiale de capital-risque basée à Dallas — avec son père.

Et c’est là que réapparaît le nom de Sam L. Susser !

En 2014, Sam L. Susser a vendu Susser Holdings Corporation, la société mère de la chaîne de supérettes Stripes, à Energy Transfer Partners pour environ 1,8 milliard de dollars. Il s’est ensuite installé à Dallas, où il a fondé Susser Bank, un établissement financier privé, dont il a pris la présidence. Pour l’aider à gérer la banque, il a constitué un conseil d’administration comprenant notamment James R. Huffines, le frère aîné de Don Huffines.

James Huffines est un banquier texan chevronné qui a été président et directeur de l’exploitation de PlainsCapital Corporation avant de devenir directeur de l’exploitation de Hilltop Holdings, l’empire financier bâti par le milliardaire de Dallas, Gerald J. Ford.

Il se trouve que Ford avait bâti une part importante de cet empire en partenariat avec Ronald Perelman — le même Ronald Perelman dont la société a imprimé les billets de Powerball de l’Oklahoma en 2008, et dont le nom figure dans le carnet noir personnel de Jeffrey Epstein.

En mars 2026, la Commission de vérité sur les victimes d’Epstein, nouvellement créée, a ordonné à Don et Mary Catherine Huffines de cesser immédiatement tous les travaux de construction au ranch San Rafael, après avoir constaté que le nouveau portail d’entrée était construit sans permis. Des photos aériennes publiées par le New York Times ont révélé que les Huffines avaient également excavé une grande partie de l’héliport et des jardins labyrinthiques du ranch, creusant un profond trou à l’endroit même où, selon des témoins, deux jeunes filles étrangères avaient été enterrées sur ordre d’Epstein et Maxwell après avoir été assassinées lors de rapports sexuels fétichistes brutaux.

Alain Escada

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