
Après la Farce insoumise, donc, la nouvelle Farce.
« La Nouvelle France est un concept puissant », lance Mathilde Panot. Cela revient à avouer que, pour elle, la politique se borne depuis longtemps à du marketing conceptuel. Elle a en partie raison, hélas, puisque concepts et éléments de langage forment le corps doctrinal de notre lamentable post-modernité depuis lurette !
Après la Farce insoumise, donc, la nouvelle Farce.
Dans son efficacité immédiate, ce slogan sonne comme ces vieilles ficelles publicitaires des années soixante-dix, « lave plus blanc », « tout le monde se lève pour », « un coup de barre ?», etc…
De ce point de vue, il est en effet assez réussi, exprimant sans ambages le signifié qui est le sien : avec l’extrême gauche au pouvoir, c’en serait fini de toutes les traditions patrimoniales franco-françaises, et le melting-pot/ gloubi-boulga qui envahit peu à peu les rues de nos villes assiègerait bientôt les ministères et les plateaux. Et les fidèles du créolisme dicteraient, derrière le maghrébin européen Mélenchon, leurs lois aux citoyens historiques du pays.
« Une France blanche et chrétienne n’a jamais existé », poursuit-elle.
Rien d’étonnant, vraiment, à entendre ainsi parler la fiancée du diable[1] qui fut à l’origine de la constitutionnalisation de l’avortement. « L’unique médecin du peuple, pendant mille ans, fut la sorcière », écrivit Michelet. L’unique avorteuse aussi, il convient de le rappeler.
Le rejet de la France historique est un fantasme commun à l’extrême gauche, dans la cour de récréation qu’est devenu l’hémicycle ; un fantasme révisionniste que l’histoire, la topographie, la littérature, l’architecture, la sculpture, la langue elle-même et nombre de ses expressions populaires, suffisent à démentir.
On comprend alors que cette assertion militante s’adresse à ceux qui, parmi les « nouveaux français » d’exportation, n’osent encore nier si brutalement l’évidence que représente encore le clocher mitterrandien de la Force tranquille dans chaque village.
Car la Nouvelle France, c’est exclusivement la nouvelle gauche…
Il fallait en quelque sorte une blanche de peau, du cru, une Gervaise forte en gueule, une sorcière du Val-de-Marne, en quelque sorte, pour jeter les premières salves. Mission accomplie. Ils répéteront tous le slogan dans leurs rassemblements et manifs comme un, seul porte-voix.
Ce concept de nouvelle France exprime, selon Panot :
« la France qui assume son peuple dans son entièreté ».
Une entièreté, si l’on comprend cette sinueuse argumentation, qui exclut de fait la France chrétienne, autant dans sa dimension actuelle que passée.
La formule est assurément destinée à faire le buzz, et parvient facilement à ses fins.
Mais l’au-delà de la formule restera, ces « nouveaux français » qui détestent la France seront désormais enclins à l’oser, et il i la répèteront en boucle jusqu’à la prochaine présidentielle.
Comme est resté le laconique et présidentiel « Nous sommes en guerre » des temps Covid. C’est bel et bien une entreprise de déstabilisation profonde du pays qui se met en branle derrière Mélenchon, avec cette opération de communication.
Le même Michelet écrivait naguère : « D’où date la Sorcière ? je dis sans hésiter : Des temps du désespoir. »
Nous y revoilà plongés pour de bon et pour toute la durée de l’année électorale qui s’annonce.
Jadis, le Moyen Age brûlait les sorcières.
Aujourd’hui, hélas, elles légifèrent. À qui la faute ?
Le Petit Béraldien.
[1] Célèbre formule de Michelet dans son livre La Sorcière.
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