L’Exhortation ultra-libérale, que l’on peut qualifier d’apostate, Amoris Laetitia du pape François sur la famille, le mariage et la communion aux “divorcés remariés” ne cesse de provoquer des remous au sein de l’Église officielle. Surtout parmi  les cardinaux conservateurs, pétris de l’esprit conciliaire mais qui trouvent qu’aujourd’hui la révolution doctrinale débutée à Vatican II pour s’ouvrir au monde, pour rajeunir l’Église, la rendre plus attrayante va, avec le pape François, trop loin, renverse trop de digues morales, devient une machine folle que rien ne semble pouvoir arrêter ! Progressistes, oui, mais pas trop quand même, pourrait être leur devise…

Amoris Laetitia est le parfait exemple de cet emballement progressiste qui semble illimité et qui soudain effraie ces ecclésiastiques modernistes car il balaie tout sur son passage, sans plus aucune des réserves et notes conservatrices qui en atténuait, sous les papes conciliaires précédents, le modernisme foncier et le libéralisme souverain. Avec François, c’est brut, sans fioriture, extrême !

Ils sont donc quatre à avoir demandé au pape François, le 19 septembre 2016, de clarifier certains points concernant les interprétations contradictoires de cette exhortation post-synodale ambiguë sur la famille et le mariage : le cardinal Walter Brandmüller, ancien président du Comité pontifical des Sciences historiques, le cardinal Raymond L. Burke, patron de l’Ordre de Malte, le cardinal Carlo Caffarra, archevêque émérite de Bologne, et le cardinal Joachim Meisner, archevêque émérite de Cologne. Étonnamment, l’hôte du Vatican qui fustige régulièrement l’indifférence et le mépris des chrétiens rigides a répondu à ces cardinaux par le silence absolu, équivalent, dans ces circonstances… à de l’indifférence et à du mépris.

Aussi, ce 14 novembre, ils ont décidé de rendre public, par le biais du site internet du journaliste Sandro Magister, leurs questions restées sans réponse. Ils expliquent la raison de cette publication en ces termes :

“Nous avons constaté, chez beaucoup de fidèles, un grave désarroi et une grande confusion à propos de questions très importantes pour la vie de l’Église. Nous avons remarqué que même au sein du collège épiscopal sont données des interprétations contradictoires du chapitre VIII d’”Amoris lætitia”.

La grande Tradition de l’Église nous enseigne que le moyen de sortir de situations comme celle-ci est d’avoir recours au Saint-Père, en demandant au Siège Apostolique de résoudre ces doutes qui sont à l’origine du désarroi et de la confusion.

Notre geste est donc un acte de justice et de charité. (…)

Le Saint-Père a décidé de ne pas répondre. Nous avons interprété cette décision souveraine qu’il a prise comme une invitation à continuer cette réflexion et cette discussion calme et respectueuse.

Et par conséquent nous informons de notre initiative tout le peuple de Dieu, en lui proposant toute la documentation.”

Le document adressé au pape et aujourd’hui aux fidèles a la forme des “dubia” (les doutes) qui sont d’habitude, sous la forme d’interrogations classiques, adressées à la Congrégation pour la doctrine de la foi. C’est-à-dire qu’elles sont formulées de manière à ce qu’il soit possible d’y répondre simplement par “oui” ou par “non”. Ces questions “relatives à la juste interprétation à donner au chapitre VIII de l’Exhortation ont été adressées à nous, soussignés, mais aussi à beaucoup d’Évêques et de Prêtres, par des fidèles appartenant à toutes catégories sociales.”

L’ensemble du texte peut être lu sur le blog de Sandro Magister.

Ces cardinaux conservateurs sont, à juste titre, effarés par la portée doctrinale révolutionnaire et contraire au magistère constant de l’Église de cette Exhortation et par ce silence du pape à leurs questions que l’on ne peut s’empêcher de comparer avec sa loquacité affichée quand il s’agit d’approuver les interprétations progressistes d’Amoris laetitia.

En revanche, ce que ces hauts personnages à la pourpre cardinalice ne veulent pas voir, aveuglés par leur attachement idéologique au progressiste concile Vatican II, c’est la continuité entre cette Exhortation et l’enseignement libéral, égalitariste, progressiste, moderniste du dernier Concile. Le progressisme conciliaire, qu’ils le veuillent ou non, qu’ils le conçoivent ou non,  porte en germe, objectivement, toutes ces réformes bergogliennes radicales. Le progressisme de Vatican II, cette manie novatrice mise à la mode par les réformateurs conciliaires, ce culte de la nouveauté en religion, ne préconise-t-il pas la transformation progressive, continuelle et profonde de toute la doctrine catholique dans la logique d’un progrès indéfini en vue d’une Église des périphéries toujours plus proche et accessible aux masses déchristianisées ? Ce progressisme bergoglien qui s’abat comme un coup de massue sur le sacrement de mariage n’est-il pas tout simplement un des fruits pourris de cette gigantesque entreprise de destruction d’une orthodoxie catholique trop rigoureuse au goût des modernistes qui débuta avec le dernier concile du Vatican ? Le cardinal Kasper lui-même nous donne raison quand il affirme, lors du Synode sur la famille, que “Le concile, sans violer la tradition dogmatique contraignante, a ouvert des portes. On peut se demander s’il n’y a pas également, pour la question dont nous parlons, la possibilité d’un nouveau développement”.

En 50 ans, de développements en réformes, de réformes ambiguës en nouveautés équivoques, toute la saine doctrine catholique est passée au crible du progressisme, subvertie, changée, sous couvert de bien, au nom d’un progrès améliorateur et bénéfique pour les âmes… Des brumes conciliaires émerge, depuis un demi-siècle, une nouvelle religion relativiste, anthropocentrique, humanitariste qui s’éloigne de plus en plus des fondements catholiques et commence à faire rudement peur aux cardinaux conservateurs !

Ce ne sera pourtant que par un retour à la Tradition intégrale de l’Église catholique et à une remise en cause totale de l’esprit du Concile que le combat contre les forces progressistes au pouvoir à Rome et leur subversion globale de la religion catholique sera victorieux !

Francesca de Villasmundo

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