S’il fallait une preuve de plus des démences sacrilèges auxquelles conduit le Novus ordo Missae de Paul VI, ce qui vient de se passer au Brésil en serait une de taille.

La Commission pastorale de la Terre de la Conférence épiscopale brésilienne a organisé la semaine dernière la 41e édition de la Procession de la Terre dans la lignée de Laudato Si, intitulée « Femmes Terre. Résistance, soins et diversité ». Comme le fait remarquer le quotidien italien La Nuova Bussola Quotidiana, cet événement

« s’adresse surtout aux paysans… Et naturellement ces temps derniers, après la publication de l’encyclique Laudato Si, les thèmes de la défense de la nature, de l’attention envers elle et envers le travail qui lui est dédié ont assumé une emphase encore plus grande. »

Si grande, que tout le monde doit communier ensemble, avec enthousiasme et euphorie, pour la défense de la Terre Mère… Communier dans tous les sens du terme : ainsi pendant la messe Paul VI, au moment de la consécration, la foule de fidèles présents a pu voir au cours de cette concélébration novus ordo, des évêques et prêtres d’obédience romaine « consacrer » « pain et vin » avec deux « évêquesses » protestantes (vidéo ici à partir de la 49″) ! Autour de cette table de la profanation étaient présents, outre les deux femmes ministres, Mgr Donizetti, évêque auxiliaire de Porto Alegre, Mgr Romulo, évêque de Montenegro, Mgr Adilson Busin, auxiliaire de Porto Alegre, Mgr Alessandro Ruffinoni, évêque de Caxias do Sul, Mgr Rodolfo Weber, archevêque de Passo Fundo, Mgr Jacinto Bergmann, archevêque de Pelotas, Mgr Jaime Kohl, évêque de Osório, le curé du lieu et un diacre. Et puisque les deux « évêquesses« ont « concélébré » et « consacré », pour sûr elles ont du communier… 

Sans rentrer dans des considérations théologiques sur le Novus Ordo en général, et bien qu’il soit fort peu probable qu’une telle célébration brésilienne soit valide, le caractère sacrilège et scandaleux de cette « messe » Paul VI n’en est pas moins indéniable. Cette concélébration œcuménique, dictée aux yeux sentimentaux du monde par un amour écologique et fraternel envers celle que le pape François appelle la « Maison commune », a comme premier effet de nier, ouvertement, le dogme de la Transsubstantiation qui définit la présence réelle, Corps, Sang, Âme et Divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans les espèces eucharistiques après la consécration :

« nous le déclarons sans hésiter, dit Saint Augustin  avant la Consécration, il n’y a que le pain et le vin formés par la nature ; mais après la Consécration, il n’y a plus que la Chair et le Sang de Jésus-Christ, rendus présents par les paroles sacrées. »  

Or tous les protestants rejettent cette doctrine catholique. En concélébrant avec eux, ces évêques et ces prêtres conciliaires brésiliens « communient » donc implicitement à l’hérésie protestante. Sans que la Rome bergoglienne ne les rappelle à l’ordre…

On peut se demander aussi, puisque pour le pape argentin la praxis est l’atout qui permet de faire évoluer la doctrine, si cette « con-consécration » entre conciliaires et protestants n’est pas un pas de plus vers la messe œcuménique et la communion inter-religieuse en préparation actuellement au Vatican ? Fra Cristoforo sur le blog Anonimi della Croce a bien raison de conclure sur ce sujet par cette affirmation :

« on commence à lancer les initiatives, pour ensuite les tolérer et après… les approuver. »

Cela se passe comme ça dans la Rome néo-moderniste et néo-protestante issue du concile Vatican II : petits pas pratiques par petits pas pratiques, les autorités conciliaires déconstruisent la doctrine catholique pour ériger, tout en conservant extérieurement mais fallacieusement l’appellation de catholique, une nouvelle Religion anti- et a-catholique…

Francesca de Villasmundo

Vous pouvez retrouver tous les articles d'actualité religieuse de MPI, augmentés d'une revue de presse au jour le jour sur le site medias-catholique.info

Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !

4 commentaires

  1. Boutté says:

    Notre pauvre Eglise en perdition tente de rester en surface et s’accroche comme un noyé à tout corps flottant qui passe à sa portée , planches pourries ou vaisseaux de fortune .

  2. Sibille-Poullet says:

    Je me demande si Francesca de Villasmundo a raison cette fois-ci.Il me semble que la concécration est valide car les paroles ont été prononcées par des prêtres mais elle cependant sacrilège car ces mêmes prêtres ont encouragé des pasteurs qui ne croient pas à la Présence Réelle à prononcer ces mêmes paroles

    • On peut s’interroger sur la validité : les prêtres avaient t-ils l’intention de faire ce que veut l’Eglise, dans un tel cirque on peut en douter.

      • Attention : la maxime n’est pas « faire ce que veut l’Église », mais « faire ce que fait l’Église ». Je suis donc de l’avis de Sibille-Poullet, même si elle est MCF68. Toutefois, en dépit de la multiplicité des guillemets, je ne trouve pas que Francesca ait nié la validité de cette consécration ; ce qu’elle nie, c’est un quelconque pouvoir consécratif chez les « évêquesses ».
        Le tout me fait penser à la répétition alcoolisée mixte, le soir du 13 juillet 1790 chez Mgr de Talleyrand le Jeune, ex-évêque d’Autun (ce qui lui avai valu son siège aux États-Généraux), de la messe du lendemain, la première Fête de la Fédération, donc grand-messe épiscopale que celui-ci devait célébrer sur le Champ de Mars en la présence du Roi sans l’avoir jamais appris.