Le Parlement israélien a adopté jeudi un projet de loi définissant Israël comme “l’Etat-nation du peuple juif”, dont un article qui prévoyait de réserver de nouvelles localités à des juifs a été amendé. Ce texte adopté par 62 voix contre 55 stipule notamment que l’hébreu devient la seule langue officielle d’Israël, alors que l’arabe avait auparavant un statut identique à celui de l’hébreu, et déclare que les “implantations juives relèvent de l’intérêt national”.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est félicité de ce vote. “C’est un moment décisif dans l’histoire de l’Etat d’Israël qui inscrit dans le marbre notre langue, notre hymne et notre drapeau”, a-t-il proclamé à l’issue du vote.

Le texte amendé affirme que “l’Etat considère que le développement des implantations juives relève de l’intérêt national et que l’Etat prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt”.

Le texte voté entre dans la catégorie des lois fondamentales qui font office de constitution en Israël.

Ce texte méprise les citoyens arabes israéliens, qui se partagent entre chrétiens et musulmans, et qui représentent près de 20% de l’actuelle population israélienne.

C’est un racisme d’Etat qui se confirme ainsi dans les textes constitutionnels israéliens.

Certains s’étonneront qu’un peuple dont la souffrance est quotidiennement rappelée au monde entier se retrouve dans des institutions racistes.

Cette vision racialiste n’est pourtant pas neuve.

“Les Juifs sont une nationalité”, affirmait l’écrivain juif Bernard Lazare, à la page 271 de son livre L’Antisémitisme, où nous lisons : “Ils sont de types variés, cela est vrai, mais quelle est la nation qui n’est pas diverse ? Ce qui fait un peuple, ce n’est pas l’unité d’origine, c’est l’unité de sentiment, de pensée, d’éthique.”

“Les Juifs, bien que dispersés, pensaient de la même façon à Séville et à York… ils regardaient avec les mêmes lunettes; ils jugeaient d’après des principes semblables, dans un moule uniforme” (page 283 du livre L’Antisémitisme de Bernard Lazare).

“En une certaine mesure, ils sont une nation qui s’unit à sa nationalité et, depuis des siècles, ils résistent à la mort. Pourquoi ? Parce que tout a contribué à maintenir leur caractère de peuple; parce qu’ils ont possédé une religion nationale qui eut sa parfaite raison d’être lorsqu’ils formaient un peuple, cessa d’être satisfaisante après sa dispersion, mais les maintint à l’écart; parce qu’ils ont formé dans toute l’Europe des colonies jalouses de leurs prérogatives, attachées à leurs coutumes, à leurs rites, à leurs mœurs; parce qu’ils ont vécu durant des années, sous la domination d’un code théologique qui les a immobilisés; parce que les lois des pays multiples où ils ont planté leurs tentes, les préjugés et les persécutions les empêchèrent de se mêler; parce que, depuis le deuxième exode, depuis leur départ de la terre palestinienne, ils ont élevé autour d’eux, et on a élevé d’infranchissables barrières.” (page 396, ibidem)

Un savant juif, Kadmi Cohen, écrit à la page 19 de son livre Nomades (paru en 1929) : “Qu’on veuille bien le remarquer : l’état nomade, à l’encontre de ce qui s’est passé chez d’autres peuples, n’a jamais eu chez le sémite un caractère de transition, un caractère de stade passager qui précède et prépare à la vie sédentaire : il a sa source au fond du cœur sémite.”

“Que le nomadisme soit, par lui seul, conservateur de la race, de la pureté ethnique, cela se conçoit. Qui dit errance d’un groupe humain dit également isolement de ce groupe et, malgré ses déplacements, à raison même de ses déplacements, la tribu demeure identique à elle-même.” (page 25, ibidem)

“Le souci de préserver la race de toute adultération s’observe chez les Juifs… L’histoire de ce peuple, telle qu’elle est consignée dans la Bible, insiste, à chaque instant, sur la défense de s’allier avec des étrangers. C’est au commencement de leurs destinées, à l’époque des Patriarches, l’obligation, pour les Hébreux, de chercher femme dans leur propre tribu. C’est, sous Salomon, la transgression de cette règle, la présence d’épouses étrangères dans le lit du roi, qui assombrit la fin de son règne glorieux; c’est, au retour de la captivité de Babylone, ordonné par Esra et Nehémie, le renvoi brutal, urgent, immédiat de toutes les femmes de race étrangère, épuration violente du sang ancestral. Et, de nos jours, comme il y a trente siècles, la vivacité de ce particularisme de race se fortifie et se mesure à la rareté des mariages mixtes entre Juifs et non-Juifs.” (page 27, ibidem)

Arnold Zweig, autre auteur juif, caractérise ce qu’il appelle “la substance juive” dans son livre Caliban, page 290, paru en 1927.

Et l’écrivain juif Martin Buber, dans son livre intitulé Trois Discours sur la Juiverie écrit : “Comme le Juif souffre et réagit devant le monde juif étranger, c’est là un élément fondamental intérieur dont la Juiverie ne peut se défaire”. Il écrit encore : “Le sang est la force la plus profonde des Juifs.” Il parle de “la découverte du sang comme la puissance nourrissante enracinée dans la vie de chacun”, et il déclare en terminant que “la race ne nous abandonne jamais et que le sang est le plus profond ressort de l’âme”.

La même idée a été exprimée par Benjamin Disraëli, ancien premier ministre juif de la Grande-Bretagne, dans son livre Endymion paru en 1880 : “Une seule chose fait une race, et c’est le sang” et “la race est la clé de l’histoire”. Et d’ajouter : “Si l’histoire est si souvent confuse, c’est parce qu’elle a été écrite par des hommes qui ignorent ce principe et tout ce qu’il renferme”.

Disraëli se répète dans Archives israéliennes : “L’homme ne peut manquer d’échouer quand il tente de violer l’immuable loi naturelle, qui veut qu’une race supérieure ne soit jamais détruite ou absorbée par une race inférieure.” (Tome XIII, page 32)

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