
Pour soigner son image à travers le monde, Israël a recruté quantité d’influenceurs, pompeusement appelés ainsi parce qu’ils sont très suivis sur les réseaux sociaux. Ces hommes et femmes habitués à parler de cuisine, de maquillage, de vêtements, de jeux vidéos, de musique, etc, devaient glisser quelques interventions en faveur d’Israël et de son armée. Seul petit problème : souvent Israël ne les a pas payés comme il s’y était engagé. Les plaintes s’accumulent !
Embauchés mais pas payés
Au déclenchement de l’offensive israélienne sur Gaza, les autorités israéliennes ont recruté des dizaines de conseillers en communication et d’influenceurs. Dans l’urgence, il a été décidé d’élargir les engagements existants avec des sociétés de production et d’événements. Ainsi, des sociétés de production privées sont devenues un canal de paiement pour les influenceurs qui font de la propagande pour Israël à l’étranger. Le salaire de certains influenceurs était initialement versé par une société externe de production d’événements – Intellect Production and Publishing Group – au lieu de venir directement des caisses de l’État. Et bien entendu, au bout de quelque temps, les versements ont cessé avec des promesses de payements ultérieurs.
Les fournisseurs travaillant avec la division affirment que « le travail était toujours désordonné », mais qu’au moins sous le mandat de Moshik Aviv à la tête du u département des relations publiques d’Israël, il y avait quelqu’un qui s’assurait qu’au final l’argent dû aux fournisseurs et aux employés arriverait. Aviv a mis fin à son mandat de chef du département des relations publiques en mai 2024, et a été remplacé par Galit et Haba Shasho. A partir de ce moment-là, quantité d’influenceurs n’ont plus été payés.
Beaucoup ont été contraints de s’adresser aux tribunaux contre le bureau du Premier ministre.
Le procès intenté par Nadav Yehud est symptomatique. Cet étudiant actif sur les réseaux sociaux a été employé par la Direction de l’Information Publique après le 7 octobre 2023 et pendant quatre mois. Or le ministère ne l’a payé que deux mois. L’audience sur le procès de Yehud, qui s’est tenue le 10 février devant le tribunal de première instance de Tel-Aviv, a suscité un intérêt inhabituel et a attiré des hauts responsables du bureau du Premier ministre. Le juge Eran Gelbard a révélé que l’État avait soutenu qu’il n’était pas possible de payer Yehud avant une enquête sur « de nombreuses et étendues irrégularités dans des affaires connexes qui sont clarifiées tant dans les procédures judiciaires que dans une enquête policière. » À la fin de la procédure, le tribunal a statué en faveur de Yehud et ordonné à l’État de verser son salaire.
Le montant total des sommes impayées réclamées par les influenceurs embauchés par Israël est évidemment colossal.
Le gouvernement israélien tente de mettre tout sur le dos d’un employé du bureau du Premier ministre, accusé d’avoir falsifié des signatures dans des contrats entre divers fournisseurs et le bureau du Premier ministre.
Le bureau du Premier ministre israélien directement mis en cause
La société Speedy Voice. La société, qui travaille depuis des années pour le bureau du Premier ministre israélien a également déposé plainte. Le 8 octobre 2023, un représentant du bureau du Premier ministre a contacté l’entreprise par messages WhatsApp d’urgence, demandant que « dorénavant » elle fournisse du matériel de communication, des ordinateurs et du personnel pour faire fonctionner le service de communication vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. La société plaignante présente une correspondance indiquant que les représentants du ministère ont approuvé les propositions de budget pour une telle prestation. Mais bien que « Speedy Voice » ait fourni ce matériel et ces services en continu pendant neuf mois et sous la supervision des représentants du ministère, l’État refuse désormais de verser la contrepartie, invoquant l’absence d’un « ordre de travail signé ».
Ironiquement, le bureau du Premier ministre a effectivement versé à l’entreprise une somme mineure comme « paiement exceptionnel » pour une petite partie de l’équipement en raison des circonstances d’urgence, mais il renie le solde de la dette. Dans la plainte, l’entreprise critique fermement le comportement de l’État israélien et affirme que le bureau du Premier ministre la considère comme de la « nourriture gratuite », dans le sens qu’il n’est pas obligé de payer pour des services dont il bénéficie depuis de nombreux mois.
De quoi refroidir à l’avenir ceux qui seront sollicités pour être les perroquets de la propagande israélienne ? Probablement non, car il se trouvera toujours des valets serviles et cupides pour tomber dans un tel piège.
Léo Kersauzie
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