Parmi les nombreux papes qui ont régné entre 1566 et 1958, année de la mort de Pie XII, soit 35 pontifes sur une période d’environ presque 4 siècles, l’Église catholique n’en a canonisé que deux d’entre eux : Saint Pie V, le pape de la croisade de Lépante contre les Turcs musulmans et de la codification de la messe tridentine, et Saint Pie X, le pape du “Tout restaurer dans le Christ”, de l’encyclique contre le modernisme Pascendi et du serment anti-moderniste qui devait être juré et signé pratiquement par tout le clergé. Il fut supprimé par Paul VI à l’occasion de l’aggiornamento du concile Vatican II qui devait donner un nouveau souffle à l’Église et l’ouvrir au monde et à l’homme modernes… Depuis les églises se vident.

Paradoxalement sur les quatre papes décédés qui ont régné pendant et après ce fameux concile, entre 1958 et 2005, moins d’un demi siècle, deux ont été canonisés et un béatifié selon les nouvelles procédures conciliaires de béatification et de canonisation : le pape Jean XXIII qui ne dédaignait pas la philosophie humanitariste des Francs-maçons et qui convoqua Vatican II ; son successeur Paul VI qui clôtura fièrement ce concile anthropocentrique en rupture avec la Tradition bimillénaire de l’Église catholique et imposa férocement sa nouvelle messe protestantisée aux prêtres et religieux du monde entier sous peine de suspens a divinis ; et Jean-Paul II le Polonais, le pape médiatique, des bains de foule dans les stades, le pape de l’action qui a appliqué consciencieusement les réformes conciliaires durant son long pontificat et a institué “une nouvelle ecclésiologie”, dixit Mgr Lefebvre, en codifiant le Concile à travers un nouveau droit canon.

Le seul qui n’avait pas encore eu les honneurs de l’autel, le pape Jean-Paul Ier, au règne éphémère de 33 jours, les aura bientôt si l’on en croit le journal des évêques italiens Avvenire, généralement bien informé.

Décidément l’Église anti-traditionnelle post-Vatican II,  a inauguré une tradition en canonisant tous les pontifes qui depuis Jean XXIII furent des hommes du Concile. Pour mieux concourir à la consécration de Vatican II, à sa sanctification, à son irrévocabilité…

Les vertus héroïques de Jean-Paul Ier devraient donc être bientôt reconnues dévoile Avvenire dans son édition du 26 août 2017, 39e anniversaire de l’élection pour son bref pontificat de Albino Luciani. La Congrégation pour la cause des Saints arrive à l’examen final dans le procès de béatification ouvert le 23 novembre 2003.

Pour fonder cette nouvelle béatification d’un pape au pontificat si bref, le journal épiscopal italien rappelle la considération que portait Jean-Paul Ier au concile Vatican II et ses efforts humanistes pour la paix au Proche-Orient. Ratifier Vatican II et pomouvoir la paix mondiale selon les idéaux maçonniques sont le sésame qui ouvre la voie aux honneurs des autels conciliaires  :

« Je m’explique. J’étais au Concile et j’ai signé en 1962 l’appel des Pères au Monde… J’ai signé aussi Gaudium et Spes. Quand Paul VI a publié Populorum Progressio (l’encyclique sur le développement humain et la notion chrétienne de progrès, ndlr) j’ai été ému, enthousiaste, j’ai parlé, j’ai écrit. Aujourd’hui aussi je reste persuadé que la hiérarchie, le Magistère, ne fera jamais assez pour insister, pour recommander le dialogue serein et constructif sur les grands problèmes de la liberté, de la promotion du développement, du progrès social, de la justice et de la paix ; et les laïcs ne s’engageront jamais assez pour résoudre ces problèmes. Je parle surtout des laïcs catholiques » professa Jean-Paul Ier lors d’une audience sur l’Espérance un mois après son élection.

Et il ponctua son message par une allusion à la paix au Proche-Orient  :

«En ces moments nous avons un exemple qui nous vient de Camp David. Hier le Congrès américain a applaudi frénétiquement, applaudissement que Nous avons entendu, lorsque Carter a cité les paroles de Jésus : “Bienheureux les pacifiques ». J’espère vraiment que cette ovation et ces paroles entrent dans le cœur de tous les chrétiens, spécialement de nous catholiques et nous fassent vraiment des ouvriers et faiseurs de paix. »

Avvenire rappelle que pour le pape Luciani,

« favoriser la réconciliation et la fraternité entre les peuples, en invitant à la collaboration, pour « l’édification, le développement si vulnérable de la paix dans le monde troublé » et endiguer les nationalismes et à l’intérieur des nations « la violence qui détruit uniquement et sème des ruines » est, avec l’engagement œcuménique et inter-religieux, la priorité définie dans le discours programmatique de Jean-Paul Ier ».

Gaudium et Spes et les messages de Paul VI centrés sur le monde, et non pas le “Tout restaurer tout dans le Christ” de saint Pie X, furent la boussole qui conduisit l’action diplomatique et œcuménique du nouveau pontife révèle Avvenire.

« Nous n’avons pas, déclara Jean-Paul Ier le 4 septembre 1978 aux représentants de missions internationales, il est vrai de solutions miraculeuses pour les grands problèmes mondiaux. Nous pouvons cependant donner quelque chose de précieux : un esprit qui aide à dénouer ces problèmes et les relie à la dimension essentielle, celui de l’ouverture aux valeurs de la charité universelle… pour que l’Église humble messagère de l’Évangile à tous les peuples de la terre, puisse contribuer à créer un climat de justice, de fraternité, de solidarité et d’espérance sans laquelle le monde ne peut vivre. »

Le langage humanitariste concocté dans les temples occultes, arrimé à des valeurs pseudo-chrétiennes, ces fameuses vertus devenues folles car coupées de leur sève authentiquement catholique et divine, ne date pas d’aujourd’hui. Il est l’apanage de tous les pontifes conciliaires, de Jean XXIII à François, qui, dans la perspective croient-ils d’aider une humanité post-moderne déspiritualisée, ont adopté le jargon du monde contemporain, nihiliste, sans Dieu. Ils en ont absorbé les intonations, la philosophie, la manière de penser et de voir, les concepts désincarnés de bonheur et de fraternité, idoles sanguinaires de toutes les révolutions. Et ils ont oublié de parler à l’homme de Dieu, du Christ, de l’unique nécessaire, pour la paix, pour le monde. Ou quand ils en parlent c’est dans un charabia œcuménique qui tue l’idée même d’une Vérité absolue, transcendante et salvatrice.

La future probable béatification de Jean-Paul Ier n’est en somme qu’une autre pierre portée à l’édifice de la nouvelle religion humanitariste véhiculée par une Église conciliaire en recherche de sanctification. Au nouveau code de 83, aux nouveaux dogmes révolutionnaires de liberté, égalité, fraternité, aux nouveaux rites, à la nouvelle messe, à la mentalité moderniste, correspondent des nouveaux saints !

Ces papes modernistes bien du monde et aimés par le monde ont oublié la grande leçon du Christ : être dans le monde sans être du monde et supporter la haine du monde par amour de Lui :

« Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. » Jean 15, 18-19

Francesca de Villasmundo  

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