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Image : capture d’écran de France 24

Viktor ORBAN a perdu les élections législatives qui se sont déroulées le 12 avril 2026, après 20 ans passés à la tête du pays.

Le bilan est nettement positif mais la situation s’est dégradée lors de son dernier mandat.

Le plus grand bienfait qu’Orban et la coalition qui l’a soutenu de 2010 à 2026 ait apporté à la Hongrie est d’avoir mis en place une nouvelle constitution, adoptée le 25 avril 2011, appelée « Loi fondamentale de la Hongrie » en rendant hommage au roi Saint Etienne de Hongrie dès la première page: « Nous sommes fiers que notre roi Saint Etienne ait placé l’Etat hongrois sur des fondations solides en faisant entrer notre patrie dans l’Europe chrétienne ». 

Cette loi fondamentale affirme dans l’article L que « La Hongrie défend l’institution du mariage en tant qu’union de vie fondée sur un engagement volontaire entre un homme et une femme, ainsi que la famille comme base de la survie de la nation ».

1) Bilan social

L’indice de fécondité a d’abord évolué à la hausse, en passant de 1,23 en 2011 à 1,61 en 2021, grâce à la vigoureuse politique en faveur de la famille et nataliste que Viktor Oran a menée. Cependant, le taux a beaucoup rebaissé depuis et il a été en 2025 de 1,31. Le taux de 2025 est provisoire mais les années précédentes montrent qu’il y a très peu d’écart entre le taux provisoire et le taux définitif.

La quasi-totalité des pays européens ont connu une baisse importante de leur indice de fécondité depuis 2022. Il en est de même des pays de l’Amérique du nord et du sud-est asiatique. Cela correspond à l’année qui a suivi la campagne des injections de masse censées lutter contre le coronavirus qui ont eu lieu, selon les pays et en ce qui concerne les femmes en âge de procréer, à l’été et à l’automne de 2021. Certes, une corrélation statistique n’est pas une preuve mais, en tout cas, aucune récession économique générale n’a eu lieu dans les zones géographiques indiquées à partir de 2021 et la cause économique doit donc être écartée. D’autant que les autres pays européens qui mènent aussi une politique nataliste, par exemple, la Bulgarie, l’Italie depuis 2018, ont subi la même baisse que ceux qui n’ont pas de politique nataliste.

Le nombre de mariages civils a plus que doublé entre 2010, où il y en avait eu 35 520, et 2021, où il y en a eu 72 030. Ce phénomène est unique en Europe pendant cette période et il est probablement du à la mention de l’institution du mariage dans la constitution et à la politique favorable à la famille qu’Orban a toujours menée depuis 2010. Toutefois, le nombre de mariages a baissé après 2021, jusqu’à 46 561 en 2024. La hausse a repris depuis (46 600 en 2025 et + 8,6% entre les 4 premiers mois de 2025 et ceux de 2026).

La baisse du nombre de mariages depuis 2021 n’est pas spécialement inquiétante. En effet, d’une part, une partie importante de la forte hausse entre 2010 et 2021 correspond à des mariages de régularisations. Au fur et à mesure de ces régularisations, leur nombre potentiel diminue. D’autre part, le nombre potentiel de mariages, du fait du non-renouvellement des générations depuis 1959 – sauf de 1974 à 1977 – en Hongrie, diminue. Enfin, la part des naissances légitimes n’a cessé de remonter de 2015 à 2024: elle est passée de 52,2% (minimum historique) à 76,4%. Elle a un peu diminué en 2025 (75,7%), ce qui reste un meilleur taux qu’en Pologne (71,1% de naissances légitimes) ou qu’en Italie (58,7%). Cette augmentation de la part des naissances légitimes est contraire à la tendance européenne qui est à une diminution des naissances légitimes.

Le nombre de divorces a nettement diminué de 23 873 en 2010 à 15 234 en 2020, avant de remonter à 18 600 en 2025 (chiffre provisoire).

Le nombre d’avortements a fortement baissé. Il est passé de 40 449 en 2010 à 20 257 en 2024, avant de remonter légèrement en 2025 (20 400). Le nombre d’avortements rebaisse fortement, de 18,0%, sur le premier trimestre de 2026 par rapport à celui de 2025.

2) Bilan économique

C’est en matière de lutte pour l’emploi que Viktor Orban a le mieux réussi. Si sa politique a mis deux ans pour commencer à avoir des effets, le taux de chômage, corrigé des variations saisonnières, qui était de 10,9% au 2e trimestre de 2010, diminue du 2e trimestre de 2012 (taux de chômage de 10,8%) au 1e trimestre de 2019 (3,3%), taux le plus bas enregistré pour des statistiques trimestrielles depuis qu’elles existent en Hongrie (2009). La crise sanitaire fait remonter le chômage entre 4 et 5 % du 2e trimestre de 2020 (4,6%) au 2e trimestre de 2021 (4,2%). Il redescend ensuite à un niveau très bas: 3,4% au 2e trimestre 2022. La guerre en Ukraine gêne fortement le commerce hongrois et le taux de chômage repasse au dessus de 4% au 2e trimestre 2023 (4,1%). Toutefois, il reste ensuite entre 4,1% et 4,6%. Le dernier taux connu, celui du 4e trimestre de 2025, est de 4,6%.

L’endettement de la Hongrie s’est réduit de 60,4% à 55,6% entre 1998 et 2002, puis, après son retour au pouvoir, de 80,2% à 65,0% entre 2010 et 2019. Mais suite à des dépenses exagérées au moment de la crise du coronavirus (2020), il est remonté à 78,7% en 2020 avant de redescendre à 75,2% à la fin du 3e trimestre 2025. Encore faut-il préciser qu’Orban, par son opposition à toute aide militaire à l’Ukraine et à la propagande en faveur des mœurs contre-nature menée par l’UE, s’est vu confisqué par celle-ci 19 milliards d’euros d’aides accordées à cause de l’épidémie de coronavirus. La raison officielle était le non respect des principes de l’état de droit mais pour Bruxelles, l’état de droit, c’est le respect des prétendus « droits » contre-nature et des media qui font leur promotion. Le bilan global est positif puisque les deux périodes au pouvoir de Viktor Orban se sont traduites par un recul significatif de l’endettement alors même que le gouvernement hongrois a beaucoup dépensé pour relancer la natalité et améliorer la situation des familles.

La croissance du PIB a été soutenue pendant la plus grande partie des périodes où Orban a dirigé la Hongrie: plus de 4,1% par an en moyenne entre 1998 et 2002, et plus de 2,2 % entre 2010 et 2026 mais cette deuxième période a connu deux évènements très négatifs indépendants de la politique hongroise: la crise du coronavirus (la Hongrie a connu une récession de 1,8% en 2020, à comparer toutefois avec la récession en France de 4% la même année) et la guerre en Ukraine qui a davantage impacté la Hongrie qui est frontalière avec l’Ukraine et qui commerçait beaucoup avec ce pays et la Russie en 2022. A cause de cela, le taux d’inflation est monté jusqu’à 25,7% par an en janvier 2023 à comparer avec 5,2% en France sur l’ensemble de l’année 2022. Il est rapidement redescendu à un niveau tolérable: 3,8% en janvier 2024, avant de remonter à 5,6% en février 2025 et de redescendre à un niveau historiquement bas: 1,4% en février 2026. La remontée à 2,1% en avril 2026 est due à la guerre en Iran.

3) Politique étrangère

Orban, de 2010 à 2026, a privilégié une politique d’équilibre entre l’OTAN, dont elle fait partie depuis 1999 (suite au référendum du 16 novembre 1997 sur l’adhésion à cette organisation où plus de 85% des suffrages exprimés ont été en faveur du oui) et la Russie. Orban s’est opposé plusieurs fois aux sanctions contre la Russie, avant d’en accepter certaines après avoir obtenu des contreparties pour son pays. Il a toujours refusé de verser le moindre centime d’aide militaire à l’Ukraine.

Cela fait de la Hongrie un pays neutre entre la Russie et l’Ukraine, mais non un pays pro-russe, contrairement à ce qu’ont prétendu certains media.

S’il y a des liens importants entre la Hongrie et l’Europe occidentale depuis le roi Saint-Etienne (970-1038), il y en a aussi entre la Hongrie et la Russie.

Par exemple, la Hongrie a signé avec la Russie, le 14/1/2014, un accord de coopération pour la construction de deux nouveaux réacteurs de 1.200 MW chacun, sur le site de la centrale de Paks, à une centaine de km de Budapest. Cette centrale compte 4 réacteurs, construits avec l’aide de l’URSS dans les années 1970 et 1980, du temps où la Hongrie était un pays communiste. Le permis de construction n’a toutefois été accordé par la HAEA (autorité hongroise de sûreté nucléaire) que le 25/8/2022 et le coulage du premier béton du 5e réacteur a eu lieu le 5/2/2026. Cette nouvelle centrale nucléaire permettra au gouvernement hongrois, selon l’entreprise publique russe Rosatom, de «planifier l’approvisionnement énergétique du pays pour 100 ans».

En définitive, Orban, après avoir mis en place une meilleure constitution, a réussi à améliorer la situation morale, sociale et économique de la Hongrie. Toutefois, il n’a réussi que partiellement à augmenter la fécondité entre 2011 et 2021 et celle-ci baisse à nouveau beaucoup depuis. C’est son principal échec malgré les nombreuses mesures qu’il a prises en la matière, dont notamment l’augmentation des allocations familiales, la mise en place de prêts pour l’achat d’un logement pouvant se transformer en don en cas de naissances de 3 enfants dans les 10 ans qui suivent, aides aux grands-parents qui gardent leurs petits-enfants.

On peut penser qu’en plus de la baisse de la natalité de 2021 à 2025 qui a fait perdre un peu moins des 4/5 de la hausse obtenue entre 2011 et 2021, une raison importante de son échec aux législatives de 2026 est la venue du vice-président des Etats-Unis, James David VANCE, pendant la campagne électorale. Certes, celui-ci est comme Orban en faveur de la famille traditionnelle. Mais il représentait aussi le gouvernement d’un pays qui bombardait l’Iran et était donc, avec son allié Israël, à l’origine de la forte progression des coûts des carburants. En tout cas, le résultat des législatives a été plus mauvais que les estimations des derniers sondages qui donnaient, soit une légère avance à Orban, soit une avance à son adversaire, mais de moins de 10 points. Le résultat final a été de 38,6% pour la coalition d’Orban, formée du FIDESZ (Fédération des jeunes démocrates – Alliance civique hongroise), le parti d’Orban et du KDNP (Parti populaire chrétien-démocrate) et de 53,2% pour son adversaire Péter Magyar. L’autre parti nationaliste, MI HAZÁNK MOZGALOM, a obtenu 5,6% et l’unique parti de gauche qui se présentait au niveau national, la Coalition démocratique, a obtenu seulement 1,1%.

La coalition d’Orban n’a plus que 52 députés, MI HAZÁNK 6 et TISZA, le parti de Magyar 141. Magyar est donc en mesure de modifier la constitution (il faut les 2/3 des députés pour cela, soit 133)

Ceci est inquiétant car l’une des premières décisions du nouveau gouvernement a été de ne pas interdire une manifestation contre-nature (LGBT) prévue cette année à Budapest alors qu’Orban l’avait interdite en 2025. Elle avait quand même eu lieu et des poursuites, toujours en cours, ont été engagées par l’ancien gouvernement contre quelques-uns des organisateurs.

Par ailleurs, un bras de fer s’est engagé entre le FIDESZ et TISZA car le nouveau premier ministre veut forcer le président de la Hongrie, Tamás SULYOK, proche d’Orban, à démissionner. A priori, même une modification de la constitution ne le permet pas car celle-ci ne peut être rétroactive et le mandat de SULYOK se termine en mars 2029.

Le président hongrois a moins de pouvoir qu’en France mais il peut quand même nommer à de nombreux postes militaires et de la haute administration.

Magyar a aussi fait savoir qu’il voulait changer d’autres personnes nommées par Orban avant la fin de leurs mandats, y compris les membres de la Cour constitutionnelle. Voilà qui est en contradiction avec le souhait qu’il avait exprimé pendant la campagne électorale: faire davantage respecter l’état de droit.

Que Dieu protège la Hongrie.

Gontran PAUME

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