mielIl y a deux ou trois ans, j’avais raconté  nos lecteurs une histoire bien curieuse. Depuis 17 ans, j’ai repris la présidence de la Société académique du Boulonnais. À cet époque nous avions pris comme président d’honneur un de nos compatriotes une dénommé Pierre-André Wimet. En 1939, cet homme avait eu le mérite de faire répartir  dans les châteaux des environs les collections du musée de la ville un des plus considérables de France par les collections. Bien lui en pris. Toute la basse ville fut détruite par les bombardements entre 1940 et 1944 ; ainsi qu’une aile du musée contenant encore la collection de minéralogie qu’il n’avait pas été possible de déménager. Moindre mal ! Après-guerre, il fit mettre sous caisses clouées tout ce qui rentrait des châteaux. Ces actions de sauvetage lui valurent d’être nommé Conservateur des Monuments historiques du Pas-de-Calais, devenue plus tard Commission d’Histoire et d’Archéologie.

Pierre-André Wimet  me raconta une histoire curieuse. Il était orphelin de mère et avait une marâtre qui ne le ménageait guerre. Comme il s’ennuyait, il accompagnait mon grand-père le Dr François Mahieu, maire de la ville de Wimereux, lors de ses visites médicales à domicile. Il voyait alors le médecin soigner les plaies et les ulcères de jambes par une couche de miel. Ce fus le cas pour le fameux Marconi inventeur en 1899 de la radio-transmission d’un côté à l’autre de la Manche. Il avait eu un accident de tilbury et était dans le coma. Mon grand-père le soigna avec des lavements de laudanum, un dérivé de l’opium. Effectivement de nos jours, les traumatisés crâniens graves sont mis en coma artificiel avec des dérivés synthétiques du pavot. De plus, le médecin soigna aussi les plaies du blessé en y appliquant du miel.

J’ai raconté cette affaire pour nos lecteurs ils y a quelques années ; ce qui me valut les sarcasmes de certains d’entre eux. Tout indiquait qu’un traitement de cette nature ne pouvait que favoriser l’infection. Or un article du Quotidien du médecin du 18 avril 2016 titre ainsi : « Traitement des plaies : des pansements au miel pour mieux cicatriser. » En effet de nos jours, les microbes sont de plus en plus résistants aux antibiotiques. Il faut chercher des voies nouvelles contre l’antibio­-résistance notamment dans la nature.79 expérimentations sont actuellement en cours sur l’usage du miel comme bactériostatique. Le professeur Lavigne du CHU de Nîmes à ce jour a mis en évidence 150 microbes se trouvant inhibés et mis en bactériostase ou arrêt total du  développement.

Ainsi après plus d’un siècle, se  retrouve ainsi l’usage du miel dans le traitement des infections et des plaies.

Dr JP Dickès

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