Georges Minois est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés au Moyen-Âge. Il signe chez Perrin une biographie de Charles Martel.

732 : Charles Martel arrête les Arabes à Poitiers. Charles Martel fait partie de ces personnages dont la vie semble concentrée en un seul événement. Certes, pareil événement eût suffi à le rendre célèbre : arrêter l’invasion arabe en plein essor et jusque-là irrésistible, un siècle exactement après la mort de Mahomet, est un exploit suffisant pour faire entrer son auteur dans les livres d’histoire. Mais ce livre veut resituer le rôle exact de Charles Martel dans l’histoire de France.

L’ouvrage commence par décrire le cadre politique, socio-économique et culturel du royaume mérovingien dans lequel évolue ce guerrier franc, originaire des Ardennes, fils de Pépin d’Herstal, tout-puissant maire du palais de Neustrie et d’Austrasie, et d’Alpaïde, son épouse secondaire, à une époque où la pratique du concubinage est encore fréquente chez les grands du royaume. Charles Martel révèle pour la première fois ses talents de chef militaire en emportant la victoire contre les Neustriens à Amblève en 716. Les années qui suivent lui permettent encore de s’imposer sur les champs de batailles. Après la déroute de ses ennemis, il se retrouve en 724 tel un maître incontesté du royaume franc et un faiseur de rois.

L’auteur de cet ouvrage nous explique comment Charles Martel est un chrétien de son temps. Il est persuadé d’avoir été guéri par l’intervention miraculeuse de saint Maximin, vers 721, qu’il prend pour protecteur. Il possède une importante collection de reliques, dont le fameux manteau de saint Martin, dont il ne reste que la moitié. Charles Martel implore la protection de ce saint, et son expédition de 732 vers Tours et Poitiers s’explique en partie par sa volonté de défendre le célèbre sanctuaire contre les musulmans. La liste de ses donations à l’Eglise est impressionnante.

La dernière partie de ce livre illustre comment Charles Martel a incarné le rôle de rempart de l’Occident et a conquis une renommée dans toute l’Europe.

Charles Martel, Georges Minois, éditions Perrin, 384 pages, 23 euros

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