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« Une réelle continuité avec le pape François,
Une discontinuité certaine avec Léon XIII. »

Entendons-nous bien : il n’est pas dans notre intention de porter un jugement sur l’ensemble du pontificat du pape actuel ; outre qu’une telle analyse dépasserait les proportions d’un court article, il est impossible de juger prudemment un pontificat qui n’a que quelques mois. Notre but est plus modeste : nous voulons porter un regard critique sur Dilexi te, la première exhortation apostolique de Léon XIV, signée le 4 octobre 2025, en la fête de notre séraphique père saint François. Cet écrit traite de « l’amour envers les pauvres », et prend pour modèle et guide le Poverello d’Assise, « figure lumineuse qui ne cessera jamais de nous inspirer (1) » ; « l’élan qu’il a donné ne cesse d’animer les cœurs des croyants et de nombreux non-croyants (2). » Comme nous pourrons nous en rendre compte par les considérations qui suivent, saint François continue d’être instrumentalisé ; Dilexi te le présente comme modèle de l’humanitarisme moderne.

Le pontife régnant a choisi son nom en souvenir de Léon XIII, le pape de Rerum novarum, la grande encyclique traitant de la question ouvrière et résumant la doctrine sociale de l’Église ; par ce choix, il a voulu signifier que les questions sociales en général, et le problème de la pauvreté en particulier, seraient au coeur de son pontificat. Dans l’actuel contexte de crise de l’Église et d’infidélité de sa hiérarchie, il est bien légitime de nous poser la question suivante : par sa première intervention écrite, le pape se révèle-t-il plutôt successeur de Léon XIII ou de François ? Il va sans dire que Dilexi te comprend un certain nombre de propos vrais et pertinents (3) ; dans le cadre de la présente réflexion, nous ne considérerons que les passages qui s’opposent à la tradition.

I – Une réelle continuité avec le pape François

Quelques signes ou indices

Les premiers mots de l’exhortation – je t’ai aimé – sont tirées du livre de l’Apocalypse. Le Seigneur dit à l’Église de Philadelphie, par l’intermédiaire de saint Jean : « Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n’as pas renié mon nom, j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer4. Voici, je te donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent ; voici, je les ferai venir, se prosterner à tes pieds, et connaître que je t’ai aimé (5). »

Mais le titre de l’exhortation fait aussi référence à la dernière encyclique du pape François, Dilexit nos, du 24 octobre 2024 : « La déclaration d’amour de l’Apocalypse renvoie au mystère inépuisable que le Pape François a approfondi dans l’encyclique Dilexit nos sur l’amour divin et humain du Coeur du Christ. Nous y admirons la manière dont Jésus s’est identifié « avec les plus petits de la société » et comment, par son amour donné jusqu’à la fin, il a révélé la dignité de tous les êtres humains, surtout lorsqu’ »ils sont plus faibles, plus misérables et plus souffrants » (6). »

Par ailleurs, l’exhortation apostolique du 4 octobre dernier n’est que l’aboutissement d’un projet préparé par le pontife défunt : « Dans les derniers mois de sa vie, le Pape François prépara, en continuité avec l’encyclique Dilexit nos, une exhortation apostolique sur l’attention de l’Église envers les pauvres et avec les pauvres, intitulée Dilexi te, imaginant que le Christ s’adresse à chacun d’eux en leur disant : tu as peu de force, peu de pouvoir, mais « moi, je t’ai aimé » (Ap 3, 9). Ayant reçu en héritage ce projet, je suis heureux de le faire mien – ajoutant quelques réflexions – et de le proposer au début de mon Pontificat, partageant ainsi le désir de mon bien-aimé Prédécesseur que tous les chrétiens puissent percevoir le lien fort qui existe entre l’amour du Christ et son appel à nous faire proches des pauvres (7). »

Enfin, il est frappant que le nouveau pape cite fréquemment son prédécesseur. Dilexi te comporte 129 notes en bas de page ; 107 d’entre elles sont des références du pape François (8) !

Ces divers indices nous montrent déjà que Léon XIV entend mettre ses pas dans ceux de François.

Les pauvres

Qui sont les pauvres ? Ce ne sont pas seulement ceux qui ont peu de ressources matérielles, car la pauvreté revêt plusieurs formes : « la pauvreté de ceux qui n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins matériels, la pauvreté de ceux qui sont socialement marginalisés et n’ont pas les moyens d’exprimer leur dignité et leurs potentialités, la pauvreté morale et spirituelle, la pauvreté culturelle, celle de ceux qui se trouvent dans une situation de faiblesse ou de fragilité personnelle ou sociale, la pauvreté de ceux qui n’ont pas de droits, pas de place, pas de liberté (9). » La pauvreté, tout comme dans la pensée de François, est donc comprise dans un sens large, incluant tous ceux qui sont en marge de la société civile ou ecclésiale. Les LGBT, par exemple, appartiennent à cette classe pauvre, du fait qu’ils sont encore trop marginalisés dans L’Église…

Dans la pensée synodale, toutes les périphéries, étant habitées et animées par l’Esprit, sont dignes d’être écoutées, car « il faut reconnaître à nouveau que la réalité se voit mieux à partir des marges et que les pauvres sont dotés d’une intelligence particulière, indispensable à l’Église et à l’humanité (10). » C’est en ce sens que tous les pauvres sont de vrais prédicateurs de l’Évangile ; aussi, « il est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par les pauvres, et que nous reconnaissions tous la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux (11) ».

La pauvreté, telle est la première préoccupation de l’Église à l’heure actuelle ; telle doit être aussi le premier souci des sociétés et des citoyens. Sans quoi, la dignité de l’humanité est gravement compromise : « La réponse que nous apportons à ces questions (sur la pauvreté et la dignité des pauvres) détermine la valeur de nos sociétés et donc notre avenir. Soit nous reconquérons notre dignité morale et spirituelle, soit nous tombons dans un puits d’immondices (12). »

Les migrants

Parmi les pauvres de l’heure présente, les migrants occupent une place à part. Les phénomènes migratoires ne sont pas nouveaux ; mais de nos jours, en particulier à cause des guerres, ils ont acquis des proportions nouvelles, et constituent en vérité un problème majeur. On sait que François prêchait à tout vent un accueil inconditionnel et universel. Pour y voir clair, résumons la saine doctrine.

Il importe de rattacher le problème de l’immigration aux principes de la propriété privée. La terre a été donnée par Dieu pour toute l’humanité. Cependant, pour divers motifs se rapportant au bien commun, il est légitime et nécessaire qu’un grand nombre de biens deviennent propriété privée. C’est le cas, en particulier, de la terre sur laquelle nous habitons ; les diverses nations sont des formes de propriétés privées. De même qu’on peut ou non accepter qu’un étranger entre dans notre maison, un gouvernement peut accepter ou refuser l’entrée d’un étranger sur son territoire. Il y a cependant des cas où l’accueil devient un devoir ; devoir de justice si l’émigrant se trouve dans une nécessité extrême (péril prochain de mort) ; devoir de charité si l’émigrant n’est pas dans une telle nécessité. Mais, pour un gouvernement, ce devoir d’accueil est relatif et dépendant d’un autre devoir : celui de sauvegarder le bien commun de la nation. L’autorité publique doit veiller à ce que l’immigration ne lèse pas trop ce bien commun. À ce titre, elle doit prendre en compte les capacités d’accueil du pays, selon différents facteurs : ressources et travail disponibles, possibilités d’intégration, préservation de sa culture, de son identité, de sa religion, etc. En fonction de ces facteurs, il est tout à fait légitime qu’un gouvernement impose certaines restrictions dans l’accueil des immigrés.

Ce sont précisément ces facteurs que le pape François, au nom d’une charité faussée, omettait de prendre en compte. « Il faut accueillir tout le monde ! Tous doivent être accueillis ! » Léon XIV semble suivre cette voie ; après avoir cité son prédécesseur il conclut : « Elle sait que son annonce de l’Évangile est crédible seulement lorsqu’elle se traduit en gestes de proximité et d’accueil ; et que dans tout migrant rejeté, le Christ lui-même frappe à la porte de la communauté (13). »

Il importe d’ajouter que ces propos idéologiques ne sont pas seulement irréalistes ; ils sont encore totalement dépourvus d’esprit apostolique : nul désir d’apporter la lumière ou la grâce à ces pauvres êtres privés de tout. « La réponse au défi posé par les migrations contemporaines peut se résumer en quatre verbes : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Mais ces verbes ne valent pas seulement pour les migrants et pour les réfugiés. Ils expriment la mission de l’Église envers tous les habitants des périphéries existentielles qui doivent être accueillis, protégés, promus et intégrés (14). » Ces paroles, reprises à François, occultent l’essentiel de la mission de l’Église : conduire le plus d’âmes possible au royaume des cieux.

Mère Teresa de Calcutta

Dilexi te, au n°77, propose comme modèle de charité envers les pauvres et les indigents la célèbre mère Teresa, canonisée en 2016 par François. Sans nier les extraordinaires qualités humaines de cette religieuse, on ne peut non plus passer sous silence ses tendances œcuménistes. Elle déclarait, à propos des mourants qu’elle accueillait dans son foyer : « Nous leur donnons ce qu’ils désirent, selon leur foi. » Et Mgr Di Falco, auteur d’une biographie sur mère Teresa, écrit : « Elle entend aider chacun à mourir selon sa propre religion (…) pour les catholiques, des prêtres sont là pour administrer les derniers sacrements. Pour les autres, ce qui compte, c’est de mourir en paix avec eux-mêmes et avec Dieu. Mère Teresa n’a pas attendu le concile Vatican II pour pratiquer l’œcuménisme et être à l’écoute des religions non chrétiennes. » Pour elle, chacun doit suivre sa conscience et aller à Dieu selon l’approche de sa propre religion, quelle qu’elle soit. Dans ses orphelinats, on ne baptisait pas les enfants orphelins, même ceux qui allaient bientôt mourir…

Le vice de fond

Ces quelques citations suffisent à mettre en lumière le vice fondamental de Dilexi te : le naturalisme, ou l’oubli pratique de la grâce et de son absolue nécessité. L’hérésie caractéristique de l’époque moderne imprègne profondément l’exhortation apostolique. Les considérations qui précèdent le montrent clairement. Un dernier exemple. Au n° 75 il est dit (c’est une reprise de François) : « Tout être humain est enfant de Dieu ! L’image du Christ est imprimée en lui ! » Ces paroles, malheureusement fréquentes dans le magistère postconciliaire, sont contraires à la Sainte Écriture15 ainsi qu’à la Tradition (16), et favorisent l’hérésie, la confusion entre la nature et la grâce. Nous devenons enfants de Dieu par la seule réception de la grâce sanctifiante. En dehors de cette réception, l’être humain, selon l’expression de saint Paul, est un « enfant de colère (17) », sous la domination du démon (18).

Afin de mieux faire ressortir à quel point les doctrines actuelles s’éloignent de la pensée de l’Église, penchons-nous maintenant sur quelques propos de Léon XIII.

 II – Une discontinuité certaine avec Léon XIII

Résumons ici les enseignements de Léon XIII sur ce qu’on avait coutume d’appeler autrefois « la question sociale ».

Finalité de l’Église

L’Église instituée par Notre-Seigneur n’a qu’une fin ultime : le salut des âmes. « De même que Jésus-Christ est venu sur la terre afin que les hommes eussent la vie et l’eussent plus abondement (19), ainsi l’Église se propose comme fin le salut éternel des âmes (20). » « Dieu a établi son Église pour sauvegarder et répartir les biens suprêmes des âmes, supérieurs par leur nature à tout le reste, et pour apporter aux hommes, par le moyen de la foi et de la grâce, une vie nouvelle en Jésus-Christ, une vie qui assure le salut éternel (21). »

Aussi l’Église est-elle par nature missionnaire :

« Puisque tout salut vient de Jésus-Christ et qu’il n’est point sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvés, c’est notre vœu le plus ardent que le très saint nom de Jésus se répande rapidement en tous les lieux et les pénètre de sa bienfaisante vertu. À cet égard, l’Église n’a jamais failli à sa mission divine (22). »

La question sociale

Tout d’abord, le pape tient à rappeler que l’inégalité des conditions et des fortunes fait partie des réalités qu’on ne peut éviter ici-bas : « Le premier principe à mettre en avant, c’est que l’homme doit accepter cette nécessité de sa nature qui rend impossible, dans la société civile, l’élévation de tous au même niveau. Sans doute, c’est là ce que poursuivent les socialistes. Mais contre la nature, tous les efforts sont vains. C’est elle, en effet, qui a disposé parmi les hommes des différences aussi multiples que profondes ; différences d’intelligence, de talent, de santé, de force ; différences nécessaires d’où naît spontanément l’inégalité des conditions. Cette inégalité d’ailleurs tourne au profit de tous, de la société comme des individus. La vie sociale requiert dans son organisation des aptitudes variées et des fonctions diverses, et le meilleur stimulant à assumer ces fonctions est, pour les hommes, la différence de leurs conditions respectives (23). »

Par ailleurs, si la question sociale s’occupe des biens extérieurs et matériels, elle est cependant intimement liée à la religion et à la morale. Les malheurs politiques et sociaux de notre époque ont pour cause première l’apostasie des nations et l’abandon des principes chrétiens. « Le dernier siècle a détruit, sans rien leur substituer, les corporations anciennes, qui étaient pour les ouvriers une protection ; tout principe et tout sentiment religieux ont disparu des lois et des institutions publiques, et ainsi, peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vus avec le temps livrés à la merci de maîtres inhumains, et à la cupidité d’une concurrence effrénée (24). »

Fausse solution

C’est en vain que l’homme travaille au soulagement des pauvres et des malheureux s’il se borne à l’exercice d’une bienveillance purement naturelle et humaine : « Trop souvent, on voudrait aujourd’hui dépouiller les œuvres de bienfaisance publique de ce caractère religieux qui les ennoblit et qui seul peut les rendre vraiment fécondes. À la charité on voudrait substituer un amour naturel et humain, qui ne vise pas au-delà des besoins matériels et qui, malgré le grand bruit qu’il fait, n’arrive jamais à enlever aux misères humaines ce qu’elles ont de plus amer (25). »

Léon XIII condamne explicitement les invasions du naturalisme dans la pratique du dévouement chrétien : « La bienveillance, dit-on, doit être laïque, pour être mieux acceptée, les nécessiteux ayant coutume de recevoir avec un sentiment d’avilissement et de honte, les secours qu’ils sentent leur venir de la charité chrétienne. Mais il est lamentable qu’il se trouve, parmi les chrétiens, des hommes qui errent si profondément dans l’application d’une vertu, qui est la reine de toutes les autres (26). »

La véritable solution

Les sociétés ne pourront travailler efficacement au bien des peuples qu’en revenant aux principes chrétiens : « Il n’est pas douteux que la société civile des hommes ait été foncièrement renouvelée par les institutions chrétiennes ; que cette rénovation a eu pour effet de relever le niveau du genre humain ou, pour mieux dire, de le rappeler de la mort à la vie et de le porter à un si haut degré de perfection qu’on n’en vit de supérieur ni avant ni après, et qu’on n’en verra jamais dans tout le cours des siècles; qu’enfin c’est Jésus-Christ qui a été le principe de ces bienfaits et qui en doit être la fin ; car de même que tout est parti de lui, ainsi tout doit lui être rapporté. (…) C’est pourquoi, si la société humaine doit être guérie, elle ne le sera que par le retour à la vie et aux institutions du christianisme (27). »

Le règne du Christ et de son Église est le premier remède aux malheurs de notre temps : « Le siècle dans lequel nous vivons, siècle des plus tristes, ne pourra trouver un autre remède à ses maux, qu’en revenant au Christ et en se rattachant à son Église (28). »

Pourquoi donc l’action de l’Église sur les âmes est-elle souverainement efficace et seule capable de porter remède aux maux de la société ? Parce que l’Église « ne se contente pas d’indiquer où se trouve le remède, elle l’applique au mal de sa propre main. Elle est tout occupée à instruire et à élever les hommes d’après ses principes et sa doctrine. Elle a soin d’en répandre les eaux vivifiantes aussi loin et aussi largement qu’il lui est possible, par le ministère des évêques et du clergé. Puis, elle s’efforce de pénétrer dans les âmes et d’obtenir des volontés qu’elles se laissent conduire et gouverner par la règle des préceptes divins. (…) Les instruments dont elle dispose pour toucher les âmes lui ont été donnés à cette fin par Jésus-Christ et ils portent en eux une efficacité divine. Ils sont les seuls aptes à pénétrer jusque dans les profondeurs du coeur humain, les seuls capables d’amener l’homme à obéir aux injonctions du devoir, à maîtriser ses passions, à aimer Dieu et son prochain d’une charité sans mesure, à briser courageusement tous les obstacles qui entravent sa marche dans la voie de la vertu (29). »

Ainsi, l’influence sociale de l’Église est avant tout surnaturelle ; c’est en répandant la lumière et la grâce d’en haut qu’elle travaille au véritable bonheur de l’humanité. En abandonnant sa mission surnaturelle, elle serait infidèle aux desseins divins et perdrait toute efficacité réelle.

La différence entre les enseignements de Léon XIII et ceux de Dilexi te est frappante. L’actuel pontife s’inspire de François et non du pape de Rerum novarum ; s’écartant de la saine doctrine sociale de l’Église, il porte mal son nom. Dilexi te transpire le naturalisme, la grande hérésie des temps modernes. Léon XIV parle du Christ, des saints, de la Tradition, mais toujours selon une vision horizontale, faisant abstraction des réalités les plus fondamentales : la conversion (fuite du péché), la grâce (élévation à l’ordre surnaturel), la vie éternelle. Cette conception horizontale prétend s’inspirer des exemples de saint François ; c’est là défigurer notre père et blasphémer Celui qui l’a fait saint. Car si le Poverello a aimé les pauvres et la pauvreté, il les a aimés en relation au Christ et à son œuvre rédemptrice. Il a choisi la pauvreté matérielle pour imiter Notre-Seigneur et marcher plus librement sur le chemin du ciel. Il a secouru les pauvres en leur apportant l’Évangile de la grâce et de la paix. Car, comme tous les saints, il savait que le péché est la plus grande des misères et la seule qui mette obstacle à notre entrée dans le royaume des cieux ; à ce titre, elle doit être inlassablement combattu, par la prière et la prédication de la pénitence. Saint François n’est pas un modèle d’aide humanitaire, mais un merveilleux exemple de charité apostolique et conquérante. Le Christ, accomplissant les prophéties, est venu sur la terre afin d’« évangéliser les pauvres (30) » – les pécheurs que nous sommes – et de leur procurer l’incomparable bienfait de la vie éternelle ; l’Église, au cours des siècles, a poursuivi indéfectiblement cette œuvre missionnaire. Mais l’Église conciliaire, oublieuse de l’au-delà, poursuit un autre but : la paix entre les hommes et le bien-être sur la terre. Elle écoute peut-être le cri des pauvres, mais elle n’entend plus le cri des âmes.

Tant que le funeste concile Vatican II, arbre immense plongeant profondément ses racines dans le naturalisme moderne, ne sera pas déraciné, il produira ses fruits amers. Continuons à prier pour que le souffle divin renverse cet arbre malsain.

Frère Cassien-Marie

Source : CUSTODIE DES FRÈRES MINEURS CAPUCINS D’OBSERVANCE TRADITIONNELLE

Notes de bas de page

1 Exhortation apostolique Dilexi te, n° 6. Nous utilisons le texte édité par Téqui.
2 Ibid., n°7.
3 Le chapitre 3, par exemple, résume l’activité charitable de l’Église à travers l’histoire en faveur des pauvres.
4 Il s’agit probablement de certaines opportunités apostoliques offertes à cette communauté chrétienne fervente.
5 Ap 3, 8-9.
6 Dilexi te, n°2.
7 Ibid., n°3.
8 Pour 2 notes faisant référence au Concile Vatican II… Mais il est vrai que François ayant été parfaitement un « pape du Concile », Léon XIV ne s’écarte nullement de l’esprit de ce dernier.
9 Dilexi te, n°9.
10 Ibid., n°82.
11 Ibid., n°102.
12 Ibid., n°95.
13 Ibid., n°75.
14 Ibid., n°75.
15 Par exemple : « Mais à tous ceux qui l’ont reçu (le Christ), il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom… » (Jn 1, 12)
16 Par exemple : « Et nous aussi, par sa grâce, nous sommes devenus ce que nous n’étions pas, c’est-à-dire enfants de Dieu. » (Saint Augustin)
17 Éph 2, 3.
18 La seule création ne fonde pas des relations filiales avec Dieu.
19 Jn 10, 10.
20 Encyclique Immortale Dei du 1er novembre 1885.
21 Encyclique Officio sanctissimo du 27 décembre 1887.
22 Encyclique Præclara gratulationis du 20 juin 1894.
23 Ibid.
24 Encyclique Rerum novarum du 16 mai 1891.
25 Discours aux Conférences de Saint-Vincent de Paul, 3 juin 1883.
26 Discours au Sacré Collège, 30 décembre 1889.
27 Encyclique Rerum novarum.
28 Discours au Sacré Collège, 24 décembre 1878.
29 Encyclique Rerum noavrum.
30  Voir Lc 4, 18.

Voir les précédentes chroniques : 

– Chronique d’Assise n° 01 – Les capucins en guerre !
– Chronique d’Assise n° 02 – Trahi et défiguré depuis longtemps
– Chronique d’Assise n° 03 – L’Encyclique Laudato Si face à Saint François et la nature
– Chronique d’Assise n° 04 : Le véritable esprit de saint François, « homme très catholique »
– Chronique d’Assise n° 05 : « Saint François démocrate ? »
Chronique d’Assise n° 06 : « L’économie de François » [Première partie]
Chronique d’Assise n° 07 : « L’économie de François » [Seconde partie]

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