David Fiasson, agrégé d’histoire, est enseignant-chercheur contractuel en histoire médiévale à Cergy Paris Université. Après avoir consacré sa thèse à la « frontière des ennemis » durant la seconde partie de la guerre de Cent Ans, il dédie actuellement ses recherches aux liens entre la guerre médiévale et le patrimoine matériel et immatériel.

Quelques mois avant que la Peste noire ne décime leurs royaumes, on pouvait estimer que Philippe VI régnait sur près de 15 millions de sujets, et son rival Edouard III sur guère plus de 5 millions. Leurs ressources financières et leur puissance militaire étaient tout aussi disproportionnées : vers l’an 1340, le roi de France disposait d’au moins 30.000 cavaliers et 30.000 fantassins, alors que l’armée anglaise qui débarqua en France en 1346 comptait moins de 15.000 combattants. Avec une France si peuplée, si riche et si forte, et une Angleterre si pauvre et si faible, Crécy aurait dû en toute logique marquer la fin précoce de la guerre de Cent Ans, tant la victoire semblait promise au Valois. Et pourtant, au soir d’une bataille particulièrement meurtrière pour les Français, c’est bien Philippe VI qui fut contraint à la fuite pour éviter la capture. Ce fut la défaite de la meilleure chevalerie d’Europe face aux archers gallois. Ce livre tente d’analyser méthodiquement cette défaite française si cuisante qu’elle justifia une modification profonde des tactiques françaises. La plus spectaculaire fut assurément l’abandon des grandes charges de cavalerie menées de front, à la lance. Elles constituaient en effet un piège mortel, car les archers anglais pouvaient abattre les chevaux avant que les hommes d’armes français n’aient pu infliger aux lignes anglaises le choc décisif de leurs lances. Prisonniers de leurs montures, les malheureux étaient voués au massacre, tandis qu’à l’arrière les réserves ne pouvaient plus donner, un rempart de chevaux leur bloquant le passage.

L’auteur montre que s’il est injuste d’affirmer que les Français n’ont rien appris de leurs défaites, ce serait s’aveugler que de prétendre qu’ils en ont tiré toutes les leçons. Le manque d’intérêt témoigné par les Français aux armes de trait leur coûtera encore d’autres sévères défaites…

Un ouvrage qui passionnera tous les amateurs d’histoire militaire.

Crécy 1346, David Fiasson, éditions Perrin, 320 pages, 25 euros

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