Des bruits de bottes se font entendre à l’Est, vers l’Ukraine.

Après Washington, le Royaume-Uni et l’Australie évacuent les familles de diplomates à quelques heures d’une concertation avec les pays européens sur le dossier russo-ukrainien.

Dans ce climat tendu, l’OTAN a annoncé placer des forces militaires en renfort à la frontière entre les deux pays. L’excuse invoquée pour ce déploiement de forces par les atlantistes serait une hypothétique « invasion russe » en Ukraine et la promesse de l’OTAN de « continuer à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger et défendre tous ses alliés ».

La décision de l’OTAN intervient, alors que la Russie a massé des troupes aux frontières de l’Ukraine et que la rencontre entre les chefs de la diplomatie russe et américaine, vendredi à Genève, n’a débouché sur aucun résultat tangible. Le Kremlin a réagi en accusant l’OTAN et les Etats-Unis d’« exacerber » les tensions, en décidant de déployer des navires et des avions de combat en Europe orientale, avant de juger également « très élevé » le risque d’une offensive de Kiev contre les séparatistes prorusses de l’Est ukrainien.

Or, jetant un pavé dans la mare des bonnes intentions atlantistes, le chef de la Marine allemande, Kay-Achim Schönbach, a qualifié « d’inepties » les intentions prêtées par les alliés de l’OTAN à la Russie d’envahir l’Ukraine. Ce que Vladimir Poutine veut, « c’est être respecté », a déclaré ce haut-gradé allemand, selon une vidéo circulant sur internet, filmée lors d’une réunion d’un groupe de réflexion qui s’est tenue vendredi dernier 21 janvier, à New Delhi. « Il est facile de lui accorder le respect qu’il veut, et qu’il mérite aussi probablement », a-t-il ajouté. L’idée que la Russie veuille envahir une partie de l’Ukraine serait donc selon lui « une ineptie ».

Kay-Achim Schönbach a par ailleurs estimé que la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014, était « partie, et ne reviendrait pas » dans le giron de l’Ukraine.

Ces propos ont eu l’effet d’une bombe à l’Ouest. Ils viennent contredire le narratif officiel de l’OTAN se posant en défenseur de la veuve et l’orphelin, en l’occurrence dans ce cas la ‘pauvre’ Ukraine qui risque d’être « envahie » sans raison par la méchante Russie.

Sommé de s’expliquer auprès du chef d’état-major des armées, le haut-gradé a rendu sa démission, a indiqué, samedi 22 janvier, le ministère de la Défense. Le vice-amiral va quitter ses fonctions « avec effet immédiat », a précisé le porte-parole à l’AFP. On apprend en outre qu’il a fait son mea-culpa, sous quelles pressions nulle ne le sait pour l’instant : qualifiant ses déclarations « d’irréfléchies », il a twitté : « Il n’y a pas à ergoter : c’était clairement une faute. » Dans un communiqué diffusé dans la soirée du 22 janvier, il explique également avoir remis sa démission afin « d’éviter des dommages supplémentaires à la Marine allemande et surtout à la République fédérale allemande ».

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a en effet convoqué l’ambassadeur allemand Anka Feldhusen après ces propos jugés « absolument inacceptables » par Kiev.

Par ailleurs, les États-Unis, le Royaume-Uni et les trois États baltes ont accepté de livrer à l’Ukraine des équipements militaires, notamment des missiles antichars et antiaériens alors que l’Allemagne s’en abstient pour l’instant.

De son côté, le Kremlin, guère intimidé par les gesticulations de l’OTAN et derrière elle les Etats-Unis, note qu’un apaisement de la situation est possible si des garanties sur le non-élargissement de l’OTAN à l’Est, en particulier à l’Ukraine, et le non-déploiement de systèmes d’armement menaçant la Russie en Ukraine et dans d’autres Etats voisins sont posées sur la table des négociations.

Francesca de Villasmundo

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