Lors de son voyage dans les Émirats Arabes Unis, le pape François a donc signé une déclaration inter-religieuse sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde avec le grand imam Ahmed al-Tayeb, recteur de l’université islamiste Al-Azhar  dont MPI a souvent démontré l’enseignement radical.

MPI publie in extenso cette déclaration afin d’éclairer les lecteurs sur les fruits mortifères de la doctrine de la liberté religieuse qui sous-tend tout ce texte. Elle fut promulguée au cours du concile Vatican II dans la déclaration Dignitatis humanae qui réduit la foi à quelque chose de subjectif : « à chacun sa vérité » devient « à chacun sa foi », et ruine ainsi toute la vocation missionnaire de l’Église catholique ainsi que le dogme catholique “Hors de l’Église, point de salut”. Voici quel était l’avis de l’évêque de la Tradition, Mgr Lefebvre, au sujet de cette liberté religieuse :

« Vénérables Pères,

On peut, me semble-t-il, exprimer brièvement comme suit les principes de la Déclaration sur la liberté religieuse :

« Fondée sur la dignité de la personne humaine, la liberté religieuse exige l’égalité de droits pour tous les cultes dans la société civile. Celle-ci doit donc être neutre et assurer la protection de toutes les religions, dans les limites de l’ordre public. »

Telle est la conception de la liberté religieuse à nous proposée par les rédacteurs.

Cette conception est-elle nouvelle ou bien affirmée déjà depuis de longs siècles ?

Le rapporteur lui-même a déjà répondu à cette question. Page 43, il écrit :

« Une assez longue évolution historique, positive, morale, a conduit à cette conception, en vigueur seulement depuis le XVIIIe siècle. » Cet aveu ruine ipso facto toute l’argumentation de la déclaration.

En effet, où est entrée en vigueur cette conception ? Dans la tradition de l’Eglise ou bien hors de l’Eglise ? Evidemment, chez les soi-disant philosophes du XVIIIe siècle : Hobbes, Locke, Rousseau, Voltaire… Au nom de la dignité de la raison humaine, ils ont tenté de détruire l’Eglise, en faisant massacrer d’innombrables évêques, prêtres, religieuses et fidèles.

Au milieu du XIXe siècle, avec Lamennais, les catholiques libéraux ont tenté d’accommoder cette conception avec la doctrine de l’Eglise : ils furent condamnés par Pie IX.

Cette conception, qu’il appelle « un droit nouveau » dans son encyclique Immortale Dei, le pape Léon XIII l’a solennellement condamnée comme contraire à la saine philosophie, contraire à l’Ecriture Sainte et à la Tradition.

Cette même conception, ce « droit nouveau » tant de fois condamné par l’Eglise, la Commission conciliaire nous propose, à nous, Pères de Vatican II, d’y souscrire et de le contresigner.

C’est au nom de cette même conception, au nom de la dignité de la personne humaine, que les communistes veulent réduire tous les hommes à l’athéisme et légitiment leurs persécutions contre toutes les religions.

Au nom de l’ordre public à sauvegarder, de nombreux Etats nationalisent les écoles et institutions de l’Eglise, afin de créer l’unité politique.

Jésus-Christ lui-même fut crucifié au nom de l’ordre public et, au nom de ce même ordre, tous les martyrs ont subi leur supplice.

Cette conception de la liberté religieuse est celle des ennemis de l’Eglise. Cette année, le franc-maçon Yves Marsaudon a publié un livre : L’Œcuménisme vu par un franc-maçon de tradition. L’auteur du libre y exprime l’espoir des francs-maçons que notre Concile proclame solennellement la liberté religieuse. De même, les protestants, réunis en assemblée en Suisse, attendent de nous le vote de la déclaration, sans aucune atténuation de ces termes.

Que désirer de plus pour notre information ?

Comme dit Léon XIII, ce droit nouveau tend « à l’anéantissement de toutes les religions, notamment de la religion catholique laquelle, étant la seule vraie entre toutes, ne peut être égalée aux autres sans une suprême injustice ».

Enfin et en somme, où se trouve le défaut de toute cette argumentation, impossible à prouver par la Tradition ou l’Ecriture Sainte, appuyée seulement sur la raison ?

Voici pourquoi elle ne peut se procurer par la raison : elle omet de définir les notions de liberté de conscience, de dignité de la personne humaine. En effet, définir ces notions, c’est ruiner toute l’argumentation.

Or, en saine philosophie, ces notions ne peuvent être définies sinon par rapport à la loi divine.

La liberté nous est donnée pour l’observance spontanée de la loi divine.

La conscience est la loi divine naturelle inscrite dans notre cœur et, après la grâce du baptême, la loi divine surnaturelle.

La dignité de la personne humaine s’acquiert par l’observance de la loi divine. Qui méprise la loi divine perd, par là, sa dignité. Les damnés conserveraient-ils encore leur dignité en enfer ?

Il est impossible de parler véridiquement de liberté, de conscience, de dignité de la personne, sinon par rapport à la loi divine.

Cette observance de la loi divine est le critère de la dignité humaine. L’homme, la famille, la société civile possèdent une dignité dans la mesure où ils respectent la loi divine.

La loi divine elle-même nous indique les règles pour le bon usage de notre liberté.

La loi divine elle-même marque les limites de la contrainte permise aux autorités constituées par Dieu.

La loi divine elle-même donne la mesure de la liberté religieuse.

Comme seule l’Eglise du Christ possède l’intégrité et la perfection de la loi divine naturelle et surnaturelle ; comme elle seule a reçu la mission de l’enseigner et les moyens de l’observer, c’est en elle que se trouve véritablement et réellement Jésus-Christ, qui est notre loi. En conséquence, elle seule possède un droit véritable à la liberté religieuse, partout et toujours.

Les autres cultes, dans la mesure où ils observent cette loi d’une certaine façon, possèdent, on peut le reconnaître, quelque titre plus ou moins fondé à l’existence publique et active. Il s’agit alors de cas particuliers, là où existe une grande variété de cultes qui peuvent être examinés cas par cas.

La loi divine est la clef de toute cette question de la liberté religieuse, parce qu’elle est la norme fondamentale de la religion elle-même et le critère de la bonté et de la dignité de toute l’activité humaine. Nous ne pouvons parler de religion, abstraction faite de la loi divine. Le même principe fonde la religion et l’obligation.

Témoins l’Ancien Testament et le peuple élu, pour qui la loi divine, gravée sur des tables, était vénérable à l’instar de Dieu même.

J’ai dit.” (Onzième intervention de Mgr Lefebvre au concile sur la liberté religieuse).

Le 29 juillet 1976, l’évêque d’Ecône récidivait en affirmant courageusement :

Ce droit à la liberté religieuse est blasphématoire car c’est prêter à Dieu des intentions qui détruisent sa majesté, sa gloire, sa royauté. Ce droit implique la liberté de conscience, la liberté de pensée et toutes les libertés maçonniques.”

Francesca de Villasmundo

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12 commentaires

  1. comme il n’y a pas de chef de “l’Eglise” musulmane ce n’est qu’un engagement unilatéral de l’Eglise catholique à baisser son froc et à fournir la vaseline.
    Qu’avons nous à faire avec ce pape ?

  2. Saint-Plaix says:

    Le texte complet de la logorrhée pontificale signée avec le grand Iman d’Al Azhar se trouve ici:
    https://www.saphirnews.com/Declaration-du-pape-Francois-et-de-l-imam-Al-Azhar-sur-la-fraternite-humaine-pour-la-paix-dans-le-monde-et-la_a25980.html

    Je reste cependant dubitatif quant à une formulation qui semble assimiler “âme” et “personne” et laisse imaginer que l’âme n’est pas par nature immortelle! (A moins que ceci ne soit la conséquence d’une mauvaise traduction). Qu’un pape signe cela “interpelle”!…
    “Au nom de l’âme humaine innocente que Dieu a interdit de tuer, affirmant que quiconque tue une personne est comme s’il avait tué toute l’humanité et que quiconque en sauve une est comme s’il avait sauvé l’humanité entière.”

    • Un jourlaniste de ses amis à, si mon souvenir est bon, rapporté que selon l’actuel occupant du trône de Pierre, il n’y aurait pas d’enfer et les âmes damnées seraient plus ou moins anéanties. C’est donc cohérent avec la « non immortalité » de l’âme…
      Le tout sauf les démentis des pompiers de la communication vaticane.

  3. Cadoudal says:

    Donoso Cortes

    “le monde ne peut recevoir ni la vérité ni la vertu que de l ‘Église
    qui est seule en possession de l’ absolu dans l ‘ordre de la pensée,
    et, dans l’ ordre des actions, seule en possession de la charité.
    Si donc jamais par impossible , l’ Église en venait à se mettre
    à la remorque du monde , le genre humain courrait aussitôt à une
    perte irrémédiable.”

  4. Prolongement pour définir le sens de la liberté de conscience :
    Je fournis le texte de Mgr Freppel:
    « La liberté de conscience comprend deux choses: la liberté de croire au-dedans et la liberté de manifester au-dehors ce que l’on croit  : en d’autres termes, la liberté intérieure de la pensée ou de la croyance, et la liberté extérieure de l’enseignement et du culte. Cette distinction est capitale: faute de l’établir, on s’expose à une confusion déplorable et à des malentendus sans fin. Cela posé, la question de la liberté de conscience se simplifie beaucoup, en se dégageant de tout ce qui n’y entre pas. Il ne s’agit pas de savoir si l’homme doit ou ne doit pas conserver son libre arbitre, par une raison bien simple, c’est qu’il ne peut pas le perdre. Il ne s’agit pas non plus d’examiner si l’homme est libre, sous sa responsabilité, de penser et de croire intérieurement ce qu’il veut. La chose est évidente. Il n’y a pas de pouvoir humain qui puisse me contraindre à faire un acte de foi intérieur sur une vérité quelconque, si je ne le veux pas. L’homme conserve son libre arbitre, quoi qu’on fasse, ce qui est hors de doute. Personne n’a jamais prétendu le contraire. »

    Ainsi la liberté de conscience n’est que le résultat, la conclusion « somatico-psychique » du débat de notre libre arbitre face à la loi divine. Le libre arbitre est la « racine » ; la « liberté de conscience » est la somme du tronc (psychisme, au-dedans) + les feuilles et fruits (soma, au dehors)
    Le libre arbitre est donc ce qu’on nomme le « for »(notre tribunal face à la loi divine) et la liberté de conscience n’est que l’expression du « for » qui s’exprime en « for interne » et « for externe ». On peut supprimé le « for interne » et « for externe » le « for » lui subsistera et son expression sera alors rendue par une autre expression que l’on ne nommerait plus « libre arbitre » mais qui exprimerait néanmoins le « for ».
    Or ce qui est soutenu par le non catholique, c’est que la liberté de conscience existe (voir le protestantisme) sans même le libre arbitre.
    D’où l’indifférentisme en matière religieuse et la conclusion de Mirari vos : «  De cette source infecte de l’indifférentisme découle cette maxime absurde et erronée, ou plutôt ce délire, qu’il faut assurer et garantir à qui que ce soit la liberté de conscience. On prépare la voie à cette pernicieuse erreur par la liberté d’opinion pleine et sans bornes qui se répand au loin pour le malheur de la société religieuse et civile, quelques-uns répétant avec une extrême impudence qu’il en résulte quelque avantage pour la religion. Mais, disait saint Augustin,qui peut mieux donner la mort à l’âme que la liberté de l’erreur  ? ”  » (Mirari vos, 15 août 1832)

    • “l’on ne nommerait plus « libre arbitre » mais qui exprimerait néanmoins le « for »–lire non “libre arbitre” mais “ La liberté de conscience “

  5. DUFIT THIERRY says:

    Un grand pas de plus vers la super religion universelle maçonnique à la suite de Vatican II et de Dignitatis Huamnae mettant les fausses religions à égalité avec la SEULE vraie révélée par Notre Seigneur.
    Jamais la divinité de Notre sEigneur n’est rappelée dans cette déclaration sur la fraternité humaine.
    Seul l’islam est gagnant dans cette déclaration maçonnique.
    Effectivementr dans cette apostasie généralisée relisons “ils l’ont découronné”, “j’accuse le concile” de Mgr Lefebvre.
    Au concile le Coetus internationailis Patrum et des cardinaux (Ottaviani, Ruffini, Larraona, Browne et d’autres) se rendirent compte de cette apodtasie mais ne purent l’empêcher.

  6. Cadoudal says:

    ” celui qui ne croit pas a déjà été jugé , parce qu’il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu”
    (st Jean)

  7. cela me rappelle Chamberlain revenant en héros de la paix , Hitler ayant signé tout ce que l’on voulait…LA SUITE ? DES CHIFFONS DE PAPIER …et le cataclysme.

  8. On peut craindre que les signataires ne fassent pas du tout la même lecture du texte.
    Après tout, les musulmans sont d’accord de “coexister” si les chrétiens sont dhimmis et acceptent de se faire humilier publiquement d’être chrétiens …

  9. curieux que ce Pape commence sa tournée moyen-orientale par un pays du pétrodollar. comme pour souligner que ce sont le dollar et le veau d’or qui constituent le nouveau sacerdoce.

    • Pas si curieux que cela. Après avoir détourné des fonds destinés à un hôpital (affaire louche avec Mc Carrick), essayé de voler les associations de bienfaiteurs des Franciscains de l’Immaculée et récupérant 30 millions d’€ d’une donation, aux chevaliers de Malte, il manque de sous. Il va vendre le Vatican aux petro-gangsters. Entre truands, on s’entend.

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