Discours de Mgr Viganò au deuxième congrès du Mouvement Russophile International et du Forum sur la multipolarité

14 mars 2023 – Message de Mgr Carlo Maria Viganò :
Congrès fondateur du Mouvement International Russophile (MIR)

Version écrite

Moscou, 26-27 février 2024

Excellences, Mesdames et Messieurs, Chers amis

C’est la deuxième fois que j’ai l’honneur de m’adresser au Congrès International des Russophiles [Note de la Rédaction de MPI : voir ci-dessus le message du congrès fondateur du 14 mars 2023].

Je tiens à tous vous remercier, ainsi que les organisateurs de cet événement, de m’avoir invité à livrer cette réflexion, qui suit de quelques semaines l’interview historique du Président Vladimir Vladimirovič Poutine avec le journaliste américain Tucker Carlson.

La réaction des grands médias occidentaux montre à quel point la vérité terrorise, dans un monde qui vit de mensonges et s’appuie sur la fausseté.

Tous ceux qui sont réunis ici sont bien conscients de la menace qui pèse sur le monde occidental et sur l’ensemble de l’humanité. Tout d’abord, la menace d’une troisième guerre mondiale, sous les décombres de laquelle seront enterrées des décennies de crimes et de fraudes commis par une élite de plus en plus puissante et tyrannique. Deuxièmement, la menace de l’extermination d’une partie de l’humanité par le biais de l’Agenda 2030. Troisièmement, la menace bien réelle et terrible de l’établissement d’un Gouvernement Mondial totalitaire dans lequel les peuples survivants seront réduits en esclavage. L’annulation progressive des souverainetés nationales et leur absorption dans des organismes supranationaux ont pour objectif déclaré l’établissement du Nouvel Ordre Mondial. Les dirigeants du Forum Économique Mondial, avec toutes ses ramifications officielles et officieuses, ne cachent pas qu’ils ont occupé les échelons supérieurs des institutions par l’intermédiaire de gouvernements-fantoches et avec la coopération servile des médias de régime .

Les peuples occidentaux ont désormais compris qu’ils sont gouvernés par des serviteurs de l’élite mondialiste et que le soi-disant « système démocratique » est une fiction grotesque, à commencer par la manipulation des élections. La séquences des urgences – sanitaire, militaire guerrière, climatique et énergétique – les crises censées justifier l’Agenda 2030 ne sont pas ce qui unit les membres de l’élite, et beaucoup commencent à s’en rendre compte : ce qui anime ces personnes, c’est leur appartenance à un culte satanique. Mais qui veut faire régner Satan doit d’abord bannir Dieu, sous prétexte de la laïcité de l’État : Regnare Christum nolumus [Nous ne voulons pas que le Christ règne]. Le monde occidental a été réduit à un cloaque, un abattoir, un immense champ de bataille, où l’élite contrôle les masses, les appauvrit, les exploite, les humilie, les asservit, les envoie à l’abattoir.

Ayant exclu Dieu de la vie publique, l’autorité n’a à obéir à aucun principe transcendant et peut donc se muer – comme elle le fait – en dictature.

Son pouvoir devient illimité et l’État, privatisé et aux mains de criminels subversifs, remplace Dieu. Peut-on croire que les auteurs de ce coup d’État se résignent à abandonner le pouvoir, alors que l’instauration de ce Nouvel Ordre n’est pas loin, alors que les élites ont réussi à imposer la suppression systématique des droits fondamentaux – santé, propriété, liberté d’entreprendre, liberté d’expression et d’éducation, liberté de circuler et de voyager – à une humanité terrorisée par d’incessantes urgences fabriquées, par la perspective de catastrophes inventées, par la menace de guerres et d’invasions ?

Nous savons tous qu’un réveil des peuples est en cours : en témoignent les manifestations des agriculteurs et des éleveurs qui se répandent comme une traînée de poudre, et celles des citoyens de nombreuses nations, exaspérés par la substitution ethnique – avec les conséquences que l’on sait en termes de sécurité, de criminalité et de coexistence – imposée par des politiques immigrationnistes insensées, coupablement soutenues par des organisations soi-disant humanitaires. Mais ce réveil – s’il ne trouve pas une réponse sérieuse et responsable dans le cadre du droit – conduira inévitablement à la guerre civile, donnant l’excuse aux gouvernements soumis au Forum Économique mondial d’intervenir militairement.

Il y a quinze jours à peine, l’Assemblée Nationale française a adopté une loi sur les « dérives sectaires » qui prévoit de lourdes amendes et des peines d’emprisonnement pour ceux qui expriment une opinion divergente. La censure par l’État ou par des organismes supranationaux est déjà en place et augmentera de façon exponentielle, tout comme le contrôle des masses. Les scandales de la fraude électorale lors de l’élection présidentielle américaine de 2020 ; l’évidence d’un plan criminel d’extermination et de stérilisation de masse par l’imposition d’une thérapie génique expérimentale présentée comme une vaccination de masse ; la volonté de forcer le passage à la monnaie numérique pour contrôler la façon dont nous pouvons ou non dépenser notre argent : ce sont autant de signes alarmants, auxquels s’ajoute la menace d’une guerre nucléaire. L’élite globaliste est prête à tout pour conserver le pouvoir et cacher ses crimes.

Dès lors, en quoi peut consister une action de résistance et d’opposition, capable d’entraîner cette vague montante de contestation, en évitant qu’elle ne soit instrumentalisée ou dispersée ? Je voudrais exposer ici ma vision, en espérant qu’elle sera l’occasion d’une confrontation.

La Révolution a échoué, tout comme l’idéologie laïciste et anti-chrétienne de l’Occident post-révolutionnaire, libéral et maçonnique.

La Russie a connu cet effondrement avant nous, retrouvant sa Foi, ses traditions et sa culture, que le totalitarisme avait combattu et tenté d’effacer, tout comme la dictature woke combat et tente d’effacer notre identité, notre Foi, notre civilisation chrétienne et même les principes sacrés et universels de la Loi naturelle. Nous sommes tous d’accord pour dire que les dégâts causés par une société qui refuse de reconnaître Dieu sont sous nos yeux. Nous devons donc avoir non seulement l’humilité, non seulement le courage, mais aussi et surtout la fierté de professer notre Foi, de vouloir que non seulement l’individu, mais aussi l’État reconnaisse et honore Notre Seigneur Jésus-Christ comme Dieu, Seigneur et Roi, et qu’il Lui conforme ses lois.

En 1874, le grand homme d’État Gabriel García Moreno a consacré la République de l’Équateur à Notre Seigneur, avant d’être assassiné par des Francs-Maçons. Sa devise était : « Liberté pour tout et pour tous, sauf pour le mal et les méchants ». Comment ne pas être d’accord avec lui ? Nous devons reconnaître la Seigneurie du Christ et nous soumettre à Sa loi, Lui confier notre pays et notre nation, nous-mêmes et nos familles. Et qui, parmi ceux qui s’honorent du nom de Chrétien, ne partagerait pas les paroles de Gabriel García Moreno ? Ne serions-nous pas également respectés par ceux qui professent une autre religion, ayant trouvé le terrain d’entente de principes partagés tels que le respect de la vie, de la famille naturelle, le respect des faibles et des personnes âgées ?

Je pense que cela pourrait vraiment, et je dirais presque de manière provocante, constituer le great reset que nous attendons tous, et qui constitue un retour au Seigneur de nous tous, de nos familles, de nos communautés, de nos administrations publiques. Nous devrions redevenir fiers de nous déclarer Chrétiens. Nous devons recommencer à appeler le bien bien et le mal mal ; à ne pas nous sentir inférieurs devant l’arrogance du vice, le cynisme de la corruption ; à ne pas nous laisser intimider par l’apparente irréversibilité du mal. Nous devons rendre aux peuples de l’Occident l’espoir qui leur a été arraché, afin de les subjuguer. Il faut délaïciser la société et la ramener dans le giron de l’ordre divin fondé sur le Christ, l’Homme-Dieu, l’unique Sauveur du genre humain, qui seulement dans le Christ peut trouver la paix. La paix du Christ – qui est paix véritable parce qu’elle est fondée sur la vérité et la justice – ne peut être réalisée que là où règne le Christ : Pax Christi in regno Christi.

Quelle est la seule chose que la chimère mondialiste ne peut pas nous offrir et pour laquelle elle n’a pas de substitut ?

L’héroïsme d’un idéal, la noblesse d’un but pour lequel il vaut la peine de se battre et même de mourir. Et cet idéal ne peut être que la Foi dans le Christ Seigneur, l’amour pour Lui et pour notre prochain, la volonté de donner à notre pays et à nos enfants un avenir où les horreurs du mondialisme ne seront plus qu’un mauvais souvenir. Les subversifs criminels de Davos n’ont pas d’idéal à proposer, parce qu’ils fondent leur succès sur la peur et parce qu’ils obtiennent l’obéissance de leurs serviteurs par la corruption et le chantage. À l’idéologie de mort du Nouvel Ordre Mondial, nous devons opposer l’Évangile, la parole du Verbe Éternel, de Celui qui a dit de Lui-même : Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Si nous affrontons l’ennemi commun sur le terrain où il est le plus fort, nous sommes condamnés à succomber ; si nous déplaçons le combat là où il est le plus faible, nous pouvons gagner, avec l’aide de Dieu. Nous oublions trop souvent que Dieu est vraiment tout-puissant, et que Ses ennemis et les nôtres ne peuvent rien contre Lui. Dieu attend que l’humanité revienne à Lui et qu’elle se laisse sauver quand tout semble perdu.

Telle est la seule issue possible à la dystopie actuelle, car quoi qu’il arrive – que les auteurs du coup d’État soient vaincus ou qu’ils conservent par la force leur pouvoir tyrannique – la conscience du combat spirituel en cours orientera et donnera un élan surnaturel à notre opposition, la rendra méritoire et ne pourra pas manquer de parvenir devant la Majesté divine. Domine salva nos, perimus ! Κύριε, σῶσον, ἀπολλύμεθα. Господи! спаси нас, погибаем (Mt 8, 25). Dans la tempête qui fait rage, le Seigneur semble dormir, alors qu’Il attend que nous L’invoquions et que nous Le reconnaissions capable de calmer les vagues et d’apaiser les vents.

Refondons les États sur le roc, sur la pierre angulaire qu’est le Christ Seigneur.

Rendons à Jésus-Christ la couronne que la Révolution Lui a arrachée. Rejetons loin de nous le joug infernal du mondialisme, l’adhésion à des instances supranationales destinées à effacer notre Foi, notre identité, notre civilisation. Mettons les subversifs criminels face à leurs responsabilités, en commençant par la provocation d’un conflit sanglant qui a exterminé toute une génération en Ukraine, utilisée pour attaquer la Russie, pour la vendre aux multinationales et faire s’effondrer l’Europe économiquement.

Affrontons l’élite non pas tant en contestant les mensonges des crises et des urgences, mais plutôt en opposant à leur vision de la mort l’espérance qui se fonde sur le Christ et sur l’accomplissement de sa volonté. Fiat voluntas tua, disons-nous dans le Notre Père. Faisons la volonté de Dieu, seule réponse possible de la créature au Créateur, et seule prémisse pour gagner avec Lui cette confrontation historique. Tucker Carlson nous l’a également rappelé lors d’une récente interview à Dubaï, lorsqu’il a mis en évidence les deux camps opposés, composés de ceux qui reconnaissent et servent Dieu et de ceux qui veulent se faire dieux à la place de Dieu et contre Lui ; de ceux qui servent la vie et de ceux qui promeuvent la mort, de ceux qui suivent la Vérité et de ceux qui sont les serviteurs du mensonge et de l’escroquerie.

Les peuples sont assoiffés du Bien, ils en ont assez des mensonges et des tromperies, des perversions et des violence.

Ne vous laissez pas vaincre par le mal, mais vainquez le mal par le bien, dit saint Paul (Rm 12, 21). Vainquons le mal par le bien, le mensonge par la vérité, l’orgueil par l’humilité, la corruption par l’honnêteté, l’égoïsme par la charité généreuse. Portons la Lumière dans les ténèbres, la vraie lumière qui éclaire tout homme (Jn 1,9), afin que les ténèbres dans lesquelles se cachent ces criminels subversifs se déchirent et que l’horreur de leurs crimes odieux, et avec eux leur condamnation, apparaissent.

Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix : je ne la donne pas comme la donne le monde. (Jn 14, 27).

Au terme de cette réflexion, je voudrais lancer un appel à tous les hommes de bonne volonté, afin que les Nations soient consacrées au Sacré-Cœur de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie, Mère de Dieu, comme condition préalable pour implorer du Ciel cette paix que seul notre Roi et Seigneur peut donner, et que jamais comme en ce moment l’humanité n’a invoquée sur ce monde pris en otage par des forces infernales. Je lance cet appel au patriarche de Moscou, aux prélats de l’Église orthodoxe, aux cardinaux et évêques catholiques qui n’ont pas cédé au compromis, et à tous ceux qui se reconnaissent dans les principes universels et sacrés de la Loi naturelle.

Sur vous tous, et sur tous ceux qui partagent notre combat spirituel, j’implore d’abondantes bénédictions célestes par l’intercession de la glorieuse Theotokos, la Vierge Mère de Dieu.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque, Ancien Nonce Apostolique aux États-Unis d’Amérique *

© Traduction de F. de Villasmundo pour MPI  relue et corrigée par Mgr Viganò

Version vidéo en italien

Fabien Laurent

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