Le président américain Donald Trump a nommé Amy Coney Barrett, une des favorites des sociaux-conservateurs, comme nouveau juge de la Cour suprême.

S’exprimant à ses côtés à la roseraie de la Maison Blanche, Trump l’a décrite comme une « femme aux réalisations sans précédent ».

Si elle est confirmée par les sénateurs, le juge Barrett remplacera la juge libérale-libertaire Ruth Bader Ginsburg, décédée récemment, à l’âge de 87 ans. Cette dernière, définie comme l’icône de la gauche américaine, devint célèbre par ses positions ultra-progressistes, en matière d’avortement et des droits des Lgbt notamment. Le choix pour la remplacer de celle que l’on nomme ACB fait grincer des dents à toute l’intelligentzia gauchiste américaine.

Cette nomination va immanquablement déclencher  une lutte acharnée au Sénat à l’approche de l’élection présidentielle de novembre.

Samedi dernier, en annonçant que le juge Barrett était nommée pour pourvoir le poste laissé vacant à la Cour suprême des États-Unis, le président Trump l’a décrite comme une « érudite et juge stellaires » avec « une loyauté sans faille à la constitution ».

Le candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden a exhorté le Sénat à ne pas « agir sur cette vacance avant que le peuple américain n’ait choisi son prochain président et le prochain Congrès ». « La Constitution des États-Unis a été conçue pour donner aux électeurs une chance de faire entendre leur voix sur qui siège à la Cour. Ce moment est venu et leur voix devrait être entendue », a-t-il déclaré.

Si le juge Barrett est confirmé, les juges de tendance conservatrice détiendront une majorité de 6 contre 3 à la Cour suprême dans un avenir prévisible.

« Mariée à un juriste et mère de sept enfants (dont deux adoptés à Haïti), Amy Coney Barrett est réputée pour ses articles de doctrine juridique, dans lesquels elle professe des opinions largement influencées, selon ses détracteurs, par ses valeurs religieuses traditionalistes. « Le dogme religieux vit bruyamment en vous », lui avait reproché la sénatrice démocrate Dianne Feinstein en 2016. Une critique qui s’était retournée contre son auteur, taxée d’intolérance, et avait paradoxalement augmenté l’aura de la juge dans les milieux religieux. Le groupe ultra conservateur Judicial Crisis Network avait ainsi fait produire des tasses à l’effigie de la juge surplombée de cette citation. Catholique pratiquante, elle se dit opposée à l’avortement » relate Le Figaro. 

Amy Coney Barrett deviendrait ainsi le troisième juge nommé par l’actuel président républicain, après Neil Gorsuch en 2017 et Brett Kavanaugh en 2018.

Les neuf juges du tribunal sont nommés à vie et leurs décisions peuvent façonner la politique publique sur tout, des armes à feu et des droits de vote à l’avortement et au financement des campagnes pendant des décennies.

Ces dernières années, le tribunal a étendu le mariage homosexuel à l’ensemble des 50 États, autorisé la mise en place de  la loi interdisant de voyager voulue par Trump qui consiste à restreindre les voyages aux Etats-Unis des ressortissants de pays majoritairement musulmans , et retardé un plan américain de réduction des émissions de carbone.

Si la nomination d’un juge à la Cour Suprême engage l’avenir idéologique des Etats-Unis, en faisant ce choix à l’approche des élections, Donald Trump, s’assure également une grande partie des voix des catholiques conservateurs.

Francesca de Villasmundo

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