
On peut faire illusion. On peut mentir. On peut tromper son monde. Mais il y a toujours un moment où la réalité est cruelle.
Un moment où les faits révèlent la vérité. Non. Le RN n’est pas le premier parti de France.
Le RN n’est pas le premier parti de France parce que le RN ne possède presque aucune implantation locale.
Des sympathisants, oui. Mais peu d’adhérents. Très peu de militants. Et encore moins de cadres de terrain.
On jasait autrefois sur Paris et le désert français pour dénoncer la centralisation des activités dans la capitale et sa grande couronne. On peut jaser aujourd’hui sur l’inexistence du parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella en dehors de quelques villes emblématiques.
Tout un symbole.
Les listes des candidats aux municipales de mars 2026 sont à présent toutes déposées. Et dans le Cambrésis, c’est la douche froide pour tous les partis. Très peu de listes partisanes mais surtout, très peu de pluralisme. Comme si les habitants désabusés, désillusionnés, se détournaient de la vie publique.
Dans le Cambrésis pour ne prendre qu’un exemple, il n’y aura qu’une seule liste dans 67 communes sur les 121 que compte le territoire. 67 communes sur 121, cela représente 55 %. Plus de la moitié. Dans plus de la moitié des communes, les habitants n’auront pas vraiment le choix, puisqu’ils ne se seront pas donné les moyens de choisir. C’est sans doute bien pour la recherche de consensus. Mais c’est aussi un drame pour la représentativité des opinions et des idées.
Comment en est-on arrivé là ?
Autrefois, il n’y a pas si longtemps, les gens souhaitaient affirmer leurs convictions, s’engager dans la vie publique, croire en quelque chose.
Pour les partisans de l’ancien Front national, il y avait des lignes fortes : inversion des flux migratoires, restauration de l’ordre public, suppression de l’impôt sur le revenu, refus de l’Union européenne et idée d’une Europe des Patries.
Mais tout cela est fini. Le néo-front national voulu par Marine Le Pen ne veut plus inverser les flux migratoires, mais seulement lutter contre l’immigration clandestine (comme tous les autres partis).
– Le RN ne veut plus restaurer l’ordre public, mais seulement apporter un peu plus de sécurité. – Le RN ne veut plus supprimer l’impôt sur le revenu, mais seulement alléger la fiscalité. – Le RN ne veut plus de l’Europe des Patries. Il s’est rallié à l’Union européenne.
Pour cela, il a fallu changer le parti. Et pour changer le parti, il a fallu se séparer des cadres : exclusions, mises à l’écart, démissions contraintes…
Les hommes de conviction sont partis. Place aux opportunistes de tous poils !
Alors oui, le RN n’est plus qu’un FN qui s’est renié.
Et en se reniant, il a trahi ses cadres, il a trahi ses adhérents, il a trahi ses militants.
Il a aussi et surtout trahi ses électeurs.
Et pour cela, il n’a pas rassemblé mais divisé, écarté, abandonné, exclu.
Ce n’est pas un rassemblement. C’est un reniement.
Et donc, il est compréhensible que ce parti ne parvienne plus à mobiliser les Français pour les élections municipales qui sont, pourtant, avec l’élection présidentielle, une des élections préférées des Français.
Si le RN est haut dans les sondages aujourd’hui, ce n’est assurément pas grâce aux qualités de ses nouveaux dirigeants.
C’est grâce au rejet provoqué par Emmanuel Macron et sa politique de ruine de la France.
André Murawski – 3 mars 2026
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