Une série de courriels de Hillary Clinton, à l’époque où elle était secrétaire d’État dans la première administration Obama (2009-2013) et récemment publiée par la présidence Trump jette de nouvelles ombres sur les relations entre les « Démocrates » et l’organisation islamiste des Frères musulmans, en particulier sur la période précédant le déclenchement des soi-disant « printemps arabes » jusqu’à la chute en Egypte de l’exécutif islamiste de Mohamed Morsy à l’été 2013.

Plus de 35 000 courriels classifiés d’Hillary Clinton ont été publiés ces jours-ci, ceux que l’ancienne première dame a envoyés et reçus de manière inappropriée via son adresse e-mail privée lorsqu’elle était secrétaire d’État. Pour mener à bien ses dangereux jeux au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, elle ne faisait pas confiance à la sécurité du serveur du département qu’elle dirigeait elle-même sous l’administration Obama. Il s’agit donc ici de préférer l’email personnel pour mener à bien les bouleversements qui ont traversé la région depuis 2011.

Sa main émerge derrière les « printemps arabes », sa correspondance avec les Frères musulmans est dévoilée, son partenariat avec le Qatar, ainsi qu’avec des intermédiaires, en charge des transactions financières et du maintien des contacts avec les groupes armés en Syrie et en Libye, démasqué.

Les documents publiés ont également mis en évidence des relations étroites entre l’administration Obama et la chaîne de télévision qatari Al Jazeera, notoirement proches des positions des Frères musulmans; ce n’est pas un hasard si le Qatar reste le principal sponsor moyen-oriental de l’organisation islamiste radicale, avec la Turquie.

L’image qui se dégage des courriels et qui confirme une claire sympathie de l’administration Obama pour les Frères musulmans, perçus à l’époque comme une nouvelle alternative démocratique aux régimes tels que ceux de Kadhafi, Moubarak, Ben Ali et Bachar al-Assad n’est certainement pas une surprise, puisque de telles positions étaient déjà connues depuis des années. Une politique étrangère qui s’est avérée par la suite être un échec à tous les niveaux.

Ces « printemps arabes », soulèvements en Égypte, en Libye et en Syrie, et imputables à Hillary Clinton, déterminée à donner naissance à un monde arabe lié au fondamentalisme des Frères musulmans, avec le soutien du Qatar, ont donné de nombreux espoirs aux manifestants, d’un avenir meilleur, plus libre, plus prospère, espoirs qui se sont ensuite révélés être une illusion. Plus grave encore, ces « printemps arabes » ont été les détonateurs d’un immense chaos au Moyen-Orient et d’une descente pour les populations concernées dans les enfers de Daesh.

La publication des 35 000 messages a eu lieu après 4 ans d’attente et des milliers d’autres seront bientôt dévoilés. C’est un matériau d’une valeur historiographique absolue, fondamentale pour une reconstruction factuelle des événements.

Mais pour la gauche américaine, le scandale n’est pas dans les mails de dame Clinton, la bête noire reste Donald Trump accusé d’avoir favorisé la divulgation de ces messages au moment fort de la campagne électorale pour nuire à Joe Biden, le rival de Trump dans la course à la réélection.

Le calcul politique est certes présent dans ce « mouvement » de l’administration Trump, mais il n’est pas intellectuellement honnête de crier au scandale vu les précédents imputables aux démocrates. De plus, il s’agit de « faits » et non d’illusions, et c’est peut-être précisément cela qui déchaîne encore plus la colère de la gauche américaine, aidée par les médias islamistes des Frères musulmans, parrainés par le Qatar et la Turquie.

Que pourrait-il arriver à la politique étrangère américaine et en particulier à celle dirigée vers le Moyen-Orient si Biden gagne ? Le candidat Démocrate a récemment déclaré que s’il gagnait, il retirerait son soutien à al-Sissi, défini comme « le dictateur préféré de Trump ».

 

Un geste qui ouvrirait une fois de plus les portes aux islamistes radicaux. Comme le souligne Nahal Toosi, un tel changement de ligne serait possible car malgré le grand nombre de conseillers en politique étrangère et en sécurité, Biden vise à s’appuyer exclusivement sur une vingtaine d’experts aux longs cursus et dont plusieurs déjà opérationnels pendant les huit années de l’administration Obama. Parce que le monde du Parti Démocrate américain, y compris ses puissants médias et ses nombreux « experts » sur les affaires du Moyen-Orient, est presque entièrement imprégné de partisans et de sympathisants des Frères musulmans. En bref, une victoire de Biden pourrait être désastreuse pour la stabilité du Moyen-Orient, comme cela s’est produit avec ces soi-disant « printemps arabes » qui ont montré peu ou rien du printemps.

Francesca de Villasmundo

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