VATICAN MEDIA

Après deux précédents entretiens en juin 2018 et en novembre 2021, Emmanuel Macron a rencontré le Pape François pour la troisième fois lors d’une audience privée ce Lundi 24 octobre. Les thématiques abordées concernaient la guerre en Ukraine où le Pape comme le président souhaitent jouer un rôle-clé dans l’issue du conflit, ainsi que le réchauffement climatique, l’euthanasie et l’accueil des migrants.

Œuvrer ensemble pour la paix

Tel est l’objectif de cette rencontre, comme en témoigne le traditionnel échange de cadeaux pour le moins symboliques.

Le Pape François a offert à Emmanuel Macron une médaille de bronze représentant la place Saint-Pierre et la colonnade de Bernin, en mémoire du Pape Alexandre VII qui posa la première pierre du bras gauche de la colonnade en 1657. En effet, depuis son élection il se veut être un « bâtisseur de ponts au nom de la fraternité » dixit Vatican News. Il lui a aussi remis son dernier Message pour la paix et le Document sur la Fraternité humaine de 2019.

Le président a quant à lui remis au souverain pontife la première édition en français du « Traité pour la paix perpétuelle » du philosophe allemand Emmanuel Kant, publiée en 1795.


Photo Vatican

Un geste qui pourrait sembler compréhensible de prime abord : quoi de plus rassurant qu’une paix perpétuelle ? Or le philosophe ne traite évidemment pas de la Paix de Jésus-Christ, seule véritable paix de l’âme, mais il donne le plan de ce que doit être la future République Universelle voulue par la franc-maçonnerie. On apprend notamment que la deuxième partie de l’ouvrage fait état de trois principes nécessaires à une paix définitive entre Etats, que rien ne viendrait troubler pas mêmes les révoltes populaires légitimes : la constitution de chaque Etat doit être républicaine, le droit individuel doit être fondé sur le fédéralisme d’Etats libres et enfin, le droit cosmopolitique doit se restreindre aux conditions de l’hospitalité universelle, ce qui est inconcevable vu les millions d’immigrés qui envisagent d’arriver à nos portes. Bref, un projet de gouvernance mondiale républicaine où chaque Etat doit accueillir tous les citoyens du monde sans restriction.

La question de l’euthanasie sur la table

Ce que les journaux bienpensants appellent pudiquement « fin de vie » – reprenant les éléments de langage de l’Etat qui font de la mort d’une personne donnée par un tiers, une « aide active à mourir » – a été discutée par les deux chefs d’état, sans que soit communiqué le résultat final de cet échange.

Ça urge ! Emmanuel Macron désire au plus vite rendre légale la mort programmée des citoyens français par l’inscription du « droit à l’euthanasie » dans la loi française. Une convention citoyenne est prévue en 2023, comme si le nombre pouvait déterminer ce qui est bien ou mal et donc ce qui peut être autorisé et ce qui doit être interdit.

Le Pape François avait marqué son opposition à ce projet devant une délégation d’élus français le Vendredi 21 Octobre : « Si on tue avec des justifications, on finira par tuer de plus en plus ». « On ne peut demander aux soignants de tuer leurs patients ». Les soignants sont bien placés pour dire que ce sont les souffrances qui peuvent conduire les patients à vouloir en finir. Or dès lors que la douleur est soulagée, ils ne demandent qu’à vivre ! Le Vatican a rappelé que l’euthanasie est un « crime contre la vie humaine », que le suicide assisté est un « grave péché », et que ceux qui y recourent ne peuvent pas recevoir les sacrements. Une occasion manquée de parler de la question essentielle du salut de l’âme pour le patient comme pour les potentiels « soignants tueurs ».

Quelques jours après l’entretien, Emmanuel Macron qui tutoie le chef du Saint-Siège et lui passe volontiers la main dans le dos tout sourire, a livré quelques détails : « J’en ai parlé d’initiative au pape, en lui disant que je n’aimais pas le mot d’euthanasie » car « la mort, c’est un moment de vie, pas un acte technique ». Un euphémisme de plus pour tenter de faire accepter l’inacceptable.

Le président chanoine honoraire rencontre le chapitre de la basilique du Latran

En fin de journée, il a rencontré le chapitre du Latran à Rome, dans le chœur de la basilique. Il a rappelé ce qu’il estime être « le lien historique et spirituel » qui unit les présidents français au Latran, démentant par la même les déclarations embarrassées de l’Elysée sur l’absence de dimension spirituelle du titre honorifique de chanoine honoraire de l’archibasilique du Latran donné aux présidents français.

E. Macron a déclaré : « des fils invisibles nous lient ». « Je ne vous oublie pas, vous les chanoines, et je vous porte toujours dans mon cœur. Je vous renouvelle mes sentiments de loyauté et d’amitié. L’époque dans laquelle nous vivons n’est pas simple… Je vous demande de prier pour nous, dirigeants du monde, d’intercéder et de prier pour nous, car c’est quelque chose qui me tient à cœur ».

La loyauté suppose qu’Emmanuel Macron a pris des engagements envers Rome, lesquels ne sont pas connus. Elle suppose également une réciprocité. C’est pourquoi il attend évidemment de l’Eglise bergoglienne qu’elle soit à ses côtés dans le combat idéologique « pour la paix », par la lutte active contre les obstacles au nouvel ordre mondial(iste) que sont les nationalismes, les barrières morales, la recherche de pureté et le traditionalisme, véritable épine dans le pied des deux colosses aux pieds d’argile…

Attendons-nous donc à des mesures envers les récalcitrants latinistes et autres férus du catéchisme du Concile de Trente en provenance de la République comme de Rome : l’un accuse les Français attachés à leur identité d’être des séparatistes mettant en danger l’unité de l’Etat, l’autre réprouve les traditionnalistes attachés à la doctrine catholique et les accuse de « donner un coup de canif » dans l’unité de l’Eglise. La condition de leur paix est visiblement leur point commun : faire table rase du passé.

« Quand les hommes diront : « Paix et sûreté ! » c’est alors qu’une ruine soudaine fondra sur eux comme la douleur sur la femme qui doit enfanter, et ils n’y échapperont point. »

1 Thessaloniciens, 5, 3

 


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