Les trois millions de pages de documents relatifs à l’enquête sur Jeffrey Epstein, milliardaire pédocriminel lié au Mossad, publiés à différentes dates par le département de la Justice américain, font également trembler en Espagne.
Le roi Juan Carlos
Pour la première fois, une mention directe du roi Juan Carlos (88 ans) par Epstein a été révélée.
Dans un courrier électronique daté du 11 septembre 2018, Jeffrey Epstein écrit « Je dîne ce soir avec le roi Juan Carlos d’Espagne, c’est incroyable. Dîner organisé par Pepe Fanjul pour des amis »
À ce jour, il s’agit de la seule allusion au roi Juan Carlos dans les dossiers d’Epstein, qui font également référence à Corinna Larsen, une personne qui a attiré l’attention d’Epstein lorsque sa relation avec l’ancien monarque espagnol a été révélée.
Corinna Larsen
Le nom de Corinna Larsen apparaît également dans les dossiers d’Epstein. Cette femme d’affaires allemande est connue pour avoir été l’une des maîtresses du roi Juan Carlos d’Epagne. Après leur rupture, elle a reçu 65 millions d’euros du roi Juan Carlos sur un compte aux Bahamas.
José María Aznar
L’ancien Premier ministre est mentionné dans un courriel de 2015 échangé entre Epstein et un destinataire inconnu. Ce dernier indique avoir rencontré à Dallas des représentants de la fondation « Amis d’Israël », « basée en Europe et fondée par l’ancien président espagnol José Aznar ». Lors de cette réunion, il affirme avoir rencontré des « personnes formidables (non juives) ».
Il apparaît également qu’Epstein a envoyé deux colis à José Maria Aznar qui dirigeait encore le gouvernement conservateur (Partido Popular) au moment de l’envoi du premier colis, pesant environ 230 grammes, envoyé en septembre 2003. Cette période a coïncidé avec des liens diplomatiques étroits entre l’Espagne et les États-Unis, ainsi qu’avec la relation bien connue d’Aznar avec le président de l’époque, George W. Bush. D’après les documents, le colis, d’un coût de 32,62 dollars, a été expédié par FedEx depuis les bureaux d’Epstein à New York jusqu’au Palacio de la Moncloa à Madrid. L’étiquette du destinataire indiquait « Presidente y Ana Aznar ».
Un second colis, d’un poids d’environ 360 grammes, a été envoyé en mai 2004, après le départ d’Aznar de ses fonctions. Ce colis était adressé à une adresse située Calle Juan Bravo à Madrid, où se trouve le siège de la Fondation FAES. La FAES ( Fundación para el Analisis y los Estudios Sociales) est un groupe de réflexion basé à Madrid, étroitement lié au Partido Popular et dirigé par Aznar depuis 1989.
D’autre part, parmi les documents publiés par la justice américaine figure une attestation d’un paiement de 1 050 $ effectué par Epstein le 17 octobre 2003 à une agence de voyages au nom de José Maria Aznar. La société qui a reçu le paiement, Shoppers Travel Inc., était fréquemment utilisée par Epstein pour réserver des vols commerciaux pour ses associés et employés. L’attestation ne précise pas si le paiement concerne l’ancien Premier ministre espagnol ou son fils, également prénommé José Maria Aznar, né en 1978, figurant également dans un carnet d’adresses de contacts professionnels lié à Epstein et datant des années 2000.
Alejandro Agag
Cet homme d’affaires, gendre de l’ancien Premier ministre José María Aznar, est mentionné dans un document relatif à la FIA et à des investissements dans les véhicules électriques. Son nom figure dans l’agenda d’Epstein.
Miguel Ángel Moratinos
Cet ancien ministre espagnol des Affaires étrangères et diplomate est mentionné dans plusieurs courriels datant d’octobre 2010. Moratinos a quitté son poste de ministre au sein du gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero le 21 octobre 2011. Plusieurs contacts ont transmis à Epstein une liste de diplomates internationaux invités à une réunion à laquelle le délinquant sexuel condamné était également convié. L’un d’eux, Jes Staley, l’a assuré : « Vous aurez une réunion privée avec chacun d’eux ; votre accréditation de sécurité a été approuvée. »
Jacobo Gordon
Cet homme d’affaires espagnol condamné dans l’affaire de corruption Gürtel, apparaît dans trois courriels datant de septembre et octobre 2003. Son correspondant est G Max, vraisemblablement Gishlaine Maxwell, associée et partenaire d’Epstein. Les courriels font état d’un échange de photos. Gordon indique se trouver à Sotogrande (Cadix). Dans ce qui semble être une confidence, Gordon informe G Max qu’il a « fait de gros efforts pour régler mes autres affaires, et que je me sens donc prêt pour une nouvelle série d’affaires… »
Astrid Gil-Casares
Cette femme d’affaires et ex-épouse de Rafael del Pino, président de Ferrovial, a maintenu le contact avec Epstein entre 2017 et 2019, après la condamnation du magnat pour incitation à la prostitution de mineure. Les communications ont cessé en 2019, lorsque le pédophile condamné a été incarcéré.
Daniel Siad
Ce citoyen franco-algérien servait d’intermédiaire et de pourvoyeur de femmes pour Epstein à Barcelone et à Ibiza. Son rôle consistait à envoyer à Epstein des photos de jeunes femmes qu’il « évaluait » afin d’organiser les recrutements suivants.
D’autres éléments
D’autres noms apparaissent comme destinataires de cadeaux (comme Ana Botella, épouse de José María Aznar) ou comme simples contacts notés dans le carnet d’adresses, sans aucune trace de conversation. Parmi eux figurent les hommes d’affaires Nacho Gaspar, Ludmila García (répertoriée comme contact à Madrid et Marbella), Juan Herrero, Helen Herrero, Fernando de Soto et Maite Arango, membre du conseil d’administration d’Acciona. Parmi les contacts dans l’aristocratie figurent Joaquín Fernández de Córdoba Arión, duc d’Arión ; son parent Fernando Arión; et Fernando de Cordova Hohenlohe.
D’autre part, Epstein, par l’intermédiaire d’Ariane de Rothschild, envisagea d’acquérir le domaine de S’Estaca à Majorque, propriété de l’acteur Michael Douglas. Bien qu’il ait demandé davantage d’informations et de photographies de la propriété, dont Rothschild appréciait l’absence de voisins, l’achat ne se concrétisa pas.
Pierre-Alain Depauw
Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !







