Coup de tonnerre aux Etats-Unis : le lobby pro-avortement, Planned Parenthood en tête, tremble. La cour suprême, la plus haute juridiction du pays, dans laquelle Trump a pu nommer trois juges et ainsi faire pencher la balance côté conservateurs (six juges contre trois progressistes) a prévu de revoir la sentence « Roe vs Wade » sur laquelle se base le droit ‘constitutionnel’ à l’avortement. Aux États-Unis, le droit d’interrompre une grossesse existe depuis 1973, les différents États étant depuis appelés à le garantir. Selon le juge conservateur Samuel Alito, cette condamnation aurait toutefois été une erreur et la Cour suprême pourrait décider de la révoquer d’ici deux mois.

Le projet de réforme, élaboré par Alito, a été rendu public par le site Politico. Cette fuite pourrait être volontaire afin de secouer l’Amérique non seulement d’un point de vue juridique mais surtout d’un point de vue politique. À l’automne, en effet, il y aura les élections de mi-mandat, au cours desquelles les démocrates et l’administration Biden risquent une défaite retentissante. Cette dure controverse sur l’avortement pourrait être un âpre champ de bataille capable de galvaniser la base électorale démocratique avant les élections de mi-mandat.

« La satisfaction de tant de démocrates et, en particulier, de Hillary Clinton, commente un quotidien catholique italien, pour l’évasion du texte, révèle avec une certitude raisonnable à quel point elle a été bien préparée et qui sont les coupables de cette conspiration et de l’atteinte à l’indépendance des juges et de la Cour suprême elle-même. »

Bien que le document ait été rédigé comme un « brouillon », il révèle l’orientation de certains juges concernant le droit à l’avortement et révèle donc leur positionnement. Parmi ceux qui devront trancher l’affaire sur la question figurent les trois juges choisis par l’ancien président Donald Trump. La Cour suprême, dans un court message, a reconnu que le document divulgué est bel et bien en discussion, tout en notant qu’ « il ne représente pas une décision de la Cour ou la position définitive de chaque membre sur les questions de l’affaire ». Le président de la Cour, John Roberts a chargé le FBI de mener une enquête rapide menant à l’arrestation du ou des auteurs, tout en assurant que « le travail de la Cour ne sera en aucune façon affecté » par les événements.

Dans le texte préparé par le juge Alito, qui démonte la « constitutionalité » de l’avortement, on peut lire notamment :

« L’arrêt Roe vs Wade était terriblement faux dès le départ (…). Nous pensons que les sentences Roe et Casey doivent être annulées (…). Il est temps d’écouter la Constitution et de renvoyer la question de l’avortement aux élus du peuple (…). La Constitution n’interdit aux citoyens d’aucun État de réglementer ou d’interdire l’avortement (…), les juges suprêmes dans les sentences Roe et Casey se sont arrogé cette autorité. Il est temps maintenant d’annuler ces décisions et rendre l’autorité au peuple et à ses élus. »

S’il était confirmé, l’arrêt de la Cour suprême marquerait un tournant historique : l’avortement deviendrait donc la matière législative des États individuels et non plus fédérale. L’Amérique serait coupée en deux. En fait, à ce jour, 22 États américains ont adopté des réglementations plus strictes pour celles qui souhaitent interrompre une grossesse. En tête, le Texas et l’Oklahoma. Il va sans dire qu’une plus grande liberté de mettre fin à la vie de l’enfant à naître serait garantie dans les États libéraux, comme la Californie.

« Il est temps d’écouter la Constitution et de renvoyer la question de l’avortement aux représentants du peuple », a commenté Alito avec une note. 

Evidemment, le camp progressiste, si prompt à confiner et à vacciner de force, a tout de suite hurlé à la restriction de liberté. Les protestations des démocrates et des militants ne se sont pas fait attendre. Immédiatement après la publication du texte, une multitude de manifestants adeptes de la culture de mort se sont rassemblés devant la Cour suprême. « Beaucoup de ces juges conservateurs, qui ne sont pas responsables devant le peuple américain, ont menti au Sénat américain et ont déchiré la constitution », a déclaré la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi qui se prétend catholique, avant de poursuivre :

« Si la nouvelle est correcte, la Cour suprême est prête à infliger la plus grande restriction de droits au cours des 50 dernières années, non seulement aux femmes mais à tous les Américains. »

Elle a promis un engagement décisif et rapide pour « codifier » dans une loi fédérale le droit à l’avortement devant être garanti dans tous les États ; une proposition également fortement soutenue par le président qui se dit lui-aussi catholique (sic) Joe Biden qui a qualifié le projet de la Cour de « radical » et violant les droits.

Côté républicain, divers élus se félicitaient de ce projet. Cette décision serait « une réponse à [nos] prières », a ainsi tweeté l’élue Jackie Walorski. La conservatrice élue de Géorgie Marjorie Taylor Greene, évoquant les prochaines échéances électorales, appelle le futur « Congrès contrôlé par les républicains » à adopter une loi reconnaissant au fœtus des droits équivalant à ceux d’une personne déjà née.

Pour l’instant, ce document de la Cour suprême reste provisoire et susceptible d’évoluer dans les prochaines semaines, en attendant la sentence officielle qui sera prononcée par les neuf juges de la Cour. Selon le sentiment général, tant parmi les partisans d’Alito que parmi les avorteurs, le projet du juge sera approuvé par les cinq juges conservateurs de la Cour : outre Alito lui-même, Thomas Clarence, Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh, Amy Coney Barrett, les trois derniers nommés par l’ancien président américain Trump. C’est la majorité. Et ce sera ainsi une victoire ‘posthume’ pour le droit à la vie du président Trump. 

Francesca de Villasmundo

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