François Fillon, le soir du 2nd tour de la primaire de la droite

Durant la campagne de la Primaire Fillon avait déclaré la main sur le coeur: « je suis le candidat de la vérité », « je ne dévierai pas de mon projet », « je ne changerai rien à mon projet une fois la primaire gagnée ».

Manque de chance ses propos ont été enregistrés et des copies de son projet durant la Primaire prouvent que son projet a été modifié presque aussitôt les Primaires remportées:

Ci-dessus une copie de son programme santé durant les Primaires, dont la page a aujourd’hui disparu.

François Fillon tenait à exposer son programme santé durant les Primaires, ce qui fut fait le 24 novembre dans un débat qui l’opposa à Alain Juppé: 

« La première chose que je veux faire, moi, c’est désétatiser le système de santé. Il est beaucoup trop étatique. […] Oui, je propose que la Sécurité sociale se concentre sur les risques principaux […], affections graves et de longue durée. Donc on va discuter avec les partenaires sociaux de la composition de ce panier de soins qui devrait être couvert par la Sécurité sociale. Et je souhaite que pour ce qu’on appelle le petit risque on aille vers les assurances complémentaires,» avait-il déclaré.

Précisant que les foyers les plus modestes seraient épargnés par ce principe il avait enfoncé le clou:

« Je pense que c’est une méthode qui est efficace […] et qui est juste, parce qu’au fond les personnes qui ont des revenus un peu plus importants, eh bien elles peuvent, quand on va à la pharmacie acheter quelques médicaments de confort, les payer directement. » 

C’était son projet, était-il bon ou mauvais? En tout état de cause il a plu aux électeurs qui sont allés voter lors de la primaire de la Droite. Mais ce projet semble beaucoup moins porteur pour les présidentielles qui s’adressent à tous les électeurs de France. D’où un rétropédalage rapide et l’effacement autant que possible des traces laissées. Mais pas si facile d’effacer!

Son projet était bien de privatiser, “de désétatiser”, l’Assurance maladie, déjà mise à mal depuis de nombreuses années.

Mais les Primaires remportées, François Fillon change de discours dans sa tribune du Figaro, lundi 12 décembre:

 « l’Assurance-maladie obligatoire et universelle, pilier de la solidarité, doit rester le pivot dans le parcours de soins dont le médecin généraliste est l’acteur-clé ». « Elle continuera à couvrir les soins comme aujourd’hui et même, mieux rembourser des soins qui sont largement à la charge des assurés, comme les soins optiques et dentaires. Il n’est donc pas question de toucher à l’Assurance-maladie et encore moins de la privatiser. »

Entre vouloir supprimer le « petit risque » du panier de remboursement des soins de l’Assurance-maladie et  «couvrir les soins comme aujourd’hui», il y a contradiction manifeste. Et supprimer la page de son site qui témoigne de ses engagements de la Primaire renforce ce sentiment en ressemblant fort à de la dissimulation. 

Le candidat qui se targue de défendre la vérité pourrait bien mentir encore beaucoup, ou du moins tromper astucieusement les électeurs. Surtout sur des sujets qui lui tiennent beaucoup moins à cœur parmi ses promesses de campagne et notamment sur les sujets où tout son parcours d’élu, de ministre et de Premier ministre témoigne d’actes constamment contraires. Notamment concernant les problèmes sociétaux et souverainistes par lesquels aujourd’hui il tente de séduire l’électorat catholique et l’électorat identitaire.

Avortement

Concernant les lois renforçant l’infanticide prénatal, il se vante d’avoir voté toutes les lois depuis la loi Veil en 1975 jusqu’à aujourd’hui, exception faite, curieusement, du débat qui a lieu durant cette campagne présidentielle concernant la loi sur le délit numérique d’entrave à l’avortement.

De fait, avant cette campagne électorale pour les présidentielles de 2017, il ne s’est jamais opposé à aucune de ces lois favorisant l’infanticide prénatal, quand encore il n’a pas pris une part active en leur faveur. Pour ne considérer que les deux derniers débats sur le sujet:

  • Sur l’ensemble du projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes du 28 janvier 2014, qui comportait le retrait de la condition de détresse pour pratiquer l’avortement, et qui ouvrait la porte à l’application de la théorie du genre : il s’est courageusement abstenu, alors que de nombreux députés UMP ont voté contre.
  • De même lors de la proposition de résolution visant à réaffirmer le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse en France et en Europe le 26 novembre 2014, il a été l’un des rares députés UMP à avoir joint son vote à celui de la Gauche.

Souveraineté et identité de la France

Il affirme vouloir renforcer la souveraineté nationale tout en affirmant cependant vouloir créer au niveau de l’Union européenne un gouvernement économique. En d’autres termes le levier économique et monétaire échapperait totalement au contrôle nationale, plus encore qu’aujourd’hui. D’autre part il prétend vouloir lutter contre l’immigration mais il est un chaud partisan de l’ouverture des frontières intra-européennes et du libéralisme. Pas question pour lui de supprimer Schengen mais au contraire de le renforcer. 

Sur le plan identitaire, durant sa campagne des Primaires il s’est réclamé, timidement certes, des racines chrétiennes de la France, mais comme Premier Ministre il n’a eu de cesse de les effacer en donnant à l’Islam toujours plus de poids dans son “tandem” avec Nicolas Sarkozy dont par ailleurs, il se flatte. Ses copinages avec différents imams sulfureux prouvent même qu’une France islamique ne le gênerait pas plus que cela. Même si, comme pour ses projets sur l’Assurance maladie, il ment et dissimule.

Par ailleurs il est le Premier Ministre de l’agression armée de la Libye par les troupes françaises au sein de l’OTAN. Cette agression faisait suite aux trop fameux Printemps arabes à partir desquels l’islamisme et le chaos se sont répandus au Moyen-Orient – après l’invasion de l’Irak par les Américains – donnant à la région le coup de grâce. Une action abominable dont la déferlante immigrée sur l’Europe et la France, est le pendant. Était-ce le bon moyen pour protéger l’identité chrétienne de la France ? Certainement pas! c’était au contraire le moyen imparable d’accélérer le Grand remplacement.

Comment croire après cela qu’il sera le président qui luttera avec la Russie contre le terrorisme internationale?

Les mensonges d’aujourd’hui du candidat républicain, prouvent que François Fillon tente comme Nicolas Sarkozy de ponctionner les voix du FN en trompant gravement les patriotes, ainsi que l’a dénoncé Marion Maréchal-Le Pen, et les catholiques.

emiliedefresne@medias-presse.info

 

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