Alors qu’à l’Est les bruits de bottes et de chars se fait entendre depuis plus de dix jours, scandant l’avancée de l’armée russe en territoire ukrainien pour la délivrance des territoires russophones et russophiles soumis aux bombes du gouvernement ukrainien pro-occidental depuis plus de 8 ans, le front de l’Ouest va-t-en-guerre commence à s’effriter.

La guerre du gaz, et plus encore, le maintien de rapports de ‘bon voisinage’ avec la Russie, sont au centre de l’affrontement au sein de l’Union Européenne dont ‘l’union’ retrouvée vantée sur les plateaux télévisés n’aura duré que quelques heures, quelques jours. Effritement visible dont Poutine ne pourra que tirer bénéfice.

Ainsi Moscou peut réitérer que les opérations militaires se poursuivront jusqu’à ce que les objectifs soient atteints tandis que les premières fissures apparaissent à l’avant des pays européens.

La Slovaquie et la Hongrie ne mettront pas fin à toutes les relations avec Moscou comme le souhaitait la Commission européenne. Budapest a accepté la présence d’autres troupes alliées sur son territoire mais a interdit le transit d’armes aux forces ukrainiennes.

Quant à l’Allemagne, Berlin semblait hier s’éloigner de la logique du « durcissement des sanctions ». Le pays teutonique est contre l’interdiction d’importer du gaz, du pétrole et du charbon en provenance de Russie.

Les ministres allemands des Finances et des Affaires étrangères se sont prononcés hier contre l’interdiction d’importer du gaz, du pétrole et du charbon en provenance de Russie : « Nous sommes prêts à payer un prix économique très, très élevé », a affirmé la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock, mais « si les lumières s’éteignent demain en Allemagne ou en Europe, les chars ne s’arrêteront pas ».

Le ministre allemand des Finances, Christian Linder, était également sceptique. « Nous ne devons pas limiter notre capacité de subsistance » et « décider unilatéralement un embargo aurait un impact négatif sur cette capacité », a-t-il déclaré au journal Bild.

Même le chancelier allemand Olaf Scholz a rejeté aujourd’hui l’hypothèse d’un embargo énergétique sur la Russie.

« À l’heure actuelle, l’approvisionnement énergétique de l’Europe pour la production de chaleur, la mobilité, l’électricité et l’industrie ne peut être garanti d’aucune autre manière. L’énergie de la Russie est essentielle pour la vie quotidienne des citoyens européens. »

Et encore :

« Les importations de gaz naturel en provenance de Russie restent indispensables à la fourniture des services publics et à la vie quotidienne de nos concitoyens. L’Europe a sciemment exclu les approvisionnements énergétiques russes des sanctions. »

Du côté de la France, les compagnies françaises dont Total ne sont pas prêtes non plus à quitter le territoire russe : elles ont annoncé qu’elles continueraient à travailler en Russie, et cela malgré les fanfaronnades de Bruno Lemaire, le dissolvant ministre de l’Economie français qui prévoyait, fort orgueilleusement, mettre par terre la Russie, avec des sanctions anti-russes qui se retournent contre les Français, qui payeront l’addition. Des évaluations pragmatiques démontrent que les prix élevés et les pénuries d’énergie pourraient bientôt devenir dominants en Europe.

Chacun agit de son côté. Pour les pays membres, les intérêts nationaux passent avant les appels à l’aide de l’Ukraine, pion entre les mains de l’Union Européenne et de l’OTAN qui, après l’avoir envoyé au casse-pipe en l’éloignant volontairement de la Russie, l’abandonnent.

Ainsi l’Europe, unie hier sur les sanctions, s’est déjà désintégrée aujourd’hui.

Francesca de Villasmundo

  

  

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