Christian Destremau, historien de la Seconde Guerre mondiale et fin connaisseur de la culture britannique, publie dans les prochains jours chez Perrin une biographie de Ian Fleming.

L’année prochaine sortira au cinéma une nouvelle adaptation des aventures de James Bond, l’agent secret 007. Mais la plupart des spectateurs savent très peu de choses du créateur de ce personnage. Les plus curieux ont lu ici ou là que Ian Fleming a été membre du service de renseignements de la Royal Navy durant la Seconde Guerre mondiale. Mais ce livre nous en apprend beaucoup plus. Notamment que Ian Fleming a joué en 1941 un rôle dans la création de l’OSS – Office of Strategic Services -, l’organisation qui a précédé la CIA.

Né en 1908 dans une riche famille écossaise – son père, Robert Fleming, est parfois considéré comme un des pionniers de la finance moderne -, Ian Fleming tente d’abord une carrière militaire, puis travaille pour l’agence Reuters avant d’être embauché par une banque de la City, Cull & Co, puis par la banque Rowe & Pitman.

Mais son sort bascule le 24 mai 1939. Alors qu’un nouveau conflit majeur en Europe semble inévitable, Ian Fleming, sur recommandation de Montagu Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre, est convié à déjeuner au Carlton Grill pour rencontrer le contre-amiral John Godfrey, directeur du Naval Intelligence Department, qui cherche à étoffer son état-major particulier. Enrôlé dans le service de renseignements naval, il va y faire office de “boîte à idées”. A la suite de quoi il va être amené à participer directement à la création de l’OSS, ancêtre de la CIA. On comprend mieux les sources d’inspiration de ses romans d’espionnage dont le héros James Bond est rapidement devenu célèbre.

Devenu écrivain à succès, Ian Fleming conserve une influence de l’ombre dans le monde du renseignement. Le 13 mars 1960, Ian Fleming est invité à dîner chez le futur président Kennedy et son épouse et y est notamment questionné sur ses suggestions concernant Cuba et Fidel Castro. Dans le même temps, Ian Fleming fréquente également Allen Dulles, patron de la CIA, qui a notamment donné son feu vert pour le projet MK-Ultra. Bref, le romancier a longtemps eu une vie secrète que dévoile quelque peu cette biographie.

Ian Fleming, Christian Destremau, éditions Perrin, 352 pages, 23,50 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

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