Non, l’étain n’est pas un métal réservé aux bougeoirs et aux assiettes anglaises. Il sert aussi pour les soudures, les alliages électroniques, l’emballage alimentaire… A contrario du nickel, il est encore d’une grande utilité de nos jours, même si personne ne s’en aperçoit.

La première alerte sur la flambée des cours vient de 2007, à l’époque où l’étain venait de dépasser la barre des 13.000 $ la tonnes, suite à une politique très répressive du gouvernement indonésien à l’encontre des mines clandestines, combinée à des menaces de la guérilla communiste sur les mines colombienne, sans parler des grèves de mineurs violentes en Bolivie, dont le président Morales évoquait la nationalisation.

Au premier trimestre 2011, l’étain atteignait un nouveau record, dépassant les 33.000 $ la tonne, dans un contexte d’effondrement du dollar par rapport à l’euro, les matières premières étant cotées dans la monnaie américaine, ce qui incitait à l’achat. Les conditions de productions désastreuses en Indonésie cette année là, liées à l’augmentation de la demande chinoise, avait également tiré les cours vers le haut. Cependant, un semestre plus tard, les cours s’effondraient pour attendre les 17.000 $.

A partir de 2013, les sociétés minières annonçaient la possibilité à terme d’un épuisement de la production mondial d’étain, ce qui n’est pas sans incidences sur la cotation. Le recyclage de l’étain est désormais autour de 16 % de la production, le manque de découvertes de nouveaux gisements amène à envisager de nouvelles pistes. De grands espoirs sont mis dans les mines d’Achemmach au Maroc, déjà convoitées par une firme australienne (Kasbah ressources) mais aussi par le groupe automobile Toyota. Les cours remontaient alors à 25.000 $ au premier trimestre 2013. Au même moment, l’Indonésie annonçait que son entreprise phare PT Timah cessait toute exportation. La Chine, voyant les cours flamber, pratiqua une politique de « déstockage » (vente de ses réserves, qui fit tomber les cours à 20.000 $. La remontée des cours à 22.000 $ incita alors la Birmanie a augmenter sa production, rentable à partir de 18.000 $, en la multipliant par 11 (de 1.000 à 11.000 tonnes).

Cependant, les cous de l’étain ont certes « flambés » à plusieurs reprises mais selon un phénomène de « yo-yo ». Aujourd’hui, l’étain se négocie aux alentours de 19.270 $ la tonne, bien loin de son niveau de 2011. La « flambée » de 2016 fait en réalité suite à un effondrement fin 2015, le cours étant tombé à 13.224 $ fin janvier 2016, tout comme la flambée de 2013 avait fait suite à la chute de 2012… Quand on étudie le cours de l’étain sur le long terme, on s’aperçoit rapidement de sa volatilité, faisant du métal gris un investissement intéressant pour les amateurs de spéculation. Ce n’est pas DU TOUT le moment d’en acheter, mieux vaut attendre l’effondrement du cours l’année prochaine et le revendre 12 moins plus tard. Il faut rappeler qu’il y a vraiment eu une flambée de l’étain, réelle est irréversible, mais bien plus ancienne. Cotant à peine 5.000 $ la tonne en octobre 2003, l’était monta à 9.000 en 2004, retomba à 6.000 en septembre 2004, mais ensuite grimpa au dessus des 10.000 de manière définitive à partir de 2006, dépassant les 25.000 en 2008 pour retomber quelques mois plus tard à 10.000, franchissant les 15.000 $ au dernier trimestre 2009 et s’y fixant en cours-plancher.

En ce qui concerne la production, elle s’est considérablement accrue entre 2009 et 2013, passant de 246.000 tonnes produites à 294.000, avec effectivement une dégringolade en 2012. A elles-deux, la Chine et l’Indonésie produisent 195.000 des 294.000 tonnes mondiales, le Pérou a vu sa production passer de 37.500 à 23.660 tonnes, de même que celles de l’Australie de 13.270 à 6.470 tonnes. C’est surtout le doublement de la production indonésienne qui a dopé les statistiques. Les

6 premiers producteurs mondiaux d’étain sont les suivants : 1 – CHINE (37,4 %),  2 – INDONESIE (32,4 %), 3 – PEROU (8 %), 4 – BOLIVIE (6,6%), 5 – BRESIL (4,1%), 6 – BIRMANIE (3,7 %). La Malaisie, jadis première productrice mondiale, a vu sa production s’effondrer, passant sous la barre des 2 % et le nombre de ses mines passer de plus de 800 à environ 40 en 35 ans.

Hristo XIEP

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