recherche-embryon-MPI

Nous avions expliqué dans un post précédent que la Fondation Lejeune avait fait suspendre par la Justice, cinq autorisations afférentes à la manipulation des embryons. Ceci dans la mesure où l’Agence de Bioéthique qui donne son consentement à ce genre de recherche n’avait pas respecté la loi ; laquelle prescrit que l’usage des embryons engendrés par les couples au décours d’une PMA ne peut se faire sans leur autorisation. Ce qui paraît tout à fait normal.

Bien évidemment les bricoleurs d’embryons sont furieux. De manière générale beaucoup de chercheurs estiment fréquemment que leurs travaux ne devraient pas être soumis à la moindre limitation de quelque nature que ce soit. Pas une seconde ils se demandent s’il y a un problème moral à expérimenter sur le vivant. Ils considèrent que la France a du retard en ce qui concerne les résultats obtenus par la PMA. La Fécondation in vitro n’a que 20 % de réussite dans notre pays. Ils affirment que les Américains obtiennent des succès doubles ou triples en cette matière. Une partie de leurs recherches visent donc à améliorer les chances de ce type de médecine ; y compris par la transgression.

On apprend par le Quotidien du médecin de ce jour, que la Fondation Lejeune a diligenté 26 autres demandes d’annulation de ces projets sur les 90 délivrés par l’Agence de Bioéthique. Cette dernière est bien responsable de cette situation. Pour se défendre, elle estime qu’il est bien difficile d’obtenir l’autorisation des propriétaires des embryons qu’ils ont eux-mêmes engendrés. Alors tout simplement, elle s’en est passée. Elle a eu légalement tort de passer outre ; ceci au grand dam des chercheurs qui a juste titre pensaient que leurs dossiers étaient conformes à la loi. Bien sûr sans remettre en cause le bien-fondé des travaux concernés,l’agence reconnaît qu’il y a un problème « de forme ».

Il y a lieu de se demander pourquoi la Fondation Lejeune a diligenté ces plaintes en justice. Un point de vue moral d’abord. Un embryon dans ses micro-dimensions est un être humain. Mais surtout elle met en avant que les recherches sur les cellules souches extraites de l’embryon n’ont pas à ce jour obtenu des succès patents. Alors que les cellules souches dites iPS dont la découverte est imputable au Japonais Yamanaka, prix Nobel 2012, sont extraites de la peau ;  leur usage ne pose donc pas de problèmes éthiques. Alors qu’elles sont de découverte récente,ces cellules ont déjà obtenu des succès dans la dégénérescence maculaire de la rétine (DMLA), les leucémies. Les recherches partent ainsi dans de multiples directions. En voulant ignorer cela, les tenants de l’expérimentation sur les cellules souches embryonnaires font prendre à la France un retard qui ne cesse de se creuser.

                                                                           Dr Jean-Pierre Dickès

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