Le 3 janvier 2020 fsspx.news nous informe qu’«en juin 2019 paraissait une étude remarquablement documentée de l’abbé Pierre-Marie Berthe ». Il semblerait que cet appui laudateur et sans réserve du rédacteur de l’organe officiel de la Maison Générale de la FSSPX soit une réponse-défense au NON ferme et courageux de la Fraternité de la Transfiguration qui, dans La Simandre de novembre-décembre 2019, dénonçait « ces canonistes qui veulent à tout prix un accord et qui sont prêts à tous les compromis, fussent-ils doctrinaux ».

Il faut savoir que M. l’abbé Pierre-Marie Berthe, « archiviste paléographe (2004), docteur en histoire de l’université Paris-Sorbonne (2008) et docteur en droit canonique de l’université de Strasbourg (2018) » n’en est pas à son coup d’essai.

Déjà en 2012-2013, il a sévi comme professeur au séminaire international Saint-Curé-d’Ars et a été promptement « débarqué » au bout d’un an – tant il n’avait pu cacher sa théologie néo-moderniste – malgré le soutien explicite du Supérieur Général de l’époque à la ligne ouvertement libérale. Nous reviendrons plus longuement dans un prochain article sur les idées néo-modernistes de l’abbé Berthe, contenu tant dans son ouvrage que dans les cours scandaleux qu’il dispensa à Flavigny.

Aujourd’hui nous vous livrons l’intégralité de l’article paru dans le bulletin de la Fraternité de la Transfiguration (Mérigny), une des trois communautés amies co-signataires de la « Lettre sur les mariages dans la FSSPX ».

Le Barroux a son « Père Basile » avec La liberté religieuse et la Tradition catholique, la Fraternité Saint-Pie X a maintenant son équivalent en la personne du « Docteur Berthe » avec Les dissensions ecclésiales, un défi pour l’Église catholique. A chacun le sien comme dirait l’autre…

Christian LASSALE

 

Intégralité de l’article de La Simandre [Repris du site de l’association “Avec l’aide de Saint-Joseph”] :

« Est-il exact d’écrire que « la rupture (entre Mgr Lefebvre et le cardinal Ratzinger en mai-juin 1988) intervient pour des raisons pastorales, mais non pour des motifs doctrinaux et liturgiques » (Les dissensions ecclésiales, un défi pour l’Église catholique, Ed. du Cerf 2019, p. 711).

Cette phrase rédigée par un prêtre semble rabaisser le conflit existant depuis Vatican II à un côté humain à « un manque de confiance réciproque ». Il est vrai que cette phrase en introduit une autre : « Elle (la rupture) laisse intact le Protocole d’accord qui constitue une base solide en vue d’une réconciliation future ».

Monsieur l’Abbé, s’il y a eu rupture entre Monseigneur Lefebvre et les autorités romaines de l’époque, ce n’était pas pour des raisons psychologiques, mais bien pour des raisons doctrinales. Vous allez jusqu’à écrire que « le cardinal Ratzinger n’a pas su dissiper les craintes de l’archevêque ».

Le combat pour la messe de toujours et contre la nouvelle messe est doctrinal. J’ose espérer que vous en êtes convaincu. Mgr Lefebvre déclarait ce nouvel Ordo « équivoque » et « dangereux pour la foi ». Le combat contre les erreurs de Vatican II est doctrinal. Là aussi j’ose espérer que vous en êtes convaincu.

Alors de grâce, si vous ne voyez pas cela, ne vous prétendez pas fils spirituel de Mgr Lefebvre. C’est lui qui a ordonné les premiers prêtres de notre Fraternité et, tant que nous aurons un brin de lucidité, nous n’accepterons pas que l’on travestisse l’âme de son combat.

Peut-être serait-il préférable que vous quittiez votre communauté pour une reconnaissance rapide, que vous obtiendrez facilement, vu vos idées, dans un diocèse ou à Rome.

Ah ces canonistes qui veulent à tout prix un accord et qui sont prêts à tous les compromis, fussent-ils doctrinaux. Pour eux il n’y a pas de crise dans l’Église et, par là-même, pas d’état de nécessité. »

La Simandre de novembre-décembre 2019

Fraternité de la Transfiguration. Maison Saint-Joseph. “Le Bois”. 36220 – Mérigny

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3 commentaires

  1. Psychologiser ou sentimentaliser des désaccords intellectuels fait aussi partie du modernisme…

  2. Il me semble que qualifier de “remarquablement documentée” l’étude en question est plutôt une manière subtile d’éviter de se prononcer sur une thèse éventuellement sous entendue par l’étude. Etude qui présente tout de même un intérêt historique.

    Ceci dit, dans la crise que l’Eglise traverse aujourd’hui, il est normal que différentes opinions se trouvent dans la FSSPX, et même entre les prêtres/évêques sur les solutions à la crise. Il n’y a pas de dictature de la pensée, et sur les options pastorales/pratiques, chacun est libre d’avoir son avis. A ce propos, Mgr Lefèbvre tenait à ce que les séminaristes puissent discuter courtoisement des sujets “chauds” entre eux. En effet, il est bien connu qu’on se dispute plus facilement entre proches…

    Il me semble que cet article de la Simandre fait preuve d’un jugement excessif (et “peu documenté”) sur les intentions de l’abbé Pierre-Marie Berthe. La charité devrait nous faire interpréter en bien ce que le prochain fait ou dit. Et dire que “la rupture intervient pour des raisons pastorales, mais non pour des motifs doctrinaux et liturgiques” est juste si on parle de cette décision de Mgr Lefèbvre de procéder aux sacres juste après avoir signé l’accord en 88, car il voit que Rome va faire trainer les choses en espérant qu’il décède rapidement. De fait il est évident pour tous (y compris l’abbé BERTHE) que la Rupture (la vraie) a pour motif principal de doctrine.

    Enfin, j’espère que l’article à venir sur les “cours de Flavigny” sera plus charitable. Ayant moi-même suivi les cours en question, je me rappelle de textes néo-modernistes donnés en exemple ou en support d’exercices de critique. J’espère que l’article en question ne nous fera pas passer ces textes pour la pensée du professeur…

    Que Marie nous aide à maintenir notre combat pour la foi dans la charité, surtout envers nos proches.

  3. Il n’est pas très heureux de jeter à la vindicte un prêtre de la FSSPX. Il est tout à fait exagéré de dire que ce prêtre est un moderniste. S’il était moderniste il ne serait pas membre de la FSSPX.
    Ceci dit M l’Abbé Berthe a raison.
    Bien sur le combat de Mgr Lefebvre était doctrinal (voir sa déclaration du 21//11/74, son livre « ils l’ont découronné » et ses multiples déclarations).
    Mais il est vrai que Mgr Lefebvre a attendu jusqu’au bout avant de sacrer des évêques.
    S’il s’est décidé à le faire c’est parce que Rome (par la voix du cardinal Ratzinger) se refusait à lui accorder des évêques, indispensables pour le maintien du sacerdoce traditionnel.