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Les négociations sur l’Ukraine entre Vladimir Poutine, François Hollande et Angela Merkel à Moscou ont duré plus de cinq heures pour aboutir à la décision conjointe de mettre au point un document final acceptable pour toutes les parties, afin de faciliter l’application des accords de Minsk. Les parties ont décidé de poursuivre leur travail sur ce texte et de dresser un bilan intermédiaire le 8 février lors de leur conférence téléphonique quadripartite .

“Le travail est en cours pour préparer un document conjoint axé sur l’application des accords de Minsk. Il s’agit d’un document intégrant les propositions du président de l’Ukraine et celles formulées aujourd’hui et complétées par le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine”, a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à l’issue des négociations.

Selon M. Peskov, ce document sera par la suite soumis à l’approbation de toutes les parties intéressées. (Source)

La question de l’OTAN

Angela Merkel et François Hollande se sont positionnés en médiateurs du parti de la paix devant Vladimir Poutine avec, dit-on, dans leur besace, leur volonté de refuser l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN; même si cela n’apparaît pas dans les communiqués officiels c’est bien là-dessus que porte le point essentiel de cette rencontre.  Un point non négociable pour Moscou de plus en plus cerné par les troupes de l’Otan commandées par les USA. De ce point-de-vue les USA sont les les grands absents de cette conférence.
Or le pouvoir vassal de Kiev fait pression pour que son pays intègre l’OTAN, tandis que le pouvoir étasuniens affiche sa volonté d’intégrer le pays dans son organisation militaire. Reste à mesurer si le poids des alliés européens au sein de l’Organisation atlantique est suffisant pour faire plier Washington. La façon dont se déroulera la prochaine réunion de Minsk et la façon dont seront appliqués par Kiev les éventuels accords qui en sortiront, auront tôt fait de nous éclairer là-dessus.
Vladimir Poutine redeviendrait-il fréquentable ?
Selon certaines rumeurs l’initiative des pourparlers de paix à Moscou entre Angela Merkel, François Hollande et le Président de la Russie reviendrait à Vladimir Poutine, mais difficile de préciser tant  l’image à transmettre dans cette délicate affaire est manipulée. En l’occurrence étant donnée la tournure de la guerre sur place, où les troupes de Novorossiya ne cessent de gagner du terrain, il s’agit surtout de préserver la susceptibilité et l’image des chefs d’Etats de l’Union européenne qui ont complètement échoué sur tous les plans jusque-là, tant au niveau des sanctions qui n’ont pas impressionné l’ours russe, ni la Nouvelle Russie, qu’au niveau des implications catastrophiques sur l’économie de l’Union que celles-ci ont engendrées.  Sans compter que peut-être les deux chefs d’Etat de France comme d’Allemagne ont entr’ouvert les yeux sur les intentions réelles de l’oncle Sam, pour peu qu’ils les aient jamais ignorées. Quoiqu’il en soit, il est clair que l’escalade de la guerre dans laquelle les USA semblent volontiers vouloir enfoncer le pouvoir fantoche de Kiev, est très périlleuse pour le vieux continent.

Bref, l’initiative de départ des pourparlers de paix dans cette affaire revient tout-de-même à François Hollande. En effet depuis le début du conflit, l’UE s’était rangée docilement derrière les USA malgré les appels à la raison de Moscou. Et c’est finalement François Hollande, sans doute dans l’intention d’afficher une stature internationale pour faire remonter  sa popularité au plus bas, qui le 6 décembre 2014, a fait le premier pas en venant rencontrer Vladimir Poutine à l’aéroport de Vnoukovo à Moscou.  Dans une atmosphère lourde de diabolisation occidentale envers Poutine. Depuis les relations de suzerain à vassale de l’Union Européenne vis-à-vis des USA se sont sensiblement infléchies, même si les éternels vassaux des américains au sein de l’Union, résistent. Si Washington avait manifesté quelque agacement de l’initiative française, maintenant que l’Allemagne s’est jointe à la France, elle semble diplomatiquement ronger son frein, non sans avoir manifesté son intention d’armer Kiev, ce qui marque son opposition au processus de paix . Ceci, alors que pour la première fois, lors de la dernière discussion au sein de la commission européenne, les sanctions contre la Russie n’ont pas été amplifiées, ce qui est peu mais tout-de-même symptômatique d’une opposition grandissante aux diktats d’outre-atlantique.

L’UE échappera-t-elle aux diktats américains lors de la conférence de Munich, aujourd’hui?  

La Conférence annuelle sur la sécurité de Munich doit se pencher ce samedi 7 février sur les termes de ce plan, avant la conférence téléphonique prévue dimanche entre Vladimir Poutine, Petro Porochenko, Angela Merkel et François Hollande.

Mais voilà, lors de cette conférence de Munich, le chef de la diplomatie américaine a estimé que le peuple ukrainien « lutte pour le droit de s’associer avec des partenaires qui l’aideront à concrétiser ses aspirations – et il a décidé que cela signifie que son avenir ne repose pas sur un seul pays, et certainement pas sous la contrainte ».

« Les États-Unis et l’Union européenne se tiennent aux côtés du peuple ukrainien dans ce combat », a-t-il dit aussi. Le bras de fer entre la Russie et les USA pour s’allier l’influence du duo germano-français a commencé et cela ressemble bien à une menace déguisée de la part du pouvoir américain. 

Au moment où je rédige cet article les détails de ce plan de paix ne sont pas encore connus, néanmoins à l’issue de la réunion tripartite de Moscou nous savons qu’il s’agit, ni plus ni moins en gros, que du protocole de Minsk déjà signé le 5 septembre 2014, sous les auspices de l’OSCE, mais encore jamais réellement appliqué. L’accord avait déjà été formulé par le Groupe de contact trilatéral sur l’Ukraine, composé des représentants de l’Ukraine, de la Russie et de l’OSCE. Néanmoins, cette fois-ci la pression mise sur Kiev a changé. En effet ce plan, s’il venait à être accepté par Kiev, -ce qui est probable puisque les deux chefs d’Etat de l’UE ont pris la précaution d’aller consulter Porochenko juste avant de se rendre à Moscou-, donc si ce plan de principe était accepté par Porochenko, il serait de nouveau mis sur la table à Minsk devant les parties concernées: les représentants des républiques de Nouvelle Russie (Donetsk et Lougansk) et le pouvoir de Kiev.  La conférence sur la sécurité de Munich pourrait achever le travail commencé à Moscou, puisqu’on nous annonce que le plan de paix doit être présenté à Prochenko à Kiev aujourd’hui et finalisé au téléphone selon le format Normandie cité plus haut.

En effet cette guerre d’Ukraine, hormis toutes considérations humanitaires est une plaie purulente en Europe, qui empoisonne les relations Est-Ouest et surtout qui pénalise très durement l’économie les pays européens, qu’il s’agisse de la Russie, de l’Ukraine ou des pays de l’Union Européenne.

François Hollande semble poursuivre dans la voie de l’apaisement. Il recherche également une stature plus acceptable pour l’opinion publique française et de toute évidence la marche républicaine en dépit de la propagande médiatique dont elle a été entourée n’a pas donné des résultats aussi concluants que ceux qu’il aurait pu espérer. Le dernier sondage CSA ne lui accordait mardi que 29% d’opinions positives. Même si c’est beaucoup mieux que les 13% qu’ils avait atteint en novembre, cela reste encore un  record d’impopularité qu’aucun président de la République avant lui n’avait atteint.

La conférence que le chef d el’exécutif français a donnée vendredi a laissé de côté les questions économiques, qui pour le moment stagnent toujours en dépit de la relance de la planche à billets annoncée par Mario Draghi, le président de la BCE, ainsi que de l’avantage conséquent que représente la chute du prix du pétrole pour l’économie européenne, puisque le coût des transports favorisent l’industrie et les transports.

Enfin les revers militaires qui s’accumulent contre les troupes de Porochenko dès que les trèves sont rompues ont de quoi, logiquement inquiéter tous les vrais responsables européens, puisque cette guerre civile promet de se terminer, soit en débâcle pour Kiev, soit en guerre généralisée avec la bénédiction, l’appui et la participation des USA,qui ont fomenté la révolution sanglante du Maïdan, le coup d’Etat de Kiev et qui continuent de mettre de l’huile sur le feu de crainte qu’il ne s’éteigne.  Même si les intérêts de la Russie et de la Nouvelle Russie sont liés, les représentants de la Novorossiya restent eux-mêmes à convaincre de mettre ce protocole en oeuvre, puisque jusqu’à présent le respect des cessez-le-feu n’ont profité qu’aux vaincus, c’est-à-dire à Kiev.

Pour rappel,  les agressés sont les novorusses qui ont subi le coup d’état du Maïdan qui a commencé le 21 novembre 2013 et consécutivement l’interdiction d’enseigner et de parler leur langue maternelle, c’est-à-dire le russe. Ils ont alors refusé de reconnaître la légitimité du pouvoir issu du coup d’Etat en suite de quoi ils ont été sauvagement agressés, d’abord par les forces de police et ensuite directement par l’armée de Kiev. Ils ont alors organisé leur auto-défense. Mais c’est bien la population civile du Donbass qui est bombardée: ses résidences, ses églises, ses écoles, ses administrations et ses hôpitaux, ses villes qui sont en ruines. Les accords de Minsk ont certes permis enfin aux séparatistes,  après d’amples victoires militaires de s’exprimer, mais aujourd’hui encore Merkel et Hollande leur ont passé par-dessus la tête pour aller parlementer avec Porochenko et avec Poutine, sans tenir compte de la deuxième partie des belligérants, ceux qui en fait, remportent les victoires sur le terrain. Ceci, alors que les médias continuent de nous servir la version de Porochenko qui affirme sans jamais avoir rien prouvé que la guerre du Donbass serait menée par l’armée russe et ce que dément formellement la Russie.

La rencontre Poutine-Merkel-Hollande à Moscou

“Cette crise ne peut pas être réglée militairement. Aussi faut-il déployer des démarches axées sur l’application des accords de Minsk. Les négociations qui ont récemment eu lieu à Kiev ont servi à atteindre cet objectif”, a déclaré samedi la chancelière allemande Angela Merkel qui participe actuellement à la 51e conférence de Munich sur la sécurité..

Néanmoins Angela Merkel est restée très sobre sur le résultat final dans ces commentaires; elle a, en effet ajouté, qu’elle ne savait pas si les négociations avec le président Vladimir Poutine à Moscou donneraient un résultat positif ou non. “cette visite avait un sens”. “Il s’agit de notre devoir envers les gens qui souffrent”, a conclu la chancelière fédérale.

« Il s’agit de s’engager pour nos intérêts, les intérêts franco-allemands mais aussi ceux de l’Europe (…) il s’agit de la paix européenne », avait déclaré Mme Merkel, après  son voyage de jeudi à Kiev et avant son départ pour Moscou où elle devait rencontré le président Poutine, au côté du président français François Hollande.
Jusqu’où Hollande et Merkel oseront-ils tenir tête à un pouvoir américain ombrageux, qui cultive auprès de l’opinion publique américaine l’image de la Russie de la guerre froide; Les Etats-Unis dont le rapport sur la Stratégie de sécurité nationale américaine, présenté vendredi 6 février par la Maison Blanche précise dans ses objectifs:

« Nous sommes mobilisés et dirigeons des efforts mondiaux qui visent (…) à contrer l’agression russe, à affaiblir et, finalement, éliminer l’EI, à venir à bout du virus Ebola là d’où il vient, à arrêter la prolifération des matériaux pour fabrication d’armes nucléaires et à réaliser des progrès sur des questions globales liées aux rejets de dioxyde de carbone ».  (Source)

Est-il honnête de mettre la Russie sur le même plan de dangerosité que l’Etat Islamique et la pandémie Ebola?  Alors que ce sont les USA qui sont venus provoquer la guerre aux frontières de la Russie ? les USA ont-ils déployé autant d’efforts pour provoquer la guerre en Ukraine pour maintenant accepter de faire marche arrière ? Ce que semble démontrer le voyage de la chancelière allemande et du président français, c’est que Vladimir Poutine n’est plus aussi seul en Occident que les Américains l’avaient souhaité.

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