Le jeudi 1er mars, la Congrégation pour la Doctrine de la foi a publié un nouveau document, avec l’aval du pape François, qui concerne « certains aspects du salut chrétien » : il s’agit d’une  Lettre aux évêques catholiques intitulée Placuit Deo.

Datée du 22 février dernier, elle est signée par le préfet du dicastère, Mgr Luis F. Ladaria Ferrer sj, et par le secrétaire,  Mgr Giacomo Morandi.

Il a plu à Dieu a pour objectif d’expliquer « quelques aspects du salut chrétien, qui peuvent être aujourd’hui difficiles à comprendre à cause des récentes transformations culturelles ». Au cours de la conférence de presse de présentation, Mgr Ladaria a expliqué que « la présente Lettre veut affronter ces tendances réductionnistes » de notre temps – néo-pélagianisme, néo-gnosticisme – « qui menacent le christianisme actuel et redire que le salut, selon le dessein d’Alliance du Père, consiste dans notre union au Christ » : « le monde contemporain, est-il écrit dans la Lettre, n’entend pas sans mal la confession de foi chrétienne, qui proclame Jésus comme l’unique Sauveur de tout l’homme et de l’humanité entière ». Mais comme le précise le vaticaniste Marco Tosatti, Placuit Deo est « un document sur le salut qui semble surtout une discipline pour des super-spécialistes, où l’on parle de pélagianisme et gnosticisme, choses que le pauvre catholique de la rue comme celui qui écrit est peut-être mais sans le savoir. »

Pour mieux comprendre cette Lettre, Marco Tosatti a donc demandé à un théologien de sa connaissance, don Felice Prosperi Morichella, ses commentaires dont voici quelques extraits traduits :

« Placuit Deo ? (…) Je dis et j’écris qu’à moi elle [cette Lette] n’a pas plu.

« Dans l’introduction de la Lettre, il est tout de suite clarifier que : L’enseignement sur le salut dans le Christ demande à être toujours à nouveau approfondiet donc, “dans le sillon de la grande tradition de la foi et en se référant particulièrement à l’enseignement du Pape François, la présente Lettre entend mettre en évidence quelques aspects du salut chrétien, qui peuvent être aujourd’hui difficiles à comprendre à cause des récentes transformations culturelles.”

« “Peuvent être aujourd’hui difficiles à comprendre” ou le sont-ils ? Pour le monde ? Pour l’Église ? Pour les pasteurs de l’Église ? Pour les fidèles hommes et femmes qui ne croient plus ?

« “A cause des récentes transformations culturelles.” Lesquelles ? Parce que “Jésus-Christ est le même hier et aujourd’hui ; il le sera éternellement. Ne vous laissez pas entraîner par des doctrines diverses et étrangères,…(Hébreux 13, 8-9).

« En tout cas de toutes les transformations, révolutions, réductions culturelles actuelles, deux sont citées, explicitées, condamnées : “lesquelles ressemblent par certains aspects à deux hérésies de l’Antiquité, le pélagianisme et le gnosticisme.” C’est-à-dire, pour synthétiser, la prétention de se sauver avec ses propres forces (néo-pélagianisme) et celle de rejeter la dimension corporelle pour se réfugier dans un intimisme spirituel (autre néo, le gnosticisme). Ce serait ce que la pape François répète depuis longtemps, en disant, contredisant, changeant, inter-changeant.

« Ce serait cela le grand danger pour le salut de l’humanité qui assume des proportions d’entiers mouvements. (…) Ainsi pour l’Église du pape Bergoglio et la Congrégation de Ladaria et Morandi, le double attentat envers le salut chrétien est constitué du Pélagianisme et du Gnosticisme, et non de la marée montante de l’athéisme perfide et hostile à Jésus-Christ et à son Corps Mystique ; non de l’apostasie de la foi des personnes et des nations, autrefois chrétiennes ; non de la persécution mortelle des croyants en plusieurs endroits de la planète ; non du refus général de la loi de Dieu, substituée par des lois contre-nature, imposées avec des sanctions aux citoyens ; non du rejet de la souffrance et de la mort ; non de l’anéantissement de la Croix du Christ”.

« Parlons-en de la Croix du Christ ! Elle n’est jamais nommée la Croix du Salut, ni le Sang répandu par le Rédempteur, dans cette Lettre qui veut nous instruire et actualiser le salut chrétien, lequel en revanche est oppressivement, absurdement et continuellement défini : “la participation au nouvel ordre de rapports inaugurés par Jésus”.

« Où est la beauté de la Grâce ? Où est la mise en garde contre le péché mortel ? Le risque de l’enfer ? Cela n’existe pas. Le risque existe-t-il et l’enfer existe-t-il ? Tous les deux. Au Vatican, de Sainte-Marthe à l’ex-Saint-Office, on n’en parle pas et on n’écrit pas dessus. Parfois le pape dit quelque chose sur le diable. Mais il ne définit ni qui il est ni ce qu’il veut.(…) C’est cela le danger pour le salut !

« Mais alors l’évangélisation ? L’Église “se donn[e] de toutes ses forces à l’évangélisation”, avec l’intention d’“établir un dialogue sincère et constructif avec les croyants d’autres religions, confiants que Dieu peut conduire au salut dans le Christ”. Il ne faudrait pas que les musulmans, les hindouistes et bouddhistes, qui tuent des chrétiens, les emprisonnent, brûlent leurs maisons, églises et écoles, se sentent offensés !

« Mais cela est un autre discours, comme celui de l’Eschatologie (mort, jugement, enfer, paradis, vie éternelle, supplice éternel), beaucoup plus urgent que celui, conduit avec tellement de précision de l’Écologie.

« Pour l’instant “l’Église continue à invoquer la venue définitive du Sauveur, puisque “nous avons été sauvés en espérance”. (Rm 8, 24). Et quelle est cette Espérance ? Que tous nous serons heureux au Ciel, et si quelqu’un ne le méritait pas, aucune angoisse, son âme se dissipera pour toujours, c’est le théologien de la Maison pontificale qui l’annonce, Eugenio Scalfari, lequel dit que c’est Bergoglio qui l’a dit, lequel ne dit pas qu’il ne l’a pas dit.

« C’est assez ! Maintenant, Yahweh, prends ma vie, car je ne suis pas meilleur que mes pères !(1 Roi, 19,4).

« Tu iras vers tous ceux à qui je t’enverrai, et tu diras tout ce que je t’ordonnerai. Sois sans crainte devant eux, car je suis avec toi pour te délivrer.(Jérémie, 1, 7-8). » (Traduction de Francesca de Villasmundo).

Francesca de Villasmundo

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4 commentaires

  1. “Il a plu à Dieu” et non “Il a plut”.

  2. pamino says:

    Il n’a pas pu se décider entre ‹il plut› et ‹il a plu›. Il eût pu aussi bien écrire ‹il plu›.

  3. Le texte de l’article est virulent, c’est sans doute pour cela qu’il y a si peu de commentaires.
    Pourtant cette Lettre
    http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20180222_placuit-deo_fr.html
    rappelle que nous avons toujours à annoncer l’Evangile.


    VI. Conclusion : communiquer la foi, en attente du Sauveur

    La conscience de la vie en plénitude à laquelle nous introduit Jésus Sauveur pousse les chrétiens à la mission, pour annoncer à tous les hommes la joie et la lumière de l’Évangile.[24] Dans ce but, « tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels la grâce agit de manière invisible »[25], seront prêts à établir un dialogue sincère et constructif avec les croyants d’autres religions, confiants que Dieu peut conduire au salut dans le Christ. Tout en se donnant de toutes ses forces à l’évangélisation, l’Église continue à invoquer la venue définitive du Sauveur, puisque « nous avons été sauvés en espérance » (Rm 8, 24).”
    Là on pourrait discuter sur ” Dieu peut conduire au salut dans le Christ” , le “peut” est de trop …