Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission Ecclesia Dei
Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission Ecclesia Dei

Mgr Lefebvre avait traité le cardinal Ratzinger de serpent, tant l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi avait été habile dans le piège tendu à la FSSPX dans les discussions qui avaient précédé les sacres de 1988.

Depuis, les choses devraient être claires, et aucun accord ne devrait être envisagé sans que celui-ci ne soit accompagné d’un retour de Rome à la Tradition catholique. C’est d’ailleurs ce qu’avait exprimé on ne peut plus clairement le fondateur de la FSSPX, Mgr Marcel Lefebvre (1).

Mais depuis l’échec des discussions doctrinales de 2009-2011 qui ont mis à jour des divergences insurmontables, l’aspect politique a pris le dessus, accompagné de son lot de mensonges et de tromperies. Un serpent en cachant un autre, Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission Ecclesia Dei, semble avoir remplacé assez efficacement le malin cardinal Ratzinger. En effet, suite à la rencontre entre Mgr Fellay, supérieur général de la FSSPX et le pape François, il a donné une interview au verbe douçoureux et au langage tout miel :

« En ce moment, il est surtout important de contribuer à créer un climat de confiance (…) pour dépasser les raidissements et la méfiance, qui peuvent être compréhensibles après tant d’années de distance et de fracture »

Qu’il est gentil ce Mgr Pozzo ! Un climat de confiance dites-vous ? Climat de confiance dans le goût du café servi lors des rendez-vous romains ou climat de confiance dans le poison doctrinal et mondialiste diffusé par l’Eglise conciliaire ? Confiance dans une curie et un rassemblement de prélats qui sous l’oeil bienveillant du pape François n’ont cessé lors du Synode de battre en brêche la loi naturelle et la doctrine catholique ? Confiance dans un pape qui n’a de cesse de relativiser l’homosexualité ? Confiance dans la possibilité implicite donnée ce jour aux divorcés-remariés de communier, autorisation explicite au sacrilège ? Confiance dans le divorce “catholique” instauré par le pape François ? Confiance dans une Eglise conciliaire avec laquelle il ne se passe un jour sans qu’elle ne soit la source de scandales ou de glissements hérétiques ?

Confiance ? Et ce sont les responsables de tant de scandales et de trahisons qui osent dire que “le Concile Vatican II ne peut être compris de façon adéquate que dans le contexte de la Tradition entière de l’Église et de son magistère constant” ? Ces scandales, dont certains contre-nature, font-ils partie de votre conception de la Tradition Mgr Pozzo ? Et c’est cette hiérarchie corrompue qui ose demander à la FSSPX « l’adhésion à la profession de foi, le lien des sacrements et la communion hiérarchique avec le pape » ?

Est-ce ce clan anti-chrétien qui foule aux pieds la Foi et les moeurs, qui répand son venin sous un discours faux et hypocrite, qui prétend vouloir distribuer des brevets de catholicité ? A-t-on entendu ne serait-ce qu’une fois Mgr Pozzo dénoncer tous ces scandales ? Est-ce là son attachement à la Tradition ? Est-ce bien l’Eglise catholique qu’il sert ?

Mgr Pozzo affirme ensuite :

« Les difficultés soulevées par la FSSPX au sujet des questions de la relation Église-État et de la liberté religieuse, de la pratique de l’œcuménisme et du dialogue avec les religions non chrétiennes, de certains aspects de la réforme liturgique et de son application concrète, demeurent objet de discussion et de clarification, a ajouté Mgr Pozzo, mais ne constituent a pas un obstacle pour la reconnaissance canonique et juridique de la FSSPX ».

Comme le disait l’abbé de La Rocque, le lien canonique n’est pas une fin en soi, encore moins en temps de crise. Ce lien vient sanctionner le partage d’une même Foi. Toute la difficulté de la crise actuelle, crise sans commune mesure avec toutes les précédentes, vient du fait que c’est le pape qui déverse dans l’Eglise des doctrines erronées, et que de fait, François, loin de confirmer ses frères dans la Foi, les en détournent. Il est bien évident que la Foi est au-dessus d’un lien canonique qui n’a pas de sens ni de valeur s’il est déconnecté de cette Foi, et pire, il devient une trahison s’il est le pendant d’un silence qui empêche de dénoncer les maux qui ruinent l’Eglise.

La FSSPX n’est pas le problème. Le problème vient de Rome, la perte de la Foi vient de Rome, du Concile et des réformes qui en sont issues. Que Rome revienne à la Tradition, et la FSSPX ne sera plus un problème, que ce soit au niveau doctrinal comme au niveau canonique.

Christian Lassale

1 – Mgr Lefebvre, Fideliter n° 66 – Septembre octobre 1988 – p.12-14 : 

« Nous n’avons pas la même façon de concevoir la réconciliation. Le cardinal Ratzinger la voit dans le sens de nous réduire, de nous ramener à Vatican II. Nous, nous la voyons comme un retour de Rome a la Tradition. On ne s’entend pas. C’est un dialogue de sourds. Je ne peux pas beaucoup parler d’avenir, car le mien est derrière moi. Mais si je vis encore un peu, et en supposant que d’ici a un certain temps Rome fasse un appel, qu’on veuille nous revoir, reprendre langue, à ce moment-là, c’est moi qui poserai les conditions.

« Je n’accepterai plus d’être dans la situation où nous nous sommes trouvés lors des colloques. C’est fini. Je poserai la question au plan doctrinal : « Est-ce que vous êtes d’accord avec les grandes encycliques de tous les papes qui vous ont précédés ? Est-ce que vous êtes d’accord avec Quanta Cura de Pie IX, Immortale Dei, Libertas de Leon XIII, Pascendi de Pie X, Quas Primas de Pie XI, Humani generis de Pie XII ? Est-ce que vous êtes en pleine communion avec ces papes et avec leurs affirmations ? Est-ce que vous acceptez encore le serment antimoderniste ? Est-ce que vous êtes pour le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Si vous n’acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler. Tant que vous n’aurez pas accepté de reformer le Concile, en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédé, il n’y a pas de dialogue possible. C’est inutile ». Les positions seraient ainsi plus claires.

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