
A quelques jours du début de la Coupe du monde 2026 de football, qui se déroulera dans trois villes mexicaines, beaucoup de Mexicains qui suivent de près la situation de la violence au Mexique avertissent que le vrai visage du pays est bien différent des images de cartes postales qui seront montrées.
Match d’ouverture du championnat à Mexico le 11 juin
La Coupe du Monde de la FIFA est organisée tous les quatre ans par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA). En 2026, trois pays co-organiseront le tournoi : le Mexique, les États-Unis et le Canada. Au Mexique, les matchs se dérouleront dans la capitale, Mexico, ainsi qu’à Monterrey (Nuevo León) et à Guadalajara (Jalisco).
Le match d’ouverture du championnat se jouera à Mexico le 11 juin : l’équipe nationale mexicaine affrontera celle de l’Afrique du Sud.
Dans une vidéo publiée sur les réseaux du Centre multimédia catholique (CCM), son directeur a souligné qu’à la veille de l’événement, le régime cherche à présenter le meilleur visage du pays, le maquillant pour cacher une inquiétante réalité, affirmant que « la Coupe du monde n’atteindra pas les communautés indigènes de la région de Basse Montagne de Guerrero », un État où « la violence n’est pas une nouveauté, mais une routine ».
Des gangs mènent des attaques de drones
Le Centre multimédia catholique raconte que, « depuis le 6 mai, des groupes criminels ont déclenché une vague d’attaques de drones et de fusillades, installé des barrages routiers, avec un bilan, selon des rapports récents, d’au moins 81 morts, 25 disparus et 1 300 personnes déplacées de force. » Plusieurs gangs mexicains sont en effet constitués et équipés comme de véritables armées privées, avec du véritable matériel de guerre.
« Des familles entières ont fui, laissant derrière elles leurs maisons incendiées, leurs animaux morts et des terres qui ne leur appartiennent plus », a-t-il poursuivi, précisant qu’« il ne s’agit pas d’un conflit entre gangs, comme le minimise le discours officiel », mais plutôt d’une « guerre territoriale pour le contrôle des budgets publics, pour l’extorsion des transports, des marchés et des entreprises, et pour les intérêts miniers qui dissimulent de l’or, de l’argent, du cuivre et du zinc sous le sol des communautés Nahua [autochtones] qui ne demandent qu’à vivre en paix. »
Le Centre multimédia catholique indique que l’État, « qui devrait garantir le monopole de la force et de la légitimité, brille par son absence. Ou pire encore, par sa présence superficielle. »
« Les autorités locales et fédérales ont établi un centre de commandement à Chilpancingo. Pendant que des hélicoptères survolent la zone, les chefs criminels restent libres, les maires menacés continuent de signer des contrats exorbitants et les dossiers d’enquête restent opportunément sur les bureaux », ajoute-t-il.
Même si tout semble prêt à accueillir les milliers de visiteurs de la Coupe du monde, voilà le vrai visage du Mexique.
« Si un État ne vainc pas le crime, c’est qu’il est complice »
Le président salvadorien Nayib Bukele ne manque pas une occasion de dénoncer la politique de son homologue Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique.
« Ils m’ont dit : la solution à la violence, c’est d’investir dans l’éducation », a expliqué le président salvadorien Nayib Bukele . « Je leur ai répondu : vous avez tout à fait raison. Si un pays investit dans l’éducation, ces enfants ne deviendront pas des criminels. Ou du moins, la grande majorité ne le deviendra pas. Mais les criminels d’aujourd’hui n’ont pas quatre ans », a-t-il ajouté.
« Ces criminels ont déjà obtenu leur diplôme de l’Université du Crime . Ils ont déjà violé, déjà tué, déjà décapité, déjà coupé les mains de grands-mères… Les scolariser n’est plus envisageable. Leur donner une autre chance n’est plus envisageable. La seule façon de résoudre ce problème d’insécurité est la force, la force de l’État », a-t-il affirmé.
« Si un État ne vainc pas le crime, c’est qu’il est complice », a conclu le président salvadorien.
A l’inverse, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a qualifié de fascistes ceux qui proposent de « déclarer la guerre à la drogue ». « Au Mexique, ce n’est pas une option », a-t-elle affirmé. « D’abord, parce que c’est en dehors du cadre légal », a-t-elle ajouté. « C’est un permis de tuer sans procès. Et très peu de Mexicains sont d’accord avec cela. » « Et cela », a-t-elle conclu, « nous mène au fascisme. »
Joaquim De Alburquerque
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