Site mystérieux, Stonehenge, lieu mythique de la légende arthurienne, monument néolithique exceptionnel situé dans le comté du Wiltshire, en Angleterre, et classé au patrimoine mondial de l’Unesco, dévoile quelques-uns de ses mystères. L’incroyable architecture de Stonehenge, qui veut dire « pierres suspendues » en vieil anglais, en fait l’un des monuments historiques les plus précieux et fascinants de Grande-Bretagne. « De nombreuses questions entourent depuis plus de quatre siècles sa construction, son utilité, son emplacement ou encore l’origine et le transport des colossaux blocs de pierre qui la composent » écrit Futura Planète. C’est un des alignements de menhirs les plus importants au monde. Ce temple de pierres aurait été édifié entre 3.000 et 2.300 ans avant Jésus-Christ, mais le mystère reste entier sur la manière dont les mégalithes ont été transportés, érigés et alignés avec les mouvements du soleil. 

Dans la revue Science Advances, le géoscientifique David Nash et son collaborateur Timothy Darvill, archéologue, ont annoncé le 29 juillet avoir résolu le mystère de l’origine des mégalithes de Stonehenge.

« L’origine des pierres géantes de Sarsen, [littéralement « pierre de païen », ndlr], à Stonehenge, écrit la BBC, a finalement été découverte à l’aide d’une pièce manquante du site qui a été restituée après 60 ans. Un test de la carotte d’un mètre de long a été jumelé à une étude géochimique des mégalithes debout.

Les archéologues ont identifié la source des pierres dans une zone à 25 km au nord du site près de Marlborough. »

Très précisément, un petit bois de 6 km2 appelé West Wood.

Les pierres géantes de sept mètres de haut, qui pèsent environ 20 tonnes, forment les quinze pierres du fer à cheval central de Stonehenge, les montants et les linteaux du cercle extérieur, ainsi que les pierres périphériques. Les plus petites pierres bleues du monument ont été attribuées aux collines de Preseli au Pays de Galles, mais l’origine des Sarsens, ces blocs de grés de 9 m de long, restait un mystère jusqu’à présent.

Le retour du noyau, enlevé lors des fouilles archéologiques de 1958, a permis aux archéologues d’analyser sa composition chimique. Personne ne savait où il en était jusqu’à ce que Robert Phillips, 89 ans, impliqué dans ces travaux, décide d’en rendre une partie l’année dernière.

Les chercheurs ont d’abord effectué des tests de fluorescence aux rayons X de tous les Sarsens restants à Stonehenge, qui ont révélé que la plupart partageaient une chimie similaire et provenaient de la même région. Ils ont ensuite analysé les affleurements de Sarsen de Norfolk à Devon et ont comparé leur composition chimique avec la chimie d’un morceau du noyau retourné.

English Heritage a déclaré que l’opportunité de faire un test destructif sur le noyau s’est avérée « décisif », car il a montré que sa composition correspondait à la chimie des Sarsens de West Woods, juste au sud de Marlborough.

Le professeur David Nash de l’Université de Brighton, qui a dirigé l’étude, a déclaré:

« C’était vraiment passionnant d’exploiter la science du 21e siècle pour comprendre le passé néolithique et enfin répondre à une question dont les archéologues débattent depuis des siècles. »

« Chaque affleurement s’est avéré avoir une signature géochimique différente, mais c’était l’occasion de tester le noyau retourné qui nous a permis de déterminer la zone source des Sarsens de Stonehenge. »

Pour Suzanne Greaney, du English Heritage, « avoir été en mesure de localiser la zone que les constructeurs de Stonehenge utilisaient pour s’approvisionner en matériaux vers 2500 avant JC » a été une véritable émotion :

« Alors que nous soupçonnons que les Sarsens de Stonehenge venaient des Marlborough Downs, nous ne le savions pas avec certitude, et avec des zones de Sarsens à travers tout le Wiltshire, les pierres pouvaient provenir de n’importe où. Ils voulaient les pierres les plus grosses et les plus substantielles qu’ils pouvaient trouver et il était logique de les obtenir le plus près possible. »

Mme Greaney a ajouté à la BBC que les preuves soulignent « à quel point la construction de cette phase de Stonehenge a été soigneusement étudiée et préparée. »

« Les chercheurs suggèrent que la taille et la qualité des roches, ainsi que la facilité d’accès au site, ont peut-être contribué à cette décision. L’identification d’une seule et même origine pour ces mégalithes confirme selon eux qu’elles ont toutes été érigées à peu près au même moment, vers 2500 avant J.-C » conclut le magazine Geo.

Stonehenge se dévoile, lentement…

Francesca de Villasmundo

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