Le pape François a accepté de donner un entretien au directeur du quotidien financier et économique italien Il Sole 24 Ore, Guido Gentili. Entretien qui a permis au pape François de développer sa doctrine économique et sociale centrée sur le travail « qui confère la dignité à l’homme » et la dénonciation de l’argent-roi :

« Le chômage qui préoccupe différents pays européens est la conséquence d’un système économique qui n’est plus capable de créer le travail, parce qu’il a mis au centre une idole qui s’appelle argent. » 

« Combien de fois j’ai vu des pères et des mères pleurer de désespoir parce qu’ils n’avaient pas de travail. Travailler fait du bien parce que c’est lié à la dignité humaine, à sa capacité d’assumer des responsabilité pour soi et les autres. Le travail crée la dignité, les subsides, quand ils ne sont pas liés à un objectif précis de redonner du travail et une occupation, créent une dépendance et déresponsabilisent. »

Le pape François en appelle à la promotion « d’un travail respectueux de la dignité des personnes, qui ne regarde pas uniquement le profit et les exigences productivistes… Aidons à développer la solidarité et à réaliser un nouvel ordre économique qui ne génère plus des exclus.  Enrichissons l’agir économique avec l’attention aux pauvres et la diminution des inégalités ».

Si le « dollar » et le libéralisme capitaliste sont un facteur de dégradation des relations sociales et du marché du travail comme le pape argentin le souligne, il ne mentionne aucunement la responsabilité de la doctrine socialiste, cette dictature du prolétariat commuée aujourd’hui en la dictature immigrationniste, dans cette désagrégation du corps social. Il suffit de lire les solutions économiques et sociales qu’envisage le progressiste pape François pour comprendre le pourquoi de cette occultation : elles sont le fruit d’une pensée tributaire du concept de progrès universel. El papa d’Amérique latine adhère à cette école de pensée qui voit dans le socialisme marxisant, qui se nomme aujourd’hui alter-mondialisme, un christianisme mis pour la première foi en action, un Évangile du peuple égalitariste et libérateur de l’asservissement à l’argent.

Sa doctrine économique destinée à réaliser un meilleur des mondes repose sur des principes qui, bien qu’ayant une apparence catholique, imprègnent l’homme « d’un matérialisme intrinsèquement pervers » en centrant le bonheur de l’humanité sur le progrès matériel :

« La distribution et la participation aux richesses produites, l’insertion de l’entreprise dans un territoire, la responsabilité sociale, le bien-être des entreprises, la parité de traitement salarial entre homme et femme, la conjugaison entre les temps de travail et les temps de vie, le respect de l’environnement, la reconnaissance de l’homme par rapport à la machine et d’un juste salaire, la capacité d’innovation sont des éléments importants qui tiennent en vie la dimension communautaire d’une entreprise. Poursuivre un développement intégral demande de l’attention aux thèmes que je viens de citer. »

Dans cet exposé de sa pensée économique sur Il Sole, il donne une large part aux migrants en arguant que « ne peut exister un futur pacifique pour l’humanité si ce n’est dans l‘accueil de la diversité, dans la solidarité, dans une vision de la famille comme une seule famille humaine ».

« Les migrants représentent donc aujourd’hui un grand défi pour tous. Les pauvres qui bougent font peur spécialement aux peuples qui vivent dans le bien-être. »

En faveur de leur accueil inconditionnel, il insiste avec un couplet humano-marxiste, pseudo-chrétien, culpabilisant :

« C’est naturel pour un chrétien de reconnaître en chaque personne Jésus. Christ nous demande d’accueillir nos frères et sœurs migrants et réfugiés avec les bras ouverts. […] Le Seigneur promet nourriture et libération à tous les opprimés du monde, mais il a besoin de nous pour rendre efficace sa promesse. »

Le pape François prêche par là, en naturalisant les paroles du Christ, un messianisme temporel. Ce qui cadre somme toute bien avec sa vision de l‘économie et du social, doctrine progressiste de l’humanité qui enferme l’homme en ne lui assignant d’autre objectif que le bien-être terrestre, reléguant dans le néant la réalité du salut éternel. La nécessité de refaire une société et des institutions chrétiennes, en suivant la loi de Dieu, pour améliorer la condition des pauvres ne traverse même pas son esprit. De même que la nécessité de redonner sa première place à Dieu dans la vie de l’homme, l’homme n’étant pas créé pour travailler, mais « pour louer, honorer et servir Dieu Notre Seigneur et, par ce moyen, sauver son âme » (St Ignace, Principe et fondement).

Francesca de Villasmundo

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