
La guerre que mène Israël contre tous ses voisins, et qui s’intensifie avec le conflit iranien, est en train de transformer le Sud-Liban à ses frontières, en un nouveau Gaza.
Se pourrait-il que pour atteindre à ce Grand Israël de ses rêves messianiques les plus fous, Bibi Netanyhau profite du nouveau conflit qu’il vient d’ouvrir avec l’Iran, pour transformer le Sud-Liban en nouveau Gaza et à terme se l’approprier ? Les derniers événements au Liban le laisse présager…
Les bombardements israéliens sur le Liban s‘intensifient ces derniers jours
La guerre sur le front libanais, qui n’a jamais cessé du côté israélien malgré les accords de cessez-le-feu de 2024, s’intensifie. Et la panique est totale à la frontière libano-israélienne.
Depuis l’aube du 2 mars, date du début de cette nouvelle vague de violence au Liban, les médias locaux ont recensé 234 bombardements israéliens jusqu’à 18h hier. Le bilan des morts, établi par le ministère libanais de la Santé, s’élève désormais à 72 morts et 437 blessés, majoritairement des civils. Sept enfants ont été tués au cours des 24 heures précédant hier soir, 38 ont été blessés et 18 000 personnes sur un total de 80 000 ont été déplacées, selon l’UNICEF. Ces chiffres devraient encore augmenter.
Beyrouth est plongée dans le chaos. Quant au Sud-Liban un véritable exode est en cours.
Israël ordonne l’évacuation de 13 autres villes libanaises et de la banlieue sud de Beyrouth
Le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a publié hier une vidéo sur les réseaux sociaux ordonnant l’évacuation forcée des habitants de 13 villages et villes supplémentaires, dont Qana, Kfar Kila et Majdal Zoun, situés au sud du Liban, en aval du fleuve Litani :
« Aux habitants du Sud-Liban : vous devez évacuer vos maisons rapidement et vous réfugier au nord du Litani. »
Israël a annoncé et mis en œuvre une nouvelle offensive terrestre contre le Hezbollah dans le sud du Liban qui se transforme ainsi en champ de bataille. Et l’armée israélienne pourrait se positionner indéfiniment sur ces terres libanaises, devenant de facto une armée d’occupation, et posant les jalons de cette avancée sioniste qui s’inscrit dans ce rêve du Grand Israël.
Mais non seulement le Sud-Liban doit être évacué. Pour la première fois, l’armée israélienne ordonne également l’évacuation de quartiers entiers dans la banlieue sud de Beyrouth, densément peuplés. Des dizaines de milliers de personnes, plus de 100 000 mille, fuient en urgence, même à pied, rappelant les images terribles de Gaza. Plus de Parallèlement, des dizaines de frappes aériennes et tirs d’artillerie israéliens continuent de s’abattre sur le pays. Le Liban s’enfonce dans l’horreur.
Le président Joseph Aoun a rencontré l’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, et a appelé à une intervention américaine pour mettre fin aux attaques israéliennes au Liban. Cependant, ces attaques se poursuivent. La nuit dernière, de violents bombardements non annoncés ont frappé Tyr, un important nœud routier de la côte sud libanaise, au sud du fleuve Litani, et un bastion du Hezbollah.
Les bombardements ont également été intenses à Beyrouth, à Dahieh, à Baalbek et dans la vallée de la Bekaa, à l’est du pays
Les bombardements ont également été intenses à Beyrouth, à Dahieh, à Baalbek et dans la vallée de la Bekaa, à l’est du pays. Dans la journée, plusieurs ordres d’évacuation ont été émis pour des immeubles à Beyrouth, certains étant erronés ; une technique fréquemment utilisée par l’armée israélienne pour exercer une pression psychologique sur la population. Le palais de justice a été évacué par précaution après une menace d’attentat à la bombe contre un bâtiment voisin, qui s’est avérée fausse.
Dans la nuit d’hier à mardi, un drone israélien a frappé l’hôtel Comfort à Hazmieh, une zone limitrophe de Dahieh, banlieue sud de Beyrouth et épicentre des attentats dans la capitale. Une réceptionniste de 34 ans est dans un état grave.
La cible de l’attentat était, semble-t-il, un officier iranien séjournant à l’hôtel. Le propriétaire a démenti cette information, affirmant que la douzaine de clients présents étaient les mêmes que ceux de la phase précédente du conflit, à savoir des personnes déplacées de Dahieh. « Mardi soir, un hôtel a été bombardé à Hazmieh, dans le quartier chrétien de Beyrouth, non loin du palais présidentiel », rapporte un Libanais sur place. « La cible, selon les informations disponibles, était un responsable du Hezbollah. Il y a eu plusieurs victimes. Ils bombardent sans avertissement, et hier, lors des raids à Dahieh, ils n’ont prévenu les habitants que d’un seul immeuble, alors qu’ils en détruisaient quatre autres. »
#Liban la zone en rouge à droite est à majorité chrétienne, c’est la première fois qu’Israël demande son évacuation. Elle est à la limite du Palais présidentiel et du ministère de la défense libanais. pic.twitter.com/FZWeEmWJqu
— Wassim Nasr (@SimNasr) March 5, 2026
Selon les données de l’ONU, Israël a violé l’accord de cessez-le-feu plus de 10 000 fois depuis 2024 jusqu’à cette escalade
Hier également, Israël a donné 24 heures aux représentants du gouvernement iranien pour quitter le pays.
L’ambassade d’Iran à Beyrouth est menacée. L’agence de presse iranienne Tasnim rapporte les déclarations du général iranien Shekarchi : toute attaque contre l’ambassade d’Iran au Liban ferait de toutes les ambassades israéliennes dans le monde une cible légitime.
Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a prononcé un discours en soirée : « Après un an et trois mois, l’ennemi poursuit son agression. À la suite de l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, nous l’avons respecté de concert avec l’État libanais. Nous avons privilégié la voie diplomatique. Cependant, la patience a ses limites. »
Selon les données de l’ONU, Israël a violé l’accord de cessez-le-feu plus de 10 000 fois jusqu’à cette escalade.
« Nous sommes confrontés à une lutte pour notre survie. Notre décision est de faire face à Israël : nous n’avons aucune intention de capituler ! Le gouvernement libanais est sous pression pour œuvrer en faveur de la souveraineté nationale et protéger son peuple et notre droit à la résistance… Il s’agit d’une agression contre tout le Liban » a continué Naïm Qassem.
Dans ce théâtre des horreurs qui s’abattent sur le Sud-Liban où se trouvent d’importantes communautés chrétiennes, un signe d’espérance et de résistance : face aux menaces israéliennes, les habitants d’Alma al-Shaab, village frontalier, ont refusé d’évacuer. Ils se sont rassemblés sur la place de l’église Notre-Dame et ont fait sonner les cloches pour affirmer leur détermination à rester.
✝️ — Face aux menaces israéliennes, les habitants d’Alma al-Shaab, village frontalier, ont REFUSÉ d’évacuer. Ils se sont rassemblés sur la place de l’église Notre-Dame et ont fait SONNER les cloches pour affirmer leur détermination à rester. pic.twitter.com/GTdnUuFPz7
— L’Écho Chrétien (@lechochretien) March 4, 2026
Francesca de Villasmundo
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